La BNS devrait opter pour le statu quo jeudi

mercredi, 14.09.2016

Lors de sa dernière réunion mi-juin, la banque centrale helvétique avait conservé la marge de fluctuation du Libor à trois mois entre -1,25% et -0,25%.

Les marges de manœuvre sont assez minces et les décisions de la BNS sont directement liées aux décisions des autres banques centrales et en particulier celles de la BCE. - (Reuters)

"La BNS devrait garder ses taux inchangés et nous ne voyons pas de modification dans la communication concernant la politique sur les devises", ont indiqué les analystes de J. Safra Sarasin.

Lors de sa dernière réunion mi-juin, la banque centrale helvétique avait conservé la marge de fluctuation du Libor à trois mois entre -1,25% et -0,25%. Son principal taux directeur avait été abaissé à ce niveau le 15 janvier 2015, après l'abandon du taux plancher, et n'avait pas subi de changement depuis. Le taux d'intérêt appliqué aux avoirs à vue détenus à la BNS était resté à -0,75%.

Selon J. Safra Sarasin, "l'économie suisse est en bien meilleure santé qu'attendu", la croissance ayant accéléré de 0,6% au deuxième trimestre, bien plus que ne l'anticipaient les analystes. "La BNS admettra également que la Suisse a bien mieux digéré que prévu le choc du franc", après l'abandon du taux plancher, a ajouté la banque.

L'institut d'émission dirigé par Thomas Jordan devrait dans l'immédiat se calquer sur la politique monétaire de la BCE, qui n'a pas annoncé de changement jeudi dernier.

"Nous ne nous attendons pas à ce que la BNS resserre sa politique monétaire de sa propre initiative, mais plutôt en réaction à une modification de celle de la BCE", a indiqué à AWP Arnaud Masset, analyste à Swissquote.

Selon ce dernier, "la banque centrale (suisse) a une marge de manœuvre plus que limitée et ne peut pas se permettre de donner le ton en matière de politique monétaire internationale. (...) Elle va maintenir une position attentiste, en espérant que la banque centrale européenne n'assouplisse pas davantage sa politique monétaire".

M. Masset ne s'attend pas non plus "à des révisions massives des projections de croissance du PIB et des niveaux d'inflation. En juin, la BNS avait indiqué s'attendre à une croissance de 1,0% à 1,5% et à une inflation de -0,4% cette année.

"Un relèvement des taux par la BNS renforcerait l'attrait du franc et pèserait sur les exportateurs", a prévenu Christos Maloussis d'IG Bank. L'institut d'émission helvétique va calquer sa politique monétaire sur celle de sa grande sœur francfortoise et son président Mario Draghi a laissé entendre qu'un renforcement du programme de relâchement quantitatif (QE) n'était pas prévu.

La BNS ne devrait donc pas dans l'immédiat relever ses taux, a ajouté M. Maloussis, soulignant que seul une accélération de l'inflation vers 2% pourrait justifier une telle décision.

Marge de manœuvre limitée


Les analystes de Mirabaud Securities Genève s'attendent également à un maintien des taux, rappelant que le franc ne s'est pas apprécié après le statu quo de la BCE. Ces derniers ont néanmoins rappelé que "les marges de manœuvre sont assez minces et les décisions de la BNS sont directement liées aux décisions des autres banques centrales et en particulier celles de la BCE".

Un éventuel resserrement des taux par la BNS s'inscrirait dans le cadre du renchérissement du franc et d'un mouvement sur les taux par la BCE, et moins par une action de la Réserve fédérale américaine (Fed), ont-ils estimé.

Sur le front des devises justement, la BNS ne devrait pas changer de rhétorique. Depuis des mois, la banque centrale suisse martèle que le franc est toujours "nettement surévalué", se disant prête à intervenir pour éviter un renchérissement trop important de la monnaie helvétique, surtout par rapport à l'euro.

Les interventions de la BNS ont cependant un coût. En août, ses réserves de devises ont gonflé de 11,1 milliards de francs à 626,62 milliards, laissant entrevoir une activité accrue sur le marché du change.

La BNS a "réussi à contrer l'appréciation du franc face à la monnaie unique - et ce même après le vote sur le Brexit - en maintenant les spéculateurs à distance", a précisé M. Masset. Selon l'analyste, "il est clair que ces interventions sur le marché des changes ont fait gonfler massivement le bilan de la BNS, cependant il semblerait que cela n'ait pas entamé sa crédibilité".

Dans ce contexte, le fait que la BCE n'ait pas renforcé son programme d'assouplissement quantitatif est une bonne nouvelle, évitant une pression trop importante sur la paire de devises EUR/CHF, a estimé M. Maloussis. L'analyste s'attend à ce que la paire évolue dans une fourchette de 1,08 à 1,10 franc pour un euro. - (awp)


 

 
 



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