Lombard Odier a massivement investi dans les technologies bancaires l'an dernier

jeudi, 09.03.2017

Lombard Odier. Investissements de 45 millions l’an dernier dans les technologies bancaires. Une division dont les AuM ont augmenté de près de 20 milliards en deux ans. Commentaire des associés sur les résultats annuels 2016.

Marjorie Théry

Les résultats annuels publiés par le groupe Lombard Odier sont à l’image d’un secteur toujours sous pression, avec un bénéfice net en baisse de 13% sur un an, à 124,5 millions de francs (voir encadré). Des investissements « massifs » dans les technologies bancaires en sont toutefois l’une des principales causes d’après Patrick Odier, associé gérant senior. « Il s’agit d’un effort considérable en termes d’investissement aujourd’hui, mais des revenus importants sont attendus. Nous pensons que les opportunités à saisir pour les prochaines années dans le secteur des technologies bancaires sont significatives».

Montant de ces investissements l’an dernier: 45 millions de francs. De quoi affecter doublement les résultats pour une raison comptable «nous n’amortissons pas ces coûts sur plusieurs années comme d’autres établissements, nous les avons imputés à l’année 2016», précise l’associé Hugo Bänziger.

La division services technologiques a par ailleurs connu à nouveau une forte croissance l’an dernier, à plusieurs niveaux. Sur les 120 collaborateurs qui ont rejoint le groupe en 2016,  80 ont été engagés dans cette division, dont «l’essentiel a Genève», selon Patrick Odier. Les services technologiques et bancaires emploient aujourd’hui 600 personnes au niveau du groupe. En termes d’actifs sous gestion, ils enregistrent 10 milliards de francs supplémentaires, à 69 milliards. C’est près de 20 milliards de plus en deux ans. Les clients existants confient davantage d’avoirs et le groupe a également conclu des partenariats avec trois nouvelles banques l’an dernier, situées en Suisse, au Luxembourg et en France, ce qui porte le nombre de clients à douze institutions financières.

Lombard Odier nourrit des objectifs ambitieux à moyen terme dans ce domaine, sans pour autant communiquer de chiffres précis en termes d’AuM ou de revenus. Mais le groupe se dit très positif sur le momentum : « les pressions sur les marges et les bénéfices des établissements financiers, ainsi que les contraintes règlementaires grandissantes, les incitent de plus en plus à chercher des gains d’efficience et de qualité en choisissant un partenaire technologique de pointe», selon le rapport d’étape du groupe.

L’an dernier, Lombard Odier a également mis sur pied une seconde plateforme technologique, pour servir ses clients au Luxembourg et compléter celle de Genève. S’agit-il de bénéficier d’une base de coûts plus avantageuse ? « C’est un point stratégique en effet, mais la localisation d’une plateforme au Luxembourg est avant tout  une nécessité réglementaire pour certains clients. Cependant, nous conserverons toujours une base forte à Genève», précise Hugo Bänziger

Ces investissements dans la technologie ne visent pas uniquement à développer de futurs revenus mais aussi à réduire les coûts actuels, avec une plus forte digitalisation des processus. « Au sein de nos bureaux européens, nous avons centralisé un certain nombre de nos opérations et de nos processus internes. Plutôt que d’avoir des fonctions opérationnelles et de contrôle dans sept pays, nous avons formé un seul pôle spécialisé à Luxembourg », précise Patrick Odier.

Dans son rapport, le groupe mentionne aussi avoir « commencé à analyser la façon dont les algorithmes d’apprentissage automatique pouvaient nous permettre de mieux anticiper les besoins des clients et gérer les risques de fraude». L’interface digitale et mobile (My LO) a également fait l’objet de développements, dans le but d’améliorer la qualité des interactions en ligne avec les  clients. A terme, l’objectif est de digitaliser les opérations relatives aux ouvertures de comptes, aux questionnaires et à la documentation contractuelle, pour gagner en efficience.

Résultats et chiffres clés

Les actifs du groupe Lombard Odier se montent à 233 milliards de francs à fin 2016, dont 159 milliards d’actifs sous gestion. Les actifs clientèle ont ainsi augmenté de 4% par rapport à 2015 (224 milliards). Les trois principales divisions du groupe ont évolué différemment. Les services technologiques et bancaires enregistrent une nette progression des actifs, à 69 milliards contre 59 milliards en 2015, mais ont également fait l’objet d’investissements massifs.  

La clientèle privée représente aujourd’hui 119 milliards (contre 116 milliards en 2015). La hausse des actifs a été notamment portée par l’expansion dans de nouveaux marchés, dont l’Amérique latine, le Proche-Orient, l’Afrique et l’Asie. En Asie, l’accent mis sur la gestion de portefeuille discrétionnaire s’est traduit par une croissance solide du chiffre d’affaires comme des actifs, grâce à des services personnalisés et de proximité.

L’asset management enregistre en revanche 4 milliards de moins que l’an dernier, à 45  milliards (contre 49 milliards). S’agit-il de sorties nettes ou d’effet de marché ? Un mélange des deux selon Patrick Odier, auquel s’ajoute une reclassification de certains actifs au sein des divisions technologies et clientèle privée, pour un montant de 2,5 milliards. Des sorties sont dues au contexte de marché, en particulier dans les fonds monétaires. « Cependant, une partie des sorties est réallouée progressivement vers d’autres fonds. Nous avons connu par exemple une forte demande pour la stratégie axée sur les obligations vertes, qui a récoltée 200 millions en une dizaine de jours ».

Sur le plan des marchés financiers, l’année a aussi été plus difficile qu’escomptée. Les revenus opérationnels sont en baisse de 3%, à 1040 millions, à cause de conditions de marchés difficiles et d’une activité morose de la clientèle, avec une baisse du négoce de titres et des opérations sur devises. Enfin, la force du franc, pour un groupe dont les deux tiers des revenus sont en devises étrangères, pèse toujours sur les résultats. En conséquence, le groupe se dit prudent sur les perspectives de l’exercice 2017.



 

 
 



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