Loi sur les armes: une révision qui protège la Suisse

jeudi, 21.02.2019

Stéphanie Ruegsegger*

Stéphanie Ruegsegger

Notre pays votera le 19 mai sur la révision de la loi sur les armes. Ce projet, qui répond à un développement de la législation européenne, a été attaqué par référendum, au motif qu’il contribuerait à désarmer la Suisse. Ceci est faux. Son rejet affaiblirait même le niveau de sécurité de notre pays.

Petit zoom arrière. En 2005, les Suisses acceptaient les accords Schengen-Dublin, dont la mission est de coordonner et d’améliorer la gestion de la sécurité, respectivement de l’asile, entre les Etats membres. Pour notre pays, Schengen permet de faciliter les déplacements, tout en renforçant les contrôles aux frontières extérieures et en améliorant la collaboration entre les autorités. Le traité de Dublin permet quant à lui à un pays de renvoyer un requérant dans l’Etat du premier asile. Dans les faits, pour notre pays situé au centre de l’espace concerné, cela signifie une amélioration de la gestion des demandes, accompagnée d’une économie substantielle.

Afin de mieux remplir les missions liées à l’accord de Schengen, la directive européenne sur les armes a été revue. Une modification nécessaire dans un contexte sécuritaire en évolution permanente, destinée à mieux lutter contre l’utilisation d’armes dans des intentions criminelles. En tant qu’Etat associé à Schengen, la Suisse a pu participer à la discussion. Elle a notamment pu faire valoir les spécificités propres à notre pays, en lien avec nos traditions d’armée de milice et de tir sportif. La directive a été adoptée par les membres de Schengen, dont notre pays.

En quoi consiste donc cette révision pour notre pays, que d’aucuns décrivent comme une attaque contre la liberté des Suisses de s’armer? Concerne-t-elle l’armée ou la police? Non! Vise-t-elle les chasseurs? Non plus! Touche-t-elle les propriétaires d’anciennes armes d’ordonnance? Pas davantage! Désarme-t-elle alors les propriétaires d’armes semi-automatiques annoncées aux autorités? Non! Cette loi ne touche dans les faits que le 10% des deux millions d’armes qui circulent dans notre pays. Et elle n’empêche pas la détention d’armes, mais demande des ajustements ponctuels, par le marquage systématique des armes et de leurs composants essentiels, ainsi que par l’annonce aux autorités compétentes de la détention d’armes semi-automatiques munies d’un chargeur de grande capacité. Les amateurs de tir pourront quant à eux continuer à détenir de telles armes, mais devront alors prouver qu’ils en font régulièrement usage ou qu’ils sont membres d’une société.

La révision n’a donc rien d’une attaque contre la liberté de notre pays. Demander l’enregistrement d’armes de grande dangerosité n’a rien de disproportionné et semble même tomber sous le sens. Quant à la charge administrative que ces quelques ajustements entraîneront, elle n’est rien à comparer de ce qu’un renoncement aux accords Schengen-Dublin impliquerait sur les plans administratifs et financiers pour notre pays, qui ne pourrait plus bénéficier de la coopération avec les autorités européennes. Ne jouons pas avec la sécurité de notre pays, et soutenons la révision de la loi sur les armes.

* FER






 
 

AGEFI



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