Croissance mondiale: l'OCDE rabote encore ses prévisions pour 2016 et 2017

mercredi, 21.09.2016

L'OCDE a revu à la baisse mercredi pour la troisième fois de l'année ses prévisions pour la croissance mondiale en 2016 et 2017.

Deux pays sont particulièrement sanctionnés: les Etats-Unis cette année et le Royaume-Uni l'an prochain.

L'OCDE a revu à la baisse mercredi pour la troisième fois de l'année ses prévisions pour la croissance mondiale en 2016 et 2017, en les rabotant de 0,1 point de pourcentage, en raison de la faiblesse du commerce mondial et notamment du Brexit.

"L'économie mondiale est toujours piégée dans une croissance molle avec des déceptions (...) qui pèsent sur la croissance des exportations et qui alimentent la faiblesse du commerce, des investissements, de la productivité et des salaires", explique l'institution financière dans ses prévisions actualisées.

Face à ce contexte international morose, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a encore abaissé ses prévisions. Elle s'attend désormais à ce que la croissance mondiale passe sous la barre des 3% cette année, à 2,9%, soit 0,1 point de moins qu'attendu en juin et 0,4 point de moins qu'en début d'année.

Même scénario pour l'année prochaine: la croissance mondiale devrait à peine rebondir à 3,2%, soit 0,1 point de moins que lors des prévisions précédentes de juin.

Le panorama ne devrait pas s'améliorer par la suite: "le ralentissement de la croissance du commerce va déprimer la croissance de la productivité dans les prochaines années", assure l'institution financière internationale.

Deux pays sont particulièrement sanctionnés: les Etats-Unis cette année et le Royaume-Uni l'an prochain.

La croissance américaine est amputée de 0,4 point en 2016 et ne devrait atteindre que 1,4%, contre 1,8% prévu en juin. "Elle a ralenti en 2016, malgré une consommation solide et l'augmentation de l'emploi, en raison d'un faible investissement", assure l'OCDE qui attendait en début d'année une croissance de 2%.

En revanche, pour 2017, elle s'attend à un rebond de 2,1% de l'économie américaine, soit 0,1 point de moins qu'en juin.

Les effets du Brexit


Le phénomène est inverse pour le Royaume-Uni. Si la croissance devrait être meilleure que prévu cette année, à 1,8%, soit 0,1 point de mieux que lors des prévisions de juin, elle devrait être amputée de moitié l'an prochain à 1%, contre 2%, en raison du Brexit.

"En 2016, le PIB britannique a été soutenu par une forte performance avant le référendum", reconnaît l'OCDE, qui s'attend toutefois à ce que "l'incertitude" créée par le vote ramène la Grande-Bretagne à des taux de croissance "largement inférieurs à ceux de ces dernières années".

En zone euro, la croissance connaîtra une légère baisse, selon l'OCDE. Elle n'atteindra que 1,3% en France, soit 0,1 point de moins qu'en juin et 0,2 point de moins que les prévisions du gouvernement. L'an prochain, elle stagnera à 1,3%, contre 1,5% prévu par le gouvernement.

L'OCDE revoit également à la baisse les prévisions de croissance pour l'Allemagne qu'elle réduit de 0,2 point à la fois cette année et en 2017, à 1,8% et 1,5% respectivement. Quant à l'Italie, elle subit le même sort cette année (-0,2 point) pour descendre à 0,8%, mais recule fortement en 2017 à 0,8% (-0,6 point).

Pour la Chine, l'OCDE maintient sans changement ses prévisions à 6,5% cette année et 6,2% l'an prochain. Idem pour l'Inde qui devrait connaître une forte croissance de 7,4% en 2016 et maintenir le rythme en 2017 à 7,5%.

Pour le Brésil, qui traverse une forte récession, l'OCDE se montre moins pessimiste qu'en juin et s'attend désormais à une chute du PIB de 3,3% cette année, contre 4,3% en juin.

Il devrait encore reculer, de 0,3%, l'an prochain, mais la performance serait largement supérieure à celle attendue en juin qui tablait sur une récession de 1,7%.

Face à cette croissance mondiale en berne, l'OCDE répète son message de juin et appelle les Etats à augmenter la dépense publique pour relancer l'activité économique. Un levier qui bénéficierait des taux d'intérêt très bas sur les marchés actuellement, grâce à la politique monétaire des banques centrales, rappelle l'organisation.

"La politique budgétaire devrait tirer l'avantage de l'augmentation de la marge de manœuvre budgétaire pour augmenter la dépense qui favorise la croissance", assure l'OCDE. - (awp)


 

 
 



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