L'Italie géant mondial du cuir

dimanche, 30.09.2018

L'Italie est le premier producteur de cuir au monde en valeur, avec une part de marché de 19-20%, et en Europe.

Plus de 70% de la production italienne est vendue à l'étranger contre seulement 35% en 1992. (Keystone)

Sacs, chaussures, canapés ou intérieur de voitures... le cuir italien est omniprésent. À elle seule, la péninsule réalise 65% du chiffre d'affaires du secteur en Europe, en misant avant tout sur la qualité.

"Nous sommes un pays de grande tradition, avec quelque 1200 entreprises. L'Italie est le premier producteur de cuir au monde en valeur, avec une part de marché de 19-20%, et en Europe, nous représentons les deux tiers de la production", souligne le président de l'Union italienne de la tannerie-mégisserie (Unic), Gianni Russo, dans un entretien à l'AFP.

La filière a largement misé sur l'export: elle vend aujourd'hui plus de 70% de sa production (3,8 sur 5,1 milliards d'euros) à l'étranger, contre seulement 35% en 1992.

Et parmi ses clients figurent naturellement les plus grands noms du luxe français, de Chanel à Hermès, l'Hegaxone représentant son troisième marché.

La production italienne, qui représente près de 130 millions de m2 de peaux travaillées, "se situe sur la partie la plus haute du marché, avec une forte valeur ajoutée, soit les cuirs les plus précieux et innovants", assure M. Russo.

La Chine, légèrement en-dessous en terme de chiffre d'affaires, dépasse en revanche l'Italie en volume, avec une production de qualité moindre.

Mais étonnamment, les tanneurs italiens ont aussi réussi à s'imposer en Chine, plus grand pays manufacturier, grand producteur de chaussures ou sacs. Ils y expédient 12% de leurs exportations, même si le flux s'est tari dernièrement.

De manière générale, cette année 2018 est plus compliquée pour le secteur: le chiffre d'affaires, qui avait progressé de 1,8% l'an passé, a reculé de 3,8% au premier semestre, malgré la hausse de la production (+4,6%).

La raison: une chute des prix liée à "un certain refroidissement conjoncturel dû aux tensions commerciales à l'échelle mondiale, notamment entre la Chine et les États-Unis, qui créent de l'incertitude" et "un ralentissement de certains segments comme la chaussure", explique le directeur général adjoint de l'Unic, Luca Boltri.

Mais "les tanneurs italiens ont démontré par le passé leur énorme capa