L’internet des objets intelligents

mardi, 03.03.2020

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

L’internet des objets, qui comprends entre autres des dispositifs électroniques aussi connus que le téléphone mobile, les vidéos surveillance ou encore les capteurs de nos voitures, va devenir le premier système de données au monde et de très loin. Les nouveaux protocoles de communication tel que la 5G ne suffiront pas pour faire circuler toutes ces données. Il va falloir effectuer les calculs dans les dispositifs électroniques eux-mêmes. Téléphones mobiles, smartwatches et autres capteurs vont devoir faire le travail. On parle alors de «edge computing».

Discussion avec Georges Kotrotsios, membre de la direction du CSEM, institut suisse de renommée mondiale en la matière.

Mais que signifie pour l’industrie l’explosion annoncée de la production de ces innombrables «données intelligentes» appelés à conduire notre futur?

Il est permis d’extrapoler: si les voitures ont de plus en plus des capteurs de distance, de pression et de température, cameras ou radars;si les usines ont besoin d’un nombre indéterminé de capteurs chimiques, de position ou de vision; si les chambres d’hôtel ont besoin de capteurs de qualité de l’air, d’incendie ou de mouvement... Eh bien, les voitures de demain auront, quant à elle, aussi besoin de tout cela. Quant aux avions, ils en auront besoin bien plus encore!

Voilà, justement, qui nous amène à l’importance d’une industrie capable, dès demain, de produire des dispositifs de ce type, mais sur-mesure, selon leur affectation. Cette industrie sera nécessairement appelée à utiliser les composants nano-électroniques produits en masse, pour les intégrer dans des capteurs, des actionneurs et des dispositifs d’alimentation, spécifiques.

Est-ce que la Suisse est bien placée?

Il est patent que la production des OI (objets intelligents), adaptés à chaque application, va exiger des qualifications et un savoir-faire de pointe en termes de précision, de miniaturisation et de qualité, Ces atouts précieux, les entreprises suisses les possèdent, elles qui ont hérité du savoir-faire de l’artisanat, puis de l’industrie de précision des siècles précédents. En entrant dans le jeu des «données intelligents», la Suisse aura l’avantage … et une longueur d’avance qu’il va s’agir de ne pas gaspiller!

Autre circonstance favorable à l’industrie et à la recherche helvétiques: les nouveaux systèmes de pointe en devenir devront être autonomes, en mesure de produire leur propre source d’énergie. Or, la Suisse dispose aussi d’un environnement et d’une expertise mondialement reconnue dans la gestion de l’énergie électronique.

Une question demeure: les «données» de l’IoT devront-elles être indispensablement «intelligentes»?

Dans certains cas, la réponse est négative. Mais dans d’autres, de plus en plus nombreux, la réponse est oui! Par exemple pour la prévention des incendies dans une forêt, si on aurait besoin, par exemple, des 10.000 dispositif qui feraient  aujourd’hui qu’une simple mesure de température, l’ «intelligence» serait superflue, la quantité des données étant relativement faible. Une source modeste d’énergie photovoltaïque devrait même, dans cette hypothèse, suffire pour collecter les informations et les transmettre là où elles seront stockées. En revanche si, dans le second cas de figure, afin d’optimiser la détection, un dispositif vidéo ou photo (une image par seconde) devait être introduit, des capteurs «inintelligents» ne suffiraient pas.

C’est là qu’interviennent les OI: au lieu d’utiliser toutes les données fournies, ils ont la capacité d’en extraire les seules informations utiles, ce qui réduirait en plus de la quantité des données l’énergie utilisée.

* Manufacture Thinking






 
 

AGEFI



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