Start-up: on veut notre unicorne suisse!

jeudi, 02.08.2018

Anne Tschanz Vakula*

Anne Tschanz Vakula

L’intelligence artificielle et le blockchain nous autorisent soudain à rêver à l’émergence d’une ou plusieurs unicornes suisses. Comment faire pour que ce rêve ne se transforme pas en cauchemar?

Ce qui est en train de se passer n’est pas tant une évolution technologique et économique de plus qu’une révolution sociétale, sociale, politique, organisationnelle, psychologique, voire intime! (si l’on prend le seul exemple de robots dotés d’intelligence humaine ou quasi humaine qui pourraient effectuer la toilette de personnes âgées dans les EMS et discuter avec eux 24h sur 24h sans jamais être fatigués: des robots métalliques métamorphosés en superbes joueurs de foot pour ces dames, et en top models russes pour ces messieurs).

À partir des années 70, nous avions dû peu à peu accepter que les robots assemblent sur les chaînes de montage les voitures que nous conduisions, demain nous devrons accepter que d’autres types de robots, supérieurement intelligents aux premiers, nous conduiront sur terre, mer et dans le ciel! Nous devons accepter et assumer que des robots, ces extensions d’ordinateurs superpuissants, arriveront à effectuer exactement, voire bien mieux que nous, tout ce que nous sommes capables de faire! Même concevoir les futures générations de robots? Oui! Même enseigner à nos enfants  mieux que nous? Oui! Même écrire les scripts de nos futures séries préférées sur Netflix? Oui!

Face à cette perspective assez vertigineuse pour ne pas dire effrayante, quelle attitude adopter? Comme toujours, la peur est une bien mauvaise conseillère.

Les start-up, l’affaire de tous

Dans mes quatre précédentes chroniques, j’ai essayé de dédiaboliser, pour ne pas dire désacraliser les start-up et leurs équipes de super héros et héroïnes startupers, afin de vous les rendre plus familières, plus sympathiques, et au final plus attractives, notamment sur le plan de l’investissement. J’ai notamment largement insister sur le fait qu’il ne me semblait pas une bonne idée que seuls quelques investisseurs fortunés s’intéressent aux startups, en investissant en direct, via des VC funds, des holdings d’investissements privés cotées en bourse, ou enfin des ICOs, ces nouvelles IPO version 100% blockchain.

Les start-up, c’est l’affaire de tous, car ceux sont tous les postes de travail d’aujourd’hui qui vont être transformés ou disparaître. Si ce n’est pas nous tous qui investissons dans les start-up suisses, alors des startups concurrentes étrangères copieront leurs idées et les dépasseront à grande vitesse car elles auront été «fundées» plus tôt et avec plus de moyens comme on dit dans le jargon. En outre, en cas d’exit (IPO ou M&A), le gain en capital réalisé par les investisseurs étrangers repartirait ailleurs contrairement à ce qui serait le cas si les investisseurs étaient plus souvent et largement suisses.

Ce que je décris là s’appelle un cercle vertueux. Je n’ai rien inventé. Nous savons tous que sur le long terme il vaut mieux choisir la vertu au vice. La Suisse a bien vu naître des valorisations et des capitalisations boursières à plus d’un milliard dans l’alimentaire, les banques, le luxe ou encore la pharmaceutique…pourquoi pas donc une unicorne un jour?

* Directrice, Sergan Management






 
 

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