L’influence négative de la peur de l’erreur

mardi, 09.04.2019

Mario Bucciarelli*

Mario Bucciarelli

Il y a quelques années, l’une de mes amies voulait se consacrer à l’art théâtral, mais elle redoutait d’aller sur scène. Elle disait qu’elle ne se sentait pas prête et cela la mettait dans l’impossibilité de se produire devant un public. Et comme elle avait toujours l’impression qu’elle manquait des connaissances ou des expériences nécessaires, elle ne montait jamais sur scène. Sa plus grande peur, c’était de commettre des erreurs. Sa plus grande erreur, c’était d’avoir peur de l’erreur. 

Elle a arrêté assez rapidement sa carrière théâtrale. Mon amie craignait de ne pas être à la hauteur du projet pour lequel elle avait été choisie en oubliant que, justement, elle avait été choisie parce qu’elle était comme elle était. Exactement comme elle était, avec ses forces et ses faiblesses. 

Lorsque nous nous engageons sur le chemin de l’excellence professionnelle et personnelle, l’un des obstacles les plus difficiles à contourner, c’est la peur. La peur se manifeste de différentes façons: maladresse, blocages de toutes sortes, dépendance vis-à-vis des partenaires, des collègues et des supérieurs hiérarchiques, jalousie et envie du succès d’autrui, jusqu’aux conséquences les plus néfastes (burn-out, dépression, addictions, etc.). Je pense que l’expression la plus redoutable de la peur, c’est la peur de l’erreur. Nous pensons que pour atteindre un objectif, ou pour accomplir la mission qu’on nous a confiée, nous ne devons jamais commettre d’erreurs, nous devons être parfaits.

Ce genre de peur est sournois car il peut subsister en arrière-plan d’un effort totalement honnête de notre part. Et malgré notre engagement dans la mise en place des processus de production, ou des plans d’action, nous nous retrouvons bloqués, incapables d’exploiter notre talent, nos connaissances, nos compétences. Cette peur «sourde» nuit à notre travail et à celui de nos partenaires et gâche des relations personnelles qui avaient tout pour réussir. Elle est pernicieuse parce qu’elle se cristallise dans des croyances limitantes que nous nous répétons sous forme d’injonction négative lorsque nous devons passer à l’action. Elle est fastidieuse cette petite voix qui vient nous déstabiliser… 

Nous nous jugeons trop sévèrement et nous nous surprenons à nous méfier de nous-mêmes. Nous ne voyons plus que nos faiblesses et nous ne nous pardonnons pas d’être imparfaits. Souvent, cela vient du fait que nous sommes peu conscients de nos ressources, de ce que nous pouvons réellement accomplir, de la contribution que nous sommes appelés à donner dans la réalisation d’un projet ou dans une relation. Chacun de nous possède un grand nombre de qualités: intelligence, sens pratique, empathie, force morale ou physique, résistance, résilience, compassion, foi et humour, compétences techniques et relationnelles, expérience professionnelle et humaine… 

En prenant conscience de nos forces, nous pouvons être plus congruents et regarder nos erreurs et nos faiblesses avec plus d’indulgence. Nous pouvons aborder le monde qui nous entoure avec une énergie nouvelle, plus juste et plus constructive. Nous ne sommes pas parfaits et nous ne devons pas l’être.

En prenant conscience de notre imperfection nous prenons conscience de notre humanité. C’est elle qui fait de nous ce que nous sommes: des êtres uniques. Aimer son imperfection, c’est aimer son humanité, c’est se pardonner, s’accepter avec ses faiblesses et aussi avec un arsenal merveilleux d’outils et de ressources qui nous permet de faire face à un grand nombre de situations, aussi difficiles soient-elles. Libérés de la prison du perfectionnisme, nous pouvons emprunter le chemin qui mène à l’excellence. Et nous avons tout à y gagner!

* Master coach certifié ICI






 
 

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