L'industrie allemande, une victime du conflit commercial qui inquiète

mercredi, 02.10.2019

Le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine pèse avant tout sur l'industrie manufacturière allemande, selon les experts réunis à une conférence Bloomberg à Zurich.

Selon les experts, l'Allemagne n'a pas réussi à transformer son économie. (Keystone)

La guerre commerciale qui affecte l'industrie, et en particulier allemande, montre que le pays n'a pas réussi à transformer son économie, selon un panel d'experts réunis mardi à une conférence Bloomberg à Zurich. Ils rejettent toutefois l'idée d'une récession mondiale.

La "grande menace" liée à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine pèse avant tout sur "l'industrie manufacturière allemande", a affirmé Maeva Cousin, économiste pour la région Europe chez Bloomberg LP, lors de la conférence "Future of Finance" à Zurich. "Le secteur des services est résilient mais a perdu de sa dynamique", a ajouté l'experte. "Le risque est de voir le conflit s'intensifier. Il y aura des dommages collatéraux", a-t-elle prévenu.

Pour Marc Bruetsch, chef économiste chez Swiss Life, "le secteur manufacturier est déjà en récession en Allemagne, en Suisse, en Autriche. L'Allemagne n'a pas changé son modèle, d'une économie d'exportations vers une animée plus fortement par la consommation domestique".

La principale économie européenne, première destination des exportations suisses, se trouve en effet au bord de la récession technique pour le troisième trimestre, après avoir dégagé d'importants excédents budgétaires et commerciaux au cours des dernières années.

En septembre, la fédération allemande des fabricants de machines-outils (VDMA) a par exemple revu à la baisse ses prévisions annuelles. Le deuxième secteur industriel d'outre-Rhin table sur un recul de 2% de l'activité sur l'année.

Un précédent entre les Etats-Unis et le Japon

Nannette Hechler-Fayd'herbe a, elle, rappelé qu'il y avait déjà eu des conflits commerciaux dans le passé, et notamment un précédent dans les années 1980. A l'époque, il se jouait entre "les Etats-Unis et le Japon" et il était déjà question de "l'industrie manufacturière et en particulier du secteur automobile", a expliqué la responsable des investissements en gestion internationale de patrimoine et Global Head of Economics & Research chez Credit Suisse.

A la question de savoir si une récession mondiale était à craindre prochainement, Marc Bruetsch s'est voulu rassurant. "Une récession globale, incluant les services, je ne (la) vois pas apparaître prochainement"

Nannette Hechler-Fayd'herbe est elle aussi confiante, soulignant que les "taux d'intérêt très bas" sont là "pour éviter une récession", alors que la Banque centrale européenne a une nouvelle fois baissé le loyer de l'argent en Europe mi-septembre.

La responsable de Credit Suisse porte aussi son regard outre-Atlantique, où les Etats-Unis "sont le pays le plus avancé en matière de technologie, de services". Il est par ailleurs particulièrement résilient. "Il représente un énorme marché domestique. De plus, les gens ont accès à l'emploi". Si les marges des entreprises se compressaient et qu'elles commençaient à licencier, la situation serait différente. Mais actuellement, la récession n'est pas en vue. (awp)






 
 

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