Le rebond des valeurs bancaires n’a pas suffi à hisser la cote helvétique en terrain positif

mardi, 10.03.2020

L’indice sectoriel des banques suisses a rebondi hier de 1,8%, emmené par Credit Suisse et UBS, suivis par 12 titres sur un total de 25, avec huit autres bouclant dans le rouge.

Piotr Kaczor

Le rebond de plusieurs marchés d’actions d’Asie mardi s’est enlisé en Europe et à Zurich en fin de séances. Après deux journées noires vendredi et lundi au terme desquelles le SMI avait perdu 4% et 5,5%, l’indice des valeurs vedettes paraissait assurer son rebond mardi, gagnant 3,7% à la mi-journée, pour finalement clôturer quasiment inchangé (-0,01%) à 9195 points alors que le SPI a fléchi de 0,19%. 

Principales perdantes la veille, les valeurs de l’énergie et les titres financiers ont mené le rebond hier avec des hausses respectives de plus de 5% et 4% dans l’après-midi, alors que les progressions se limitaient à un peu plus de 2% pour les secteurs défensifs de la consommation durable, de la santé ou des services aux collectivités. Sur le marché suisse, les indices des valeurs bancaires et du secteur de la santé ont assuré leurs rebonds en clôturant par des hausses respectives de 1,76% et de 0,3%. 

Reprise des cours du pétrole brut

A la faveur d’une reprise finale mardi de 7-8% des prix du pétrole brut à un peu plus de 37 dollars le baril pour le brent et à plus de 33 dollars pour la qualité WTI. Ce qui a suffi à apaiser les craintes les plus vives de la veille: celles d’une récession globale que les banques centrales seraient à nouveau mises au défi de prévenir, même si elles sont aussi perçues comme désarmées dés lors que le problème se situe au niveau de l’offre plutôt que de la demande.

Les politiques de relance budgétaire se trouvent par conséquent désormais davantage sollicitées au niveau des différents Etats. De manière à neutraliser autant que possible les ruptures des chaînes logistiques et d’approvisionnement provoquées par l’épidémie du coronavirus. Le virus de l’année est ainsi revenu au premier plan des préoccupations immédiates des marchés hier. 

Les banques Credit Suisse et UBS qui, à l’instar de leurs pairs américains et internationaux, avaient le plus souffert lundi (-12,9% et -10,4%) – à travers l’exposition supposée des grandes banques au secteur du pétrole et du gaz – ont rebondi de quelque 4% hier dans l’après-midi. A la faveur d’une recommandation positive lundi des analystes de Goldman Sachs qui prônent désormais l’achat de la nominative UBS avec un objectif de cours pourtant abaissé à 15,20 francs (16,60 francs précédemment), UBS gagnait jusqu’à 6,8% hier pour clôturer finalement avec un gain plus modeste de 2,44%, coiffée au poteau en fin de séance par CS Group (+2,64%) et par la Banque cantonale de Bâle (+3,22%), suivies par EFG International (+1,88%) ainsi que par les banques cantonales de Saint-Gall (+1,7%) et de Glaris (+1,56%). 

Poids sur les banques

C’est que les investisseurs ont pris la mesure du fait que d’autres facteurs que l’exposition au pétrole avaient alimenté la défiance envers les grandes valeurs bancaires lundi: l’impact défavorable de taux d’intérêts encore plus bas ou négatifs, le poids de la chute des marchés d’actions sur les encours sous gestion privée, et les répercussions négatives du ralentissement des activités sur les revenus des banques d’investissements. 

La veille lundi, la ZKB avait réduit ses estimations de bénéfices des deux grandes banques de respectivement 16% et 15% pour UBS en 2020 et en 2021 et de 11% pour CS Group. Principalement afin de prendre en compte les volumes devenus plus faibles dans la gestion de fortune et dans la banque d’investissement. Jusqu’ici positif sur l’action CS Group, l’analyste de la ZKB a réduit sa recommandation à «équipondérer » celle-ci, comme c’était déjà le cas pour l’action UBS. 

CS mieux armé selon ZKB

Pour l’analyste de la ZKB, CS Group est mieux armée que UBS pour faire face à la situation actuelle en raison de sa structure de coûts plus légère. Le titre CS se traitait aussi à un multiple de valorisation moins élevé que son concurrent. Mais si l’action CS n’est pas chère, elle ne peut en aucun cas bien performer dans le contexte actuel, souligne l’analyste pour justifier l’abaissement de sa recommandation à «équipondérer ». Reste que la structure de coûts de la gestion de fortune ne peut pas être comprimée si rapidement, d’où l’abaissement de 10% de ses prévisions pour la gestion privée de CS en 2020. 

Impact du coronavirus

Le titre de VP Bank, numéro trois bancaire de la Principauté du Liechtenstein, a gagné près de 0,3% hier après avoir présenté des résultats 2019 à la hauteur des attentes et assortis d’objectifs ambitieux pour 2020, moyennant une amélioration très modeste du coefficient d’efficacité opérationnelle coûts/revenus. 

Autrement dit par une nette augmentation des revenus selon l’analyste de la ZKB qui salue la nouvelle stratégie de la banque et ses nouveaux objectifs, soulignant aussi que celle-ci compte parmi les premiers établissements de gestion de fortune à formuler ses perspectives 2020 en tenant compte de la correction de marché induite par le coronavirus. La banque liechtensteinoise a indiqué que la crise du coronavirus pénaliserait ses activités clients et les placements financiers cette année, ce qui rendra l’un des trois objectifs clés pour cette année, un bénéfice de 80 millions, difficile à atteindre.






 
 

AGEFI



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