Les travailleurs européens n'ont pas d'effet significatif sur les salaires en Suisse

lundi, 01.07.2019

L'immigration en provenance de l'Union européenne reste stable en 2018 et n'a pas d'effet significatif sur l'évolution des salaires en Suisse, selon le dernier rapport de l'Observatoire de la libre circulation des personnes.

En 2018, la part de la population immigrée par rapport au total de la main d'oeuvre suisse s'élevait à 32%, soit 20% en provenance de l'UE et de l'AELE et 12% d'ailleurs.(Keystone)

L'immigration issue de l'Union européenne et de l'AELE est restée stable l'année passée. La présence des travailleurs européens n'a pas d'effet significatif sur l'évolution des salaires en Suisse, selon un rapport publié lundi.

L'année passée, le solde migratoire par rapport à l'UE et l'AELE est resté au même niveau que celui de 2017, s'inscrivant à 31'200 personnes. Ce nombre est largement inférieur à sa moyenne à long terme, indique le dernier rapport de l'Observatoire de la libre circulation des personnes. Eu égard au record de 2013, avec l'arrivée de 68'000 personnes, le recul se chiffre à 54%.

Concernant les Etats tiers, l'immigration nette a légèrement progressé en 2018 (+800 personnes) à 23'400 personnes, soit un solde migratoire global positif de 54'600 personnes. Il s'agit d'un niveau inférieur aux moyennes annuelles observées depuis l'entrée en vigueur de l'accord sur la libre circulation des personnes, relève le rapport présenté par le Secrétariat d'Etat à l'économie.

Immigrés du Nord favorisés

L'écart salarial entre l'ensemble des travailleurs issus de l'UE et de l'AELE se monte à -0,4%. Toutefois, en moyenne, ils gagnent un salaire légèrement supérieur à celui des Suisses et des étrangers déjà en Suisse avant son introduction en 2002. Cette différence vient principalement des ressortissants d'Europe du Nord et de l'Ouest.

Ceux provenant d'Europe de l'Est et dans certains cas d'Europe du Sud, perçoivent un salaire moyen inférieur à celui de la population résidante. Pour ces immigrés, l'écart salarial est de -5,9%, malgré leur niveau de qualification. Mais ils sont davantage susceptibles de travailler dans des professions et des secteurs dans lesquels leurs connaissances ne sont pas mises en valeur, selon le rapport.

Le manque de connaissances linguistiques peut aussi les désavantager. Les immigrés d'Europe du Nord et de l'Ouest, en revanche, qui sont avant tout des Allemands en Suisse alémanique et des Français en Suisse romande, sont au contraire favorisés.

Un tiers de la main d'oeuvre

Ces dernières années, le potentiel de main d'oeuvre des ressortissants indigènes et étrangers a pu être exploité de manière très satisfaisante, relève le rapport. Aucun élément n'indique que l'immigration a évincé la population indigène du marché du travail.

En 2018, la part de la population immigrée par rapport au total de la main d'oeuvre suisse s'élevait à 32%, soit 20% en provenance de l'UE et de l'AELE et 12% d'ailleurs. La Suisse occupe la deuxième place au niveau européen derrière le Luxembourg.(ats)






 
 

AGEFI



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