Avions de combat: le projet arrêté du Conseil fédéral divise

vendredi, 21.09.2018

L'idée de soumettre l'achat d'un avion de combat au peuple est plébiscitée. Mais celle de lier dans un même paquet référendaire cet achat avec le renouvellement de la défense sol-air est vue comme une erreur par certains.

L'achat d'un nouveau système de défense sol-air n'est pas contesté, sauf par le PS qui le juge dangereux.(keystone)

Le projet d'arrêté du Conseil fédéral pour renouveler la défense aérienne de la Suisse divise. 
L'achat d'un nouveau système de défense sol-air n'est pas contesté - sauf par le PS qui le juge dangereux - contrairement à l'acquisition d'avions de combat, constatent le PLR et le PDC à l'issue de la consultation qui se termine samedi. Il peut être développé dans le cadre du programme d'armement ordinaire.

Il aurait donc été préférable de séparer formellement les deux sujets, même s'il sont liés stratégiquement. Pour le PDC, tout le paquet risque d'être rejeté.

Politiquement, il est compréhensible que l'achat d'un nouvel avion soit soumis à référendum, même si les acquisitions militaires ne le sont en principe pas, vu que le peuple a déjà pu se prononcer sur les deux précédentes achats. Un avis partagé par plusieurs cantons.

En liant les deux sujets, le Conseil fédéral ouvre la voie à des référendums financiers sélectifs pour des projets d'armement, mettent en garde le PDC et le PLR. Les deux partis rejettent par conséquent le projet d'arrêté.

L'UDC veut plus de moyens

Les Verts et le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) sont également opposés à l'idée de lier achat d'un avion et défense sol-air dans le même paquet.

Mais surtout, ils trouvent problématique que le Conseil fédéral réclame plusieurs milliards pour l'achat de matériel dont on ne connaît ni le type, ni la quantité ni le coût. Et cela quatre ans après que les citoyens ont refusé l'achat d'avions Gripen pour 3,1 milliards.

Pour le PS, les 8 milliards prévus sont bien trop élevés. La moitié de cette somme suffirait à assurer la sécurité aérienne. Pour le camp rose-vert, la Suisse peut assurer sa sécurité aérienne en prolongeant la durée d'utilisation de 12 F/A 18. A l'instar du PS, le GSSA regrette que l'achat d'avions de combat légers, moins chers, n'ait pas été envisagé.

A l'inverse, l'UDC estime que les 8 milliards ne sont pas suffisants et réclame au moins 900 millions par an durant dix ans. Pour l'Association de politique de sécurité et de science militaire, au moins 9 milliards de francs sont nécessaires. Les Verts libéraux approuvent quant à eux aussi bien le budget fixé que la procédure choisie.

Affaires compensatoires

La Société suisse des officiers (SSO), la faîtière de l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux Swissmem et l'Association de politique de sécurité et de science militaire soutiennent l'exigence faite aux fournisseurs étrangers retenus de compenser intégralement la valeur contractuelle par des affaires compensatoires en Suisse.

Le maintien voire le développement de technologies de pointe liées à la défense en Suisse sont essentiels, estiment la SSO et Swissmem. Cette dernière insiste pour que les fournisseurs étrangers aient l'obligation de fournir des marchés en Suisse à des entreprises en lien avec la sécurité à hauteur d'au moins 60%.

Pour le PDC, cette clause bride trop la marge de négociation. Il demande donc sa suppression. Ces affaires renchérissent les achats prévus sans apporter de bénéfices, estime le PS.

Pour l'Union syndicale suisse (USS), les investissements pour un avion de combat seraient plus utiles ailleurs. Par exemple pour financer l'AVS ou le système de santé. En matière sécuritaire, elle encourage le Conseil fédéral à chercher la coopération avec les Etats voisins en matière de cybersécurité. Plusieurs cantons soulignent en revanche le rôle de la défense aérienne pour garantir la sécurité lors de conférences internationales.(ats)






 
 

AGEFI



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