L'horlogerie suisse poursuivra sur une pente ascendante en 2018

jeudi, 28.12.2017

L'horlogerie suisse a vécu une année 2017 marquée du sceau de la reprise, après deux exercices de fort recul. La relance des derniers mois devrait se confirmer l'an prochain: les exportations approcheront, voire dépasseront les 20 milliards de francs.

Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l'industrie horlogère suisse, est optimiste mais prudent.

Les horlogers ont retrouvé le sourire. Mais Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH), évoque un optimisme prudent: «La conjoncture mondiale s'est améliorée et le marché chinois a connu un redressement spectaculaire, avec un bond de presque 20%. Les Chinois demeurent attachés aux produits, après la période négative causée par la politique anticorruption du gouvernement qui a lourdement affecté la branche. Après onze mois cette année, sur les 30 principales destinations des montres suisses, les deux tiers sont en progression, se réjouit-il.

Situation à l'exportation 

A Hong Kong, qui reste la première région de débouché, malgré la chute des dernières années, la reprise est aussi au rendez-vous. Avec un taux de croissance de 5,3% entre janvier et fin novembre, l'ancienne colonie britannique n'a pas dit son dernier mois, importante tant pour le tourisme que comme plate-forme vers d'autres pays. 

Quant aux Etats-Unis, deuxième marché d'exportation, devant la Chine, le pays enregistre une évolution contrastée. Le marché a reculé de 4%. «Le potentiel y demeure grand, mais intervient la concurrence du commerce en ligne, avec des montres qui arrivent via des commandes passées dans d'autres pays», explique le président de la FH.

Merci l’affaiblissement du franc

Après le tsunami de janvier 2015, suite à l'abandon du taux plancher de l'euro à 1,20 franc par la Banque nationale suisse, Jean-Daniel Pasche se réjouit de l'affaiblissement de 8 centimes du franc face à la monnaie unique depuis juillet. «C'est une bonne nouvelle», une bouffée d'oxygène, l'Europe constituant 34% des exportations.

La reprise qui s'est amorcée depuis mars dernier, après 20 mois de contraction des exportations horlogères, ne profite toutefois pas à tout le monde dans la même ampleur. «Les grandes marques sont mieux loties que les petites, alors que des sous-traitants continuent de souffrir», relève le président de la FH. 

2018 sera la même, en mieux

En ce qui concerne l'année prochaine, le président de la FH se montre confiant: «Nous attendons une croissance du même ordre de grandeur qu'en 2017, en espérant que le phénomène rejaillisse sur un maximum d'acteurs du secteur. Dans ce contexte, il apparaît aux yeux de Jean-Daniel Pasche que les salons horlogers de Genève (le SIHH, Salon international de la haute horlogerie) en janvier et de Bâle (Baselword) en mars revêtent un rôle majeur, même si ce dernier change au fil du temps. «Les intérêts des entreprises se modifient», constate-t-il. La présence ou l'absence d'une marque reflètent les années difficiles vécues par les horlogers suisses, précise-t-il. Pour mémoire, après le record inscrit en 2014 avec des exportations pour une valeur de 22,2 milliards de francs, celles-ci sont tombées à 19,4 milliards l'an dernier.

Reste qu'il est fondamental pour la branche de conserver une vitrine, qui plus est une vitrine mondiale, à l'heure où les canaux de distribution évoluent avec l'essor du commerce en ligne. «Les principales vitrines doivent demeurer en Suisse», insiste-t-il en guise de conclusion.(ats)






 
 

AGEFI


 

 



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