Point d’entrée attractif pour miser sur le secteur des matières agricoles

dimanche, 14.04.2019

L’exchange-traded commodities open-end sur le Bloomberg Agriculture Subindex en francs suisses perd plus de 20% depuis son émission en 2017.

Levi-Sergio Mutemba

Au cours des cinq dernières années, les cours des produits agricoles, mesurés par l’indice Bloomberg Commodities Agriculture Subindex, ont chuté de près de 60% au 12 avril. En mars, la composante agricole de l’indice générale Bloomberg Commodities Index (BCOM) enregistre la pire performance au sein des commodities, reculant plus de 3% depuis fin décembre.
Une part de ces pertes tient au dollar, dont l’appréciation tendancielle à moyen terme s’est accompagnée d’une baisse des prix du café, entre autres, l’arabica ayant reculé à son plus bas niveau depuis treize ans et demi. Au niveau des graines, S&P Dow Jones Indices note dans son commentaire mensuel de mars que la publication par l’USDA du rapport de perspectives de plantations des fermiers américains montre un excédent de 270 millions de boisseaux par rapport à la même période l’an dernier. Ce qui explique en partie le recul de 3,7% du sous-indice du maïs S&P GSCI Corn Index.    
«Le seul élément positif au sein du secteur agricole réside dans le coton, en hausse de 6,8% le mois dernier et de 6,2% depuis le début de l’année», observent les analystes de S&P. De nombreux analystes et traders signalent l’arrivée probable à leurs plus bas des prix des denrées agricoles. Et que la seule orientation du secteur à moyen terme est à la hausse. Fortement tributaires de l’environnement du commerce international, les denrées agricoles peuvent donc rebondir en cas de résolution positive du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine. Rares sont les secteurs où les points d’entrée sont aussi intéressants.
L’exchange-traded commodities (ETC) BCAGCU (ISIN CH0363893931) négocié à la SIX est un tracker de matières premières agricoles répliquant l’indice Bloomberg Agriculture Subindex Swiss Franc Hedged Total Return. Émis en 2017, il enregistre une perte de 23% et se traite désormais avec une forte décote, au cours de 42 francs contre 55 francs à l’émission.    

Un ETC n’est pas un ETF

Bien que le fonctionnement d’un ETC ne diffère pas de celui d’un exchange-traded funds (ETF), du point de vue de l’investisseur, la structure de l’investissement est radicalement différente. Un ETF s’assimile à un fonds de placement dont les parts sont négociables en bourse avec la même flexibilité que le négoce de titres traditionnels tels que les actions. Un ETC, en revanche, est une obligation ou note, autrement dit une dette pour son émetteur. Ce qui comporte un risque de contrepartie, quoique minime.
Du fait que des contrats à terme servent de sous-jacents, l’ETC peut présenter un écart significatif par rapport aux cours spot (au comptant) des matières suivies. En cas de contango (report), c’est-à-dire lorsque le prix du contrat à terme arrivant à échéance est inférieur à celui du contrat de prochaine échéance, il y a un coût supplémentaire pour l’investisseur. En situation de backwardation (déport), l’investisseur bénéficie d’un prix d’achat des nouveaux contrats inférieur à celui des contrats existants.
Aussi, la gestion des contrats à terme s’accompagne de la création d’un compte d’appel de marge. En effet, un futures permet à l’investisseur d’acquérir la matière première sous-jacente pour une fraction du prix de celle-ci. Ce qui lui permet de réaliser un effet de levier, mais qui peut jouer aussi bien en faveur de que contre l’investisseur. Il est également utile de se rappeler que, afin de réduire le risque de contrepartie au maximum, les bourses exigent que ce compte de marge soit alimenté par un apport ou un collatéral servant de garantie au cas où l’investisseur ne parviendrait pas à honorer ses engagements.
Enfin, soulignons que l’indice sous-jacent est un indice de rendement total. Ce qui signifie que le collatéral, généralement des Treasuries, déposé sur le compte de marge rapport intérêts, qui sont reversés au fonds. Ces intérêts s’ajoutent ainsi au rendement généré par le sous-jacent et servent dans de nombreux cas à optimiser les coûts de gestion de l’ETC. Ces caractéristiques opérationnelles des ETC ayant des dérivés comme sous-jacents sont cependant pris en charge par l’émetteur.






 
 

AGEFI



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