L'équipe de campagne de Trump avait bien des contacts avec la Russie

samedi, 08.12.2018

L'ex-avocat personnel de Donald Trump, Michael Cohen, a reconnu avoir menti au Congrès sur ses contacts avec la Russie pendant la campagne.

Les révélations de l'ancien avocat personnel de Donald Trump, Michael Cohen, ont permis de faire avancer l'enquête du procureur spécial Robert Mueller. (Keystone)

L'équipe de campagne Trump s'est vu offrir une coopération "politique" avec Moscou dès novembre 2015. C'est la dernière révélation dans l'enquête tentaculaire du procureur spécial Robert Mueller que le président américain ne cesse de vouloir discréditer.

L'information est sortie d'un document déposé vendredi par le procureur spécial, en prévision du prononcé de la sentence attendu mercredi pour Michael Cohen. L'ex-avocat personnel de Donald Trump a reconnu le 29 novembre avoir menti au Congrès sur ses contacts avec la Russie pendant la campagne.

Mais le multimilliardaire comme la Maison Blanche ont vite balayé ces nouvelles révélations. "Le président est totalement blanchi, merci!", a tweeté Donald Trump de façon sibylline. La porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders a elle assuré que les nouveaux documents ne disaient "rien d'important qui ne soit déjà connu" sur le dossier Cohen.

Dans son mémo de sept pages, M. Mueller indique que Michael Cohen a reconnu avoir été en contact en novembre 2015 avec un Russe affirmant être "une personne de confiance" du gouvernement. Les faits se sont produits huit mois avant que Donald Trump ne soit investi comme le candidat du parti républicain.

"Impact phénoménal"

Cet individu aurait proposé à M. Cohen une rencontre entre Donald Trump et le président Vladimir Poutine, faisant miroiter "un impact phénoménal", tant politiquement que sur le projet immobilier que caressait Trump à l'époque de construire une "tour Trump" à Moscou. M. Cohen a cependant indiqué ne pas avoir fait suite à cette proposition, selon le mémo.

Ces dernières révélations témoignent de l'ampleur de la coopération de M. Cohen - qui avait un temps affirmé être prêt à "prendre une balle" pour Donald Trump - avec le bureau de Robert Mueller. Le procureur spécial a estimé que ce père de famille de 52 ans avait fait "des efforts importants" pour corriger ses déclarations mensongères au Congrès sur ses contacts avec Moscou pour des projets immobiliers du magnat new-yorkais.

Le 29 novembre, Michael Cohen avait reconnu avoir menti au Congrès sur la durée de ces contacts, prétendant qu'ils avaient cessé en janvier 2016 - bien avant que le parti républicain n'investisse Donald Trump comme son candidat à la Maison Blanche en juillet - alors qu'il a reconnu ensuite qu'ils s'étaient poursuivis jusqu'à l'été 2016.

Actes "graves et délibérés"

Michael Cohen a déjà rencontré sept fois les hommes de M. Mueller, "souvent longuement", et "s'est engagé à continuer à fournir des informations vraies et pertinentes" pour l'enquête russe, a souligné M. Mueller. Malgré cette aide, M. Cohen, 52 ans, risque d'être condamné mercredi à plusieurs années de prison.

Le procureur fédéral de New York Robert Khuzami a demandé vendredi de condamner l'avocat à une "peine importante", de 51 à 63 mois de prison, soit environ quatre à cinq ans derrière les barreaux. Pour rappel, il avait déjà inculpé M. Cohen en août pour fraude fiscale et bancaire, et violation des lois sur le financement des campagnes électorales, sans lien direct avec l'enquête russe.

Michael Cohen a reconnu avoir organisé des paiements sur ordre de Donald Trump avant l'élection présidentielle pour réduire au silence deux femmes, dont l'actrice de films porno Stormy Daniels, qui disaient avoir eu une liaison avec le candidat républicain. Des actes "graves et délibérés" qui méritent une peine "importante", a justifié le procureur new-yorkais dans un mémo de 40 pages.

"Contre-rapport"

Dans cette enquête tentaculaire, M. Mueller a aussi détaillé vendredi tous les mensonges reprochés à Paul Manafort, l'ex-directeur de campagne de Trump, qui avait pourtant promis de coopérer avec le procureur spécial.

Ces derniers développements risquent d'irriter Donald Trump, qui a intensifié ces derniers jours ses attaques contre M. Mueller et l'enquête russe. Tôt vendredi, le président avait lancé sept tweets rageurs, témoins de sa frustration face à une enquête qui selon est infondée et a trop duré.

Il a dénoncé notamment les "nombreux conflits d'intérêt" présumés de M. Mueller. Le président américain a promis un "contre-rapport" à celui que prépare le procureur spécial, dont personne ne sait à ce jour quand il sera rendu et sous quelle forme.

"Sans entrave"

Par ailleurs, le président vient d'annoncer la nomination de William Barr au poste de ministre de la Justice, pour remplacer Jeff Sessions. Pour être confirmé par le Sénat, dominé par les républicains, M. Barr devra s'engager à ce que l'enquête russe puisse continuer "sans entrave", a d'ores et déjà prévenu le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer. Le rapport de M. Mueller devra en outre être transmis au Congrès et au public dès sa sortie. (ats)






 
 

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