Klingelnberg en difficulté après les six premiers mois de son exercice

mardi, 12.11.2019

Les ventes réalisées par Klingelnberg entre avril et septembre se sont montées à 88,4 millions d'euros, en recul de 10,8% en comparaison annuelle.

Pour l'ensemble de l'exercice, Klingelnberg anticipe un recul des ventes compris entre 15-20%. (Keystone)

Le groupe industriel Klingelnberg a vu ses recettes chuter et sa perte opérationnelle se creuser sur les six premiers mois de son exercice décalé 2019/20. Evoquant l'essoufflement conjoncturel global, en particulier dans le secteur automobile, l'entreprise s'attend à voir son chiffre d'affaires annuel amputé de près d'un cinquième.

Les ventes réalisées entre avril et septembre se sont montées à 88,4 millions d'euros, en recul de 10,8% en comparaison annuelle. "Nous sommes confrontés à une récession qui s'installe dans nombre de marchés et de branches importantes", a expliqué mardi le directeur général (CEO) Jan Klingelnberg, cité dans un communiqué.

Le résultat avant intérêts et impôts (Ebit) s'est enfoncé dans le rouge à -10 millions d'euros, contre -4,7 millions un an plus tôt. Comme annoncé, la direction entend mettre sur pied un "vaste programme d'amélioration de l'efficience" et va entamer "d'ici peu de temps" des discussions avec les représentants du personnel.

Parmi les mesures envisagées, l'entreprise évoque une nouvelle répartition des tâches sur les différents sites de production, le regroupement de compétences et l'élagage du portefeuille de produits.

Pour l'ensemble de l'exercice, Klingelnberg anticipe un recul des ventes compris entre 15-20%, mais s'attend à un résultat opérationnel positif, hors dépenses liées au programme d'efficience annoncé le 14 octobre. L'entreprise avait alors signalé un ralentissement important des activités dans les secteurs de l'automobile et de la construction de machines.

Restructuration surtout en Allemagne

"Par le passé, nous avons dû nous concentrer avant tout sur la croissance" a indiqué le patron de Klingelnberg en conférence téléphonique. Revenant sur les mesures d'optimisation envisagées, il n'a pas été en mesure de dire si des sites de production devront être fermés et combien de postes de travail seront supprimés.

Le dirigeant a tout de même précisé que "les ajustements structurels concerneront essentiellement l'Allemagne", rappelant toutefois l'obligation légale de négocier au préalable avec les partenaires sociaux et de faire valider le train de mesures par le conseil d'administration.

Interrogé sur les coûts liés aux mesures envisagées, le CEO n'a pas souhaité articuler une estimation. Il a en revanche signalé qu'une trentaine d'équivalents temps plein (ETP) avaient déjà été supprimés dans le personnel auxiliaire et à temps partiel, et que le public serait informé en temps voulu quand les détails du programme auront été fixés.

Les vents conjoncturels contraires ont visiblement forci pour Klingelnberg, observe Vontobel dans une note, déplorant le manque de visibilité. L'entreprise renferme toujours un important potentiel de marché, par exemple dans le domaine des équipements pour cylindres.

Credit Suisse pointe du doigt la lenteur du lancement des mesures d'efficience, ainsi que le caractère trop vague des perspectives au niveau de l'Ebit. A cela s'ajoute l'inconnue du futur redressement des marchés.

Les chiffres du jour n'ont pas eu l'heur de plaire aux détenteurs de capitaux. A 12h45, la nominative Klingelnberg dégringolait de 5,5% à 25,75 francs, après avoir touché le seuil symbolique de 25 francs dans la matinée, alors que le marché dans son ensemble (SPI) cédait 0,12%. (awp)






 
 

AGEFI




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