Les ventes en ligne poursuivent leur essor

mercredi, 11.03.2020

Les ventes en ligne ont enregistré une solide croissance en 2019, à contre-courant de la tendance générale stagnante dans le commerce de détail suisse.

En l'espace de dix ans, les ventes en ligne ont doublé, passant de 5,1 à 10,3 milliards, progressant de manière successive d'année en année.(Keystone)

Les ventes en ligne ont progressé de 8,4% pour atteindre 10,3 milliards de francs, selon les calculs de l'institut d'études de marché GfK et de l'Association suisse de vente à distance (ASVAD). Pour l'exercice en cours, la crise du coronavirus pourra être à double tranchant.

Le commerce de détail dans son ensemble a enregistré une croissance annuelle moyenne négative de -0,8% au cours de la dernière décennie. En 2019, les ventes ont atteint 91,6 milliards en Suisse, en hausse de 0,3% sur un an.

Au total, 8,3 milliards d'achats en ligne ont été générés par les e-boutiques suisses et 2,0 milliards par des sites de vente étrangers. Pour la première fois depuis de nombreuses années, les ventes en ligne des commerçants suisses ont crû plus rapidement que celles des sites étrangers.

"Les commerçants en ligne suisses font bien leur boulot", a indiqué Patrick Kessler, directeur de l'ASVAD lors de la conférence de presse.

En l'espace de dix ans, les ventes en ligne ont doublé, passant de 5,1 à 10,3 milliards, progressant de manière successive d'année en année, précise le communiqué conjoint de l'ASVAD et de GfK. Elles représentent 9,1% du commerce de détail suisse.

"L'année dernière, Digitec Galaxus a dépassé la barre du milliard de chiffre d'affaires et cette année, ce sera probablement au tour de Zalando", a projeté M. Kessler. Concernant les craintes sur Amazon et sa potentielle présence accrue en Suisse, elles se sont révélées infondées: "il ne s'est rien passé", a indiqué le spécialiste.

Les denrées alimentaires, vin et capsules de café ont pour la première fois passé la barre du milliard de francs. Ces produits ont généré des ventes en ligne de 1,1 milliard en 2019. Le secteur alimentaire reste toutefois encore éloigné du e-commerce, seulement 2,8% des achats étant réalisés sur internet dans ce segment. A l'inverse, les achats en ligne représentent 16,9% du total dans le segment non-alimentaire.

"Cela s'explique par les faibles marges du secteur alimentaire, qui rendent plus difficiles le déploiement de structures logistiques très coûteuses indispensables au commerce en ligne", a expliqué M. Kessler.

L'électronique a la cote

En 2019, les produits d'électronique grand public ont généré un chiffre d'affaires en ligne de 2,6 milliards. Désormais, 36% des achats dans cette catégorie sont effectués en ligne.
Dans les vêtements et chaussures, les ventes en ligne ont totalisé 2,15 milliards tandis que dans le mobilier et la décoration, elles ont atteint 0,75 milliard. Les livres et médias ont généré 0,3 milliard.

En 2019, des petites commandes ont été passées pour un montant total de 31 millions de paquets, dont 22 millions en provenance d'Asie. En constante hausse depuis des années, ces achats en ligne à l'étranger ont essuyé un repli de 4,6% en 2019, alors que la tendance est à la hausse de la valeur des achats par paquet.

"Cela s'explique par un relèvement des tarifs pour les petits paquets", explique M. Kessler.
En outre, les consommateurs semblent de plus en plus accorder leur préférence au canal en ligne. La moitié indique ainsi avoir acheté ses produits électroniques et de mobilier sur internet au deuxième semestre 2019. Pour les jouets, les chaussures ou les articles de sport, ils sont plus d'un tiers à dire l'avoir fait.

Concernant les perspectives 2020-2022, GfK et l'ASVAD s'attendent à une poursuite de la croissance à hauteur de 8 à 10% annuellement. Les effets du coronavirus sont difficiles à estimer, mais globalement, "l'incertitude est un poison pour le commerce en ligne", a expliqué M. Kessler. "Il faut s'attendre toutefois à un effet rebond quand la crise sera passée".

En outre, les achats en ligne de produits alimentaires inscriront probablement une croissance plus rapide sous l'effet de la propagation du coronavirus. "Dans la limite de ce que peuvent supporter les capacités logistiques", a nuancé M. Kessler.

Un constat qui se vérifie chez Migros: "la demande en ligne sur Le Shop reste très élevée", a confirmé un porte-parole à AWP. Et ce, alors que la situation dans les supermarchés s'est stabilisée. Pour les commandes en ligne, il faut compter des délais de livraison d'environ trois jours. Migros est toutefois en train d'augmenter ses capacités.

Les données sont basées sur les informations de 250 entreprises. Pour les grands acteurs du commerce en ligne qui ne publient pas de chiffres, des estimations ont été effectuées. Les services, voyages, achats logiciels et jeux de hasard ne sont pas inclus.(ats)






 
 

AGEFI



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