Les bières suisses ont encore gagné du terrain en 2018/19

mardi, 26.11.2019

Les ventes des brasseries suisses se sont enrobées de 2,3% à plus de 3,68 millions d'hectolitres lors de l'exercice 2018-19.

La consommation par habitant devrait être restée stable au cours de l'année écoulée, autour de 55 litres. (Keystone)

Les bières suisses ont étoffés leurs parts dans un marché brassicole dont la croissance a légèrement fléchi au cours de l'exercice 2018/19 (clos fin septembre). Après avoir progressé de 1,8% l'année précédente, le marché de la bière a crû de 1,0% à 4,7 millions d'hectolitres (hl), a indiqué mardi l'Association suisse des brasseries (ASB).

Les ventes des brasseries indigènes se sont enrobées de 2,3% à plus de 3,68 millions hl, et leur part de marché a progressé de 1,1 point de pourcentage à 77,8%. Au contraire, les volumes de bière importée ont fléchi - pour la sixième année consécutive - de 3,5% à 1,05 millions hl.

D'après les premiers calculs de l'ASB - les statistiques de population étant établies sur une base calendaire - la consommation par habitant devrait être restée stable au cours de l'année écoulée, autour de 55 litres.

Sans alcool tendance

Les ventes de bière sans alcool ont bondi de 7,4%, pour une part de marché de 3,5%, en hausse d'un demi-point de pourcentage en rythme annuel. "Cette évolution réjouissante concerne autant le public jeune que plus âgé", a précisé en conférence de presse le directeur de l'ASB Marcel Kreber.

"C'est une opportunité que les brasseries peuvent saisir", a-t-il ajouté, citant à titre d'exemple le marché allemand - nation brassicole par excellence - où les breuvages sans alcool représentent désormais 6,5% des ventes, hors bars et restaurants.

Il signale cependant que ce type de production nécessite un haut degré de maîtrise technique et d'équipement que seuls peuvent se permettre les acteurs les plus importants de la branche.

Les exportations sont une nouvelle fois restées marginales: à peine 1% de la production brassicole helvétique a franchi la frontière. "La Suisse n'a pas une tradition d'exportation de la bière, contrairement au fromage ou au chocolat", fait remarquer le patron de l'ASB, signalant au passage ne pas connaître une seule brasserie helvétique disposant d'un responsable export.

La météo, mais pas seulement

Dans son communiqué, la faîtière souligne - statistiques météorologiques à l'appui - la corrélation entre les ventes de bière et le temps "beau et chaud", rappelant que la Suisse a connu son troisième été le plus chaud depuis le début des mesures. M. Kreber relève cependant que sur la même période, les ventes d'eaux minérales et de boissons sucrées ont stagné.

Pour l'ASB, cela dénote un changement de mentalité par rapport au produit. "Naguère considérée plutôt comme une boisson d'hommes et de travailleurs, la bière est aujourd'hui appréciée par un cercle toujours plus large d'amateurs, femmes et hommes confondus", relève l'association, énumérant la multiplication des occasions de la déguster (itinéraires brassicoles, séminaires, visites).

Interrogé sur les spécificités géographiques, M. Kreber a indiqué ne pas disposer de statistiques de ventes par région, mais a signalé un nombre croissant de l'activité brassicole en Suisse romande, au Tessin et dans le canton de Berne, se félicitant de l'engouement croissant du public latin, traditionnellement plus porté sur le vin.

Le responsable a également observé un changement dans les canaux de distribution. Aujourd'hui, environ 60% des volumes sont écoulés au détail, et 40% par les professionnels de la restauration. "C'est l'inverse de ce que c'était il y a une dizaine d'années", un changement à mettre sur le compte de l'introduction de l'interdiction de fumer dans les lieux publics.

Relève toujours difficile

Pendant l'année sous revue, l'ASB a accueilli en son sein deux nouvelles brasseries, le bernois Altes Tramdepot et le Liechtensteiner Brauhaus, deux établissements qui travaillaient déjà depuis plusieurs années avec la faîtière dans le domaine de la formation.

"Les compter parmi nous au sein de l'ASB est donc la suite logique et heureuse de notre fructueuse collaboration", s'est félicité son président Markus Zemp. L'encouragement de la formation au métier de brasseur figure en bonne place dans les objectifs de l'association.

En Suisse, 25 brasseries sont reconnues comme entreprises formatrices, et seuls 35 apprentis suivent actuellement le cursus de brasseur. Mais une fois obtenu le certificat de "technologue en denrées alimentaires" à les candidats doivent se rendre à l'étranger s'ils veulent devenir maîtres-brasseurs, la Suisse ne disposant pas de la filière correspondante.

Le président de l'ASB souligne aussi que nombre d'aspirants sous-estiment ce qu'il faut apporter pour entamer un apprentissage de brasseur, notamment des connaissances en biologie et en chimie. (awp)






 
 

AGEFI




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