Après le repli des actifs risqués, la prudence reste de mise

mercredi, 05.06.2019

Les valorisations, sans être prohibitives, ne sont pas très attractives, d’autant plus au regard de la maturité du cycle.

Benjamin Melman*

Un repli des actifs risqués comme celui observé en mai constitue toujours une invitation à reconsidérer le contexte afin de détecter une opportunité pour reprendre du risque, d’autant plus que le rally a été très puissant depuis le début de l’année et n’est peut-être pas achevé.
À ce stade, il est recommandé de rester relativement prudents. La baisse des marchés n’a pas été très significative et les raisons motivant notre prudence le mois dernier sont toujours d’actualité (à court terme risque de guerre commerciale et un marché plus risqué du fait de positions massives vendeuses de contrats sur la volatilité (VIX), à moyen terme accumulation de signes de fin du cycle). Les valorisations des marchés, sans être prohibitives, ne sont pas particulièrement attractives, d’autant plus au regard de la maturité du cycle.
La remontée du risque de guerre commerciale, désormais partiellement intégrée par les marchés, laisse malgré tout penser que la rhétorique protectionniste se maintiendra a minima jusqu’aux prochaines élections présidentielles car il s’agit d’une thématique électorale porteuse selon le président Donald Trump. Sur la question chinoise, les Démocrates américains, quant à eux, ont également rejoint la stratégie commerciale du président Donald Trump. Une fois qu’un accord avec la Chine, même a minima, sera trouvé et ouvrira une trêve, le président américain pourra plus tranquillement se consacrer au secteur de l’automobile et aux négociations avec l’Europe. Rappelons que les importations américaines d’automobiles sont déjà très élevées et que si l’accord «NAFTA 2.0» devait être voté, l’augmentation du coût de production des producteurs américains déséquilibrerait davantage leur compétitivité.
Les dernières enquêtes économiques (PMI, IFO) assombrissent un peu l’espoir de nombreux investisseurs quant à la possibilité d’un redressement de l’activité économique en Chine et en Europe au second semestre.
Certes, à la grande différence des fins de cycles précédents, les banques centrales sont en appui du cycle et pourraient assouplir de nouveau leur politique monétaire. En même temps, notons que le soutien de la Fed a ses propres limites. Aujourd’hui, l’institution monétaire est «neutre», n’a plus de biais, ce qui signifie que la baisse de taux de 25 points de base intégrée par les marchés d’ici la fin de l’année est un parti pris des investisseurs qui n’a toujours pas été façonné par la Fed. Il faudrait donc une dégradation plus substantielle de l’environnement pour que la banque centrale intervienne. Ainsi, il est fort probable que le soutien de la Fed aux marchés soit déjà bien intégré et il faudrait donc en passer par une correction pour en espérer davantage.
Dans ce contexte, il est recommandé de maintenir des positions relativement prudentes dans les portefeuilles et de remonter le poids du dollar américain dans les portefeuilles, face à la remontée des risques politiques (commerce international, Brexit, Iran, etc.).

* CIO, Edmond de Rothschild AM






 
 

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