Les valeurs du luxe se font malmener par l’épidémie en Chine

lundi, 27.01.2020

Isabelle Carpentier*

Isabelle Carpentier.

La propagation du virus en Chine met le secteur du luxe sous pression: le coronavirus impacte négativement les valeurs du luxe au cours des dernières séances, à l’instar de ce qui s ‘est produit en 2003 avec l’épidémie de SARS dans la région.
En 2003, le virus avait entraîné un recul du nombre des voyages en Asie et dans le monde entier. Il a pesé sur les chiffres d’affaires des sociétés de luxe au cours du deuxième trimestre 2003. Globalement, sur la période, les ventes ont baissé d’environ 20% en Asie et de 10% en Europe.
A propos des quatre plus importantes valeurs de l’époque en termes de capitalisation boursière (LVMH, Hermès, Kering ainsi que Richemont), les ventes ont baissé en moyenne de 4% au cours du deuxième trimestre dont en moyenne de -17% en Asie et -12% en Europe (-32% pour LVMH et 0% pour Hermès notamment).
La reprise des ventes a été amorcée dès le troisième trimestre 2003 et s’était poursuivie au cours des trimestres suivants, pour terminer l’année en hausse. Les clients chinois représentaient en 2003 8% des ventes du secteur et consommaient ailleurs qu’en Chine, lors de leurs voyages en Europe et aux Etats-Unis notamment.
Aujourd’hui, le poids de la consommation asiatique a considérablement augmenté dans les dépenses de luxe (environ 55% des ventes) et les consommateurs chinois représentent désormais en moyenne 35% des clients des sociétés, les Japonais 10% et les autres nationalités asiatiques 10%. Ces populations consomment désormais localement, la plupart des grands flagships des marques de luxe étant situés dans la zone asiatique. Les ventes en ligne se sont développées et peuvent être un relais de croissance en cas de confinement des populations.
L’ampleur de l’impact du virus sur le secteur du luxe est difficile à chiffrer en l’absence de données exactes concernant la population touchée. Néanmoins, le premier trimestre 2020 pourrait être impacté sans pour autant entacher la croissance de l’année entière. De plus, environ la moitié des ventes des consommateurs chinois est réalisée désormais localement, ce qui permet de limiter les conséquences de l’arrêt potentiel des voyages, avec en outre un transfert possible des ventes sur Internet.

* Gérante actions internationales, Edmond de Rothschild Asset Management






 
 

AGEFI




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