Les trois piliers d’un conseil d’administration efficace

lundi, 04.11.2019

Marie de Freminville*

L’efficacité du conseil d’administration repose sur trois piliers: l’efficacité personnelle, l’efficacité collective, et la clarification du rôle du conseil, qui peut varier en fonction de son actionnariat, sa direction, ainsi que la situation de l’entreprise, sa performance financière notamment.

Commençons par l’efficacité personnelle de chaque administrateur - administratrice!

Celle-ci résulte de critères objectifs tels que ses compétences (vision stratégique, expertise financière, juridique ou numérique, connaissance du secteur d’activité), son expérience, sa disponibilité, mais aussi ses «soft skills», telles que son indépendance d’esprit, sa loyauté, sa curiosité, son sens des responsabilités, ainsi que son sens de la solidarité et de son esprit d’équipe.

De bonnes pratiques

L’intégration au conseil d’administration est un moment essentiel: il s’agit de prendre connaissance de l’entreprise, son histoire et ses projets, comprendre son modèle d’affaires, rencontrer la direction, mais aussi construire des relations de respect et de confiance avec les autres membres du conseil d’administration, identifier les intérêts divergents, les pôles d’influence, les interactions, pour pouvoir contribuer efficacement et faire entendre son point de vue.

Une formation, un programme de rencontre avec les autres administrateurs et les principaux membres de la direction, des séances de travail avec des experts sur des points techniques particuliers font partie des bonnes pratiques pour assurer la performance du nouvel administrateur, sa compréhension des enjeux clés de l’entreprise, du rôle du conseil d’administration et du fonctionnement des organes de gouvernance.

La professionnalisation des recrutements, liée notamment à la volonté de diversifier la composition du conseil d’administration, de nommer des femmes, des profils internationaux, ou des compétences permettant de mieux accompagner la transformation des entreprises (numérique, responsabilité sociale et environnementale, internationalisation...) oblige à réfléchir au fonctionnement du conseil, aux profils nécessaires pour contribuer à la performance durable de l’entreprise.

Le président du conseil a un rôle fondamental, notamment dans l’agilité du conseil. Sa fonction de président ne lui confère pas une autorité particulière, pourtant il a un impact très important sur le recrutement de chaque administrateur, l’efficacité de chacun et la performance de l’ensemble.

Être administrateur est un travail à réaliser avec beaucoup d’humilité (notamment en raison du déséquilibre d’information entre le conseil d’administration et la direction), et d’indépendance d’esprit.

La dynamique du conseil peut s’inverser avec une personne, si les discussions n’ont pas été préparées. Il peut être nécessaire d’engager les réflexions en bilatéral, entre deux séances de conseil. C’est une «mayonnaise» subtile. 

Comment apprécier la valeur ajoutée de chacun des administrateurs? Sous quel prisme: l’intérêt des actionnaires court terme? des actionnaires long terme? L’intérêt social de l’entreprise? L’intérêt des parties prenantes?

Une autoévaluation annuelle est indispensable, ainsi qu’une évaluation régulière par un tiers.

*Starboard Advisory






 
 

AGEFI




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