Les titres suisses à dividendes restent toujours attrayants

mercredi, 13.03.2019

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

La saison des résultats pour l’année écoulée est déjà bien avancée. La conjoncture en berne ces derniers mois n’a pas épargné les entreprises suisses. Le consensus des estimations des bénéfices a été nettement revu à la baisse.

En 2018, la croissance des bénéfices s’est réduite pour s’établir à 19%. Bien que les estimations pour 2019 aient elles aussi été abaissées, le consensus actuel anticipe une croissance des résultats de 14%.

Comment interpréter ces anticipations concernant les résultats des entreprises? En 2018, on a enregistré la plus forte croissance des résultats depuis 2010. Toutefois, au vu du ralentissement de la conjoncture mondiale, les entreprises vont sans doute voir leur expansion ralentir.

Cette année, ni une nouvelle appréciation du franc suisse, ni des pertes de change notables ne sont attendues. Une évolution stable des marges est donc prévisible, même si les entreprises sensibles à la conjoncture devraient voir leur rentabilité se réduire.

Des acquisitions pourraient doper les bénéfices de certaines entreprises. Dans l’ensemble, on peut prévoir une croissance des résultats comprise entre 5 et 10%. Si le ralentissement économique devait se muer en une récession, la croissance organique des chiffres d’affaires pourrait s’affaiblir encore davantage.

En raison de la pondération sectorielle défensive (et donc moins sensible à la conjoncture que le marché global des actions helvétiques), il faudrait, outre une récession, que le franc s’apprécie fortement pour que les bénéfices des entreprises en francs suisses reculent.

Le rapport cours/bénéfices (PER) du Swiss Performance Index (SPI), sur la base des bénéfices estimés des entreprises pour les douze prochains mois, atteint actuellement tout juste 17x. La valorisation se situe donc 9% au-dessus de la moyenne sur 25 ans (15,6x).

Par rapport à d’autres marchés d’actions, le marché suisse est à présent légèrement surévalué, les actions helvétiques ayant surperformé leurs pairs à l’étranger ces derniers mois. Néanmoins, le rendement sur dividendes est réjouissant: avec plus de 3% prévus pour l’exercice en cours, il est bien supérieur à sa moyenne de 2,4% depuis 2000.

Comme, pour les placements, les obligations font concurrence aux actions, une hausse des taux d’intérêt tire en général vers le bas le PER de ces dernières. Une légère augmentation des taux d’intérêt est attendue. Dès lors, une hausse significative des PER semble peu probable.

Un investissement apprécié sur le marché helvétique des actions est celui des «titres suisses à dividendes de haute qualité». Les dividendes de qualité et en croissance restent intéressants, compte tenu des taux d’intérêt en francs suisses toujours bas et des bénéfices des entreprises en hausse.

Si les distributions sont exonérées de l’impôt anticipé, elles deviennent encore plus attrayantes pour les investisseurs privés. Suite à la correction de ces derniers mois sont apparues un certain nombre d’«opportunités dans le segment des mid-caps helvétiques. On peut notamment recommander les entreprises cycliques, dont les bénéfices sont certes très sensibles à la conjoncture, mais dont les cours des actions intègrent déjà largement les risques affectant les bénéfices.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS






 
 

AGEFI



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