Les titres à dividendes suisses toujours attrayants

mercredi, 19.02.2020

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

Ces 18 derniers mois, l’économie mondiale a ralenti. Après une nette accélération de l’activité industrielle au début de l’année, celle-ci pourrait se voir quelque peu freinée dans les prochains mois en raison de la propagation du coronavirus en Chine.

Au second semestre 2019, certains secteurs cycliques ont même connu des trous d’air de l’ampleur d’une légère récession. Les secteurs défensifs, la consommation privée et de nombreux prestataires de services ont relativement bien résisté, y compris en Suisse. Comme le marché des actions helvétiques est dominé par ces secteurs, les bénéfices des entreprises et l’indice global du marché ont connu l’an dernier une croissance très vigoureuse. 

Cette année, le consensus prévoit une croissance des bénéfices de plus de 10%. Selon la Recherche d’UBS, cette estimation est trop optimiste. Il faut plutôt tabler sur une croissance entre 5 et 9%. Ce chiffre se fonde sur des taux de croissance économique faibles mais positifs, sans récession, une appréciation limitée du franc et une contribution modérée de l’activité de fusions-acquisitions. 

Rendement sur dividendes intéressant

Le rapport cours/bénéfices (PER) du Swiss Performance Index (sur la base des bénéfices estimés des entreprises pour les douze prochains mois) se monte actuellement à 18x. La valorisation se situe ainsi à 18% au-dessus de sa moyenne sur trente ans qui est de 15,1x. Néanmoins, le rendement sur dividendes est réjouissant. Avec 3% prévus pour l’exercice en cours, il est bien supérieur à sa moyenne de 2,4% depuis l’an 2000. 

Les rendements obligataires en francs étant par ailleurs extrêmement faibles, ceux sur dividendes sont dès lors très attrayants. La sélectivité devient plus importante en raison de la valorisation élevée du marché. En outre, les perspectives des différents secteurs d’activité divergent de plus en plus et les écarts de valorisation des actions sont supérieurs à la moyenne. Les risques géopolitiques restent eux aussi élevés, ce qui devrait entraîner des fluctuations de cours importantes et des rotations occasionnelles entre les préférences sectorielles.

Les dividendes de qualité en croissance restent intéressants au vu des faibles taux d’intérêt en francs et de la hausse des bénéfices des entreprises. Lorsque les distributions sont partiellement exonérées d’impôt anticipé, elles sont encore plus attrayantes pour les investisseurs privés. 

Les actions suisses défensives semblent particulièrement prometteuses. On peut également déceler des opportunités dans le segment des mid-caps helvétiques. Il s’agit surtout d’entreprises cycliques, dont les bénéfices sont certes très sensibles à la conjoncture, mais dont les cours intègrent déjà largement les risques affectant les bénéfices. Les entreprises dont le rendement sur capital investi (ROIC) dépasse 15% offrent également une qualité appréciée dans ce contexte économique difficile.

En termes de durabilité, le marché suisse des actions se défend bien en comparaison internationale. Les entreprises helvétiques investissent en général davantage que leurs concurrentes étrangères dans la recherche et le développement, ce qui explique pourquoi elles sont à la pointe de l’innovation. En revanche, on s’attend à une évolution des cours inférieure à la moyenne pour les entreprises des secteurs connaissant actuellement des conditions de marché difficiles, les entreprises confrontées à des défis individuels et les actions à la valorisation peu attrayante.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS






 
 

AGEFI



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