Les technologies de l’information des banques sous pression

lundi, 25.02.2019

Lionel Haas*

Lionel Haas

Abandon du secret bancaire, nouvelles exigences de transparence fiscale, renforcement des ratios de liquidités, évolution des circulaires nationales, soumission à des lois supranationales: la pression que subit l’IT des banques face aux changements du marché et surtout à la vague de digitalisation est en pleine accélération.

Les banques en effet sont contraintes d’introduire des contrôles préventifs et réactifs toujours plus nombreux et complexes, avec des conséquences évidentes sur les affaires. Au bout de la chaîne, le système d’information (SI) peine à suivre la cadence et engloutit une part toujours plus importante des budgets dans des projets avec peu de valeur ajoutée. Ce qui est nouveau est que le management n’est désormais plus le premier responsable.

D’autre part l’influence de la génération numérique commence à se faire sentir également. Pour les Millennials, le salaire demeure certes important, mais il n’est plus le seul élément de satisfaction et de fidélisation. L’environnement de travail se doit d’être moderne, flexible et connecté. Dans les départements IT, le changement générationnel accentue la carence latente de compétences dans des technologies anciennes autour desquelles sont encore architecturés nombre de systèmes centraux.
La crise financière de 2008 a vu l’expansion d’acteurs parabancaires comme les fintech qui fournissent des services financiers innovants venant compléter ceux des banques-lorsqu’ils ne s’y substituent pas totalement. Les technologies disruptives sur lesquels ils sont basés, à l’exemple de la blockchain, modifient la nature des interactions entre les acteurs de l’écosystème et entraînent des changements fondamentaux dans la structure ainsi que dans le montant des revenus.

Au final, c’est le modèle d’affaires dans son ensemble qui ne s’avère plus adapté. Les banques sont contraintes de développer de nouveaux services et, partant, de nouvelles formes de monétisation.

Les nouvelles technologies, elles aussi, mettent à mal les schémas traditionnels d’une sécurité dite périmétrique censée protéger le système d’information des attaques extérieures par la création d’enceintes physique et logique solidement contrôlées. Plus flexible et plus adaptative, de fait plus intelligente, la sécurité doit désormais se concentrer à protéger les ressources sensibles, d’où que se trouve le client qui y accède et par quelque moyen qu’il utilise.

Des changements plus nombreux, plus diversifiés et plus complexes augmentent la pression sur les équipes IT. Hormis les départements IT des grands établissements, ces équipes n’ont généralement pas la profondeur pour couvrir tout le spectre des compétences nécessaires à l’intégration des technologies sous-jacentes, ni la largeur pour assurer à la fois la production et les changements dans un contexte qui s’internationalise chaque jour davantage.

Les solutions concrètes apportées par l’outsourcing

 

L’outsourcing constitue dans de nombreux cas la solution la plus efficiente car elle permet de rationnaliser l’utilisation des ressources sans devoir effectuer d’arbitrage entre les services, les coûts et les risques. Le premier effet notoire est la séparation entre le run- et le change-the-business, à savoir que la production et les projets sont exécutés par des équipes distinctes qui ne se péjorent pas mutuellement, comme cela est régulièrement le cas avec une IT interne dont les ressources sont limitées et qui peut voir ses priorités changer presque quotidiennement.
Parmi les avantages pour le run-the-business, on peut citer la simplicité avec les frais généraux relatifs à la gestion des contrats et des factures de tiers qui diminuent fortement, la disponibilité et la durabilité Les services sont industrialisés; la connaissance est capturée dans des processus et ne dépend plus de quelques individus nommés qui emportent avec eux cette connaissance lorsqu’ils quittent l’entreprise.
Pour le change-the-business, citons l’évolutivité car les systèmes et les applications sont tenus à jour avec les dernières versions. D’autre part les infrastructures sont évolutives en termes de puissance et de capacités; les coûts fixes se variabilisent; le cycle de vie du matériel devient transparent. Enfin les systèmes sont en ligne avec la réglementation par la prise en charge de facto par le prestataire de celles des exigences qui s’appliquent de manière générique à l’ensemble des clients.

* Senior Manager, Swisscom






 
 

AGEFI



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