Dénicher les pépites que les autres ne voient pas

jeudi, 11.07.2019

Les stratégies actions américaines ont toutes généré des rendements moyens à positifs sur des périodes de 1, 3, 5 et 10 ans.

Nick Samouilhan*

Si l’accès à une rivière, à un port ou à une colline stratégique a été par le passé l’une des voies usuelles pour créer des villes, certaines ont été construites pour une raison beaucoup plus simple: l’or.

Parmi elles on trouve Johannesburg, une grande ville animée fondée pendant l’une des plus grandes ruées vers l’or de l’histoire. Jusqu’à récemment, on pouvait voir des traces du passé de la ville dans plus de 200 monticules de terre, certains de plus de 100 m de haut, qui avaient été soigneusement déplacés pour trouver et extraire l’or qui s’y trouvait. 

Ces monticules sont restés les seuls signes visibles d’une industrie aurifère qui a créé la ville mais qui a ensuite disparu, les mineurs étant partis depuis longtemps pour le désert mongol, la jungle péruvienne et les montagnes libyennes à la recherche de gisements aurifères encore inexplorés et inexploités.

Plus de ressources et de connaissances

La plupart de ces décharges minières ont disparu et ont été remplacées par des lotissements ou des centres commerciaux. Ce n’est certes pas la croissance urbaine qui les a fait disparaître, mais plutôt d’autres mineurs d’or encore plus efficaces. Car bien que ces monticules importants de terre aient été laborieusement débarrassés de leur or par un grand nombre de mineurs au cours de décennies de travail, ils contenaient encore beaucoup d’or – au moins plus de 100 tonnes. 

Comment est-il possible qu’une telle quantité d’or ait été oubliée par des mineurs dans un sol déjà exploité?

L’explication est simple: l’or était toujours là, mais il fallait beaucoup plus de ressources et de connaissances pour le trouver et l’extraire, ce que la plupart des mineurs ne pouvaient faire. Tandis que ces mineurs moins sophistiqués essayaient de faire entrer et sortir l’équipement minier des jungles denses et des déserts arides, les mineurs disposant de plus de ressources extrayaient efficacement l’or, tonne après tonne, du cœur d’une ville moderne.

Je pense à cette histoire chaque fois que j’entends un client parler de la façon dont il investit sur les marchés émergents par l’intermédiaire d’un fonds actif par exemple, tout en optant pour un fonds passif aux Etats-Unis. La logique ici est presque toujours que le marché américain est si bien étudié qu’il est impossible pour les gestionnaires actifs de générer de l’alpha, alors que les marchés plus exotiques sont moins explorés et donc plus mûrs pour en générer. 

La poussière d’or cachée dans un amas de sable

Mais en fin de compte, ce n’est pas parce que le marché américain a été fortement passé au crible qu’il n’y a plus d’or à trouver; c’est juste que l’or qui reste est plus difficile à dénicher. 

Si l’on considère le marché des actions américaines, sans doute le marché le plus étudié et le plus suivi, une analyse de notre rendement au cours des 20 dernières années montre que nos stratégies actions américaines ont toutes généré des rendements moyens à positifs sur des périodes variant de 1, 3, 5 et 10 ans – un record en matière de valorisation. Alors comment générer de l’alpha à partir d’un marché aussi bien couvert? C’est simple: l’alpha a toujours été là, il faut juste beaucoup plus de ressources et de connaissances pour le trouver et l’extraire. Grâce à la portée de nos recherches (nous employons 165 analystes actions dans le monde, qui rencontrent environ 5000 entreprises de manière individuelle), nous avons pu repérer et extraire la poussière d’or cachée dans ce vaste amas de sable.

Il vaut la peine de garder cette anecdote à l’esprit lorsque l’on essaie de comprendre où être actif ou passif. Bien qu’il y ait sans aucun doute de l’or caché au fond de la jungle ou au milieu du désert, l’extraire de façon constante et efficace est extrêmement difficile à faire. 

Les marchés exotiques, bien que nettement moins suivis que le marché américain, doivent faire face à de nombreux problèmes qui les rendent moins stables et moins prévisibles. 

Comme pour l’extraction de l’or, vous n’avez pas besoin de vous limiter aux endroits exotiques, une approche sophistiquée peut vous permettre de trouver des opportunités que d’autres manquent dans des endroits qui ont déjà été bien explorés.

*Stratège Multi-Asset EMEA, T. Rowe Price






 
 

AGEFI




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