Métaux: nouveau tracker sur dix producteurs

vendredi, 09.10.2020

Les sociétés minières de métaux sont en nette sous-performance par rapport au marché et dépendront fortement de l’efficacité des plans de relance au sein des pays industrialisés.

Levi-Sergio Mutemba

Picard Angst recommande un certificat tracker sur les actions métallurgiques globales émis par Société Générale au prix de 99,50%, avec une maturité de deux ans. Le tracker est composé de dix actions de même poids, dont Anglo American, BHP Group, Rio Tinto et Glencore, et est doté d’une protection Quanto CHF contre le risque de change. La plupart des constituants sont en effet côtés à Londres, en livre sterling. Picard Angst rappelle que le secteur, l’un des plus durement touchés par la pandémie du coronavirus, affiche des valorisations particulièrement attractives. Et que les plans de relance mise en place dans la plupart des pays industrialisés devraient avoir pour effet de susciter une reflation des cours. 

«Les actions des producteurs de métaux tendent à réagir plus tôt à la demande additionnelle attendue des matériaux de base», souligne Adrian Wiedon, Head of Client Advisory Switzerland chez Picard Angst. Dans sa note d’idée d’investissement publiée lundi, celui-ci ajoute que les matières premières, ayant été «négligées par rapport aux actions de croissance au cours des récentes années», présentent aujourd’hui un potentiel de gains significatifs. «Il est également utile de rappeler que les actions d’entreprises productrices de matières premières affichent historiquement une faible corrélation par rapport aux autres actions et obligations et peuvent ainsi être utilisées pour optimiser le rendement ajusté du risque du portefeuille», précise Adrian Wiedon. 

Selon Julian Kettle, Vice Chairman du département Metals & Mining chez Wood Mackenzie, société internationale de recherche et de conseil pour les secteurs de l’énergie et des mines, le cuivre et le zinc devraient être les mieux positionnés pour une reprise de l’activité. Le zinc en raison du déficit structurel de l’offre (manque de mines), tandis que l’important conducteur électrique qu’est le cuivre, et dont Glencore, BHP Group et Antofagasta (au Chili) en sont d’importants producteurs, bénéficie du développement des sources d’énergie propres dans le secteur des transports.  

Comme un ETF, en apparence seulement 

«Pour ce qui est de l’aluminium, c’est l’éternel sous-performeur en raison de surcapacités structurelles et de l’inélasticité de la demande aux baisses de prix», explique Julian Kettle dans sa dernière perspective du secteur minier dans le contexte du Covid-19. L’expert estime la chute annuelle de la demande d’aluminium à environ cinq millions de tonnes par an au cours des cinq prochaines années. 

Il est important de noter que si un tracker remplit exactement la même fonction qu’un exchange-traded fund (ETF), à savoir la réplication quotidienne d’un actif de référence à un ratio de un pour un, il s’agit pourtant d’un instrument financier fondamentalement différent. Alors qu’un ETF (physique) est comparable à un fonds au sens de la loi sur les fonds de placement, un certificat tracker représente une dette. Il s’agit plus précisément d’une obligation non subordonnée et non garantie. Et, par conséquent, soumise au risque de contrepartie en plus du risque de marché. 

L’obligation est structurée avec une option d’achat dont le prix d’exercice est égal à zéro. Ce que les professionnels du trading appellent un «zero-strike call». Il s’agit d’une option dont la valeur est égale à la valeur de l’actif sous-jacent. C’est par ce biais que l’investisseur obtient la participation à l’évolution de ce dernier. Toutefois, comme cette réplication est indirecte (il n’y a pas une détention réelle de l’indice sous-jacent), l’investisseur n’a pas les mêmes droits (droit de vote en particulier) que ceux associés à une détention physique ou directe de l’actif de référence. 

Enfin, cette réplication synthétique implique également que, à moins que l’indice sous-jacent ne soit un indice de rendement total, un tracker ne relaie pas les dividendes. C’est pourquoi la plupart des trackers ne payant pas de dividendes sont émis à un prix inférieur au prix nominal (au-dessous du pair), mais remboursés à leur valeur nominale. Ce qui signifie que la performance du sous-jacent sera, en l’occurrence, basée sur un dénominateur de 99,50% au lieu de 100%. Comme si ces dividendes (anticipés) étaient, d’une certaine façon, payés à l’avance («discounted upfront»). 






 
 

AGEFI



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