Trump et Powell sont dans un bateau

jeudi, 13.06.2019

Les risques pour l’économie américaine ont indéniablement augmenté ces derniers temps.

Daniel Varela*

Après la nette accélération économique de 2017, le durcissement de la politique monétaire par la Fed en 2018 visait à assurer un atterrissage en douceur dans un contexte de plein emploi. Mais l’approche finale est plus chahutée en raison de l’apparition de nouvelles turbulences commerciales entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux dont la Chine et le Mexique. Au point que la Fed songe sérieusement à remettre les gaz pour effectuer un «go-round» en vue d’une nouvelle tentative d’approche une fois que l’horizon commercial sera dégagé.

Les commentaires récents des dirigeants de la Réserve fédérale vont dans ce sens. Et notamment son président Jerome Powell qui a clairement préparé le terrain pour des baisses de taux au deuxième semestre au point de laisser penser que la Fed succombe à la baisse récente de Wall Street (existe-t-il un put Powell?). Et que dire de Donald Trump, plus modéré ces derniers jours durant sa tournée européenne comme sur les réseaux sociaux (existe-t-il un put Trump?).

L’influence des marchés financiers sur les autorités américaines ne se dément pas. Dix ans après la grande crise financière, la tolérance face à des marchés qui plongent reste faible dans un contexte toujours profondément désinflationniste. Au-delà de la volatilité récente de la bourse américaine, M. Powell semble avant tout réagir à la forte baisse des rendements sur les bons du Trésor américain à long terme. Les taux à 10 ans sont ainsi tombés proche de 2% contre encore 3,25% l’automne dernier. De plus, la courbe des taux commence à s’inverser, à savoir que les taux à court terme sont désormais plus élevés que les taux sur longue durée. Ce phénomène inhabituel est souvent le signe que la Fed prend du retard sur les développements économiques.

Il est donc temps de changer de cap sur la politique monétaire. La période de taux bas n’est donc de loin pas terminée. Un contexte qui reste favorable aux actions, dont le rendement sur dividende est désormais plus élevé que les taux obligataires dans la plupart des pays développés. On surveillera néanmoins les «gazouillis» de M. Trump, notamment en prévision de la réunion du G20 à Osaka à la fin du mois de juin. En effet, le rebond entamé par les Bourses la semaine écoulée ne pourra pas forcément se prolonger sans des relations commerciales plus apaisées.

*Chief Investment Officer Banque Piguet Galland






 
 

AGEFI



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