Ce revirement total et rapide de l’opinion qui laisse perplexe

jeudi, 01.11.2018

Les raisons expliquant le récent accès de faiblesse de Wall Street ont radicalement évolué.

Daniel Varela*

Daniel Varela

La semaine passée comme le mois d’octobre qui s’achève ont été particulièrement éprouvants pour tous ceux qui investissent en Bourse. Pendant longtemps, Wall Street semblait pouvoir résister au pessimisme qui avait gagné d’abord les marchés émergents puis les actions européennes. Mais la bourse américaine a fini par craquer en ce début d’automne. Wall Street est en baisse de près de 9% sur le mois d’octobre. Parmi les grands indices, seuls le Japon et les marchés émergents font pire, tandis que le SMI limite la casse (-5%) grâce au caractère très défensif de sa cote.

Ce qui est frappant, c’est que les raisons invoquées quant à ces dégagements massifs ont radicalement évolué au cours du mois. Il y a quelques semaines, les investisseurs s’inquiétaient d’une éventuelle surchauffe de l’économie américaine qui aurait engendré un dérapage de l’inflation et conduit la Réserve fédérale à durcir fortement sa politique monétaire. D’autres mentionnaient la progression récente des cours de l’énergie ou la hausse des taux longs comme des risques majeurs pour l’économie et la bourse. Ces craintes se sont dissipées depuis.

Des niveaux attractifs

La croissance américaine a certes été plus forte que prévu au troisième trimestre (+3,5% en rythme annuel), mais dans un contexte d’inflation qui reste très maîtrisé (déflateur du PIB à 1,7% annuel). Et dans l’intervalle, tant le prix du pétrole que les taux longs US ont reculé à des niveaux qui ne sauraient constituer une menace pour la croissance.

Etonnamment, les raisons invoquées au sujet du nouvel accès de faiblesse de Wall Street la semaine dernière sont liées à des craintes d’un ralentissement trop prononcé de l’activité en 2019 qui impacterait négativement les résultats des entreprises. Ce revirement total et rapide de l’opinion des investisseurs à l’égard de l’économie américaine laisse perplexe et fait penser à un début de capitulation sur les marchés. La baisse récente a ramené les bourses vers des niveaux de valorisation qu’on peut au minimum qualifier de raisonnables (ratio cours/bénéfices de 15x aux USA), voire d’attractives en ce qui concerne les bourses européennes et les marchés émergents (ratios proches de 10x-11x).

La saison de publication des résultats n’est pas terminée aux Etats-Unis et pourrait encore entretenir la volatilité sur les marchés. Mais nos indicateurs pointent sur un degré extrême de pessimisme des investisseurs à l’égard des bourses qui laisse penser que les actions sont survendues et pourraient rebondir, sur le court terme en tout cas.

* Chief Investment Officer, Banque Piguet Galland






 
 

AGEFI



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