Conditions-cadres pour l’attrait des talents internationaux: la Suisse est à la traîne

jeudi, 12.03.2020

Les procédures d'autorisation, notamment pour les jeunes travailleurs talentueux et pour la mobilité interne des entreprises en Suisse, sont fastidieuses. La Suisse ferme le classement établi par Deloitte.

Analyse comparative des conditions-cadres pour la mobilité internationale des principaux sites économiques.

Les entreprises suisses peuvent-elles attirer les talents internationaux dont elles ont besoin? En comparant des conditions-cadres entre 8 pôles économiques pertinents, la Suisse ferme le classement établi par Deloitte.

Une comparaison non-exhaustive de 6 critères sur 8 sites économiques internationaux attrayants a été effectuée par Deloitte Suisse en coopération avec les experts locaux de Deloitte en matière de mobilité des talents. L’étude montre clairement que les procédures d'autorisation, notamment pour les jeunes travailleurs talentueux et pour la mobilité interne des entreprises en Suisse, sont fastidieuses.

Toutes les entreprises doivent passer par les mêmes procédures complexes, quelle que soit la fréquence de leurs demandes d'autorisation.

Rares sont les cantons où les demandes peuvent être déposées entièrement en ligne, sans parler de la possibilité de suivre leur traitement tout au long de la procédure.

Il est particulièrement difficile d'obtenir des autorisations de travail pour des jeunes talents sans grande expérience professionnelle.

« La Suisse ne peut pas concurrencer des pôles tels que l'Irlande, Singapour, l'Allemagne ou le Luxembourg en termes de conditions-cadres pour la mobilité des talents internationaux. Dans notre classement de 8 pays, elle arrive en dernier. Grâce à l'amélioration des conditions-cadres, la compétitivité et la capacité d'innovation de la Suisse pourraient donc accroître efficacement, ce qui augmenterait notre prospérité et créerait des emplois », explique José-Antonio Ruiz.

Martin Naville, PDG de Swiss AmCham ajoute : «Il n'est pas nécessaire de modifier fondamentalement le système d'immigration existant, ni d'abolir les quotas de travailleurs provenant de pays extérieurs à l'UE et à l'AELE. Nous proposons plutôt des ajustements peu invasifs qui améliorent sensiblement la compétitivité de la Suisse, sans effets secondaires, comme le dumping salarial, le stress de la densité ou une plus grande concurrence pour les emplois.»

Améliorations pour les diplômés

Les conditions-cadres pour les jeunes talents et les start-ups doivent être améliorées sur deux points selon Deloitte. D'une part, les étudiants originaires de pays hors UE ou AELE, et qui ont obtenu au moins un diplôme de master dans une université suisse, devraient bénéficier d’une autorisation de séjour de 3 ans, et pouvoir accepter un emploi sans être soumis à la priorité nationale. Cette mesure permettrait non seulement de renforcer la place économique, mais aussi d'accroître l'attractivité des universités helvétiques.

D'autre part, toujours selon Deloitte, les diplômés des programmes de master dans les matières MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et technologie) de certaines grandes universités internationales devraient être autorisés à chercher un emploi en Suisse. Pour autant qu'ils puissent prouver qu'ils disposent de moyens financiers suffisants, ils devraient pouvoir obtenir une autorisation de séjour d'une durée maximale de trois ans avant même d’avoir été engagés. Cette solution serait particulièrement utile pour les start-ups. Bien qu'elles soient les moteurs de l'innovation, elles ont davantage de mal à remplir les exigences bureaucratiques complexes en lien avec la mobilité internationale.






 
 

AGEFI



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