En pleine tourmente, GAM se sépare de son patron

mardi, 06.11.2018

Les problèmes rencontrés depuis l'été par le gestionnaire d'actifs GAM auront eu raison du directeur général Alexander Friedman.

M. Friedman et le conseil d'administration ont convenu qu'il serait préférable que GAM lance la prochaine étape de son développement sous une nouvelle direction. (keystone)

Le groupe zurichois annonce mardi le départ de son patron, remplacé à titre intérimaire par l'administrateur David Jacob.

M. Friedman et le conseil d'administration ont convenu qu'il serait préférable que GAM lance la prochaine étape de son développement sous une nouvelle direction. "GAM est confronté à d'importantes décisions visant à réorienter la société vers la croissance future", indique le président Hugh Scott-Barrett, cité dans le communiqué.

Le groupe zurichois est en pleine tourmente depuis fin juillet, en raison de la suspension de l'ex-gestionnaire star Tim Haywood suite à des irrégularités constatées dans l'administration des fonds ARBF ("Absolute-Return-Bond"). Un lanceur d'alerte avait mis en lumière ces manquements. GAM a été contraint de liquider les véhicules d'investissement incriminés au prix d'importantes sorties d'argent.

Le conseil d'administration de GAM insiste mardi sur le "soutien total" dont a bénéficié M. Friedman au moment où il a fallu suspendre M. Haywood.

Les chiffres au troisième trimestre ont néanmoins permis de constater l'étendue des dégâts occasionnés par cette affaire. Depuis la suspension de Tim Haywood, la masse sous gestion de GAM a fondu comme neige au soleil, reculant de près de 11% entre juillet et septembre.

Perte de confiance

La liquidation des fonds ARBF, qui a entraîné des reflux de 10,8 milliards de francs, n'est pas l'unique cause de cette dégringolade trimestrielle. Les sorties imputables aux autres véhicules de placement se sont élevées à 5,3 milliards de francs, témoignant d'une perte de confiance de certains clients.

GAM a étalement subi la foudre des investisseurs. Le titre coté à la Bourse suisse présente un recul de plus de 60% depuis le début de l'année et se négocie autour de 6 francs. La valeur de la nominative a été amputée de moitié depuis fin juillet, avec un nouveau plongeon réalisé à fin octobre, au moment de la présentation des chiffres sur neuf mois.

Les indications avant-Bourse de Julius Bär allaient mardi dans le sens d'un net rebond (+7,3%). Le départ du directeur général était apparemment salué par les marchés.

Alexander Friedman était en poste depuis 2014. En attendant la nomination du nouveau directeur général, M. Jacob assurera l'intérim. Membre du conseil d'administration depuis avril 2017, sa priorité "immédiate" sera d'appliquer les mesures nécessaires pour conduire la stratégie et soutenir la rentabilité, précise le groupe zurichois.

De plus amples informations seront communiquées ultérieurement, affirme GAM.(awp)






 
 

AGEFI



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