Le pétrole retrouve des couleurs sur fond de tensions géopolitiques

jeudi, 23.04.2020

Les prix du pétrole étaient en hausse jeudi, dans la lignée de la veille, alimentés par de nouvelles tensions au Moyen-Orient éclipsant un moment la chute de la demande et la quasi saturation des capacités de stockage.

Les cours de l'or noir n'en demeurent pas moins à leurs niveaux les plus bas depuis des années. (Keystone)

Vers 09H50 GMT (11H50 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin gagnait 9,33% à 22,27 dollars par rapport à la clôture de mercredi, au lendemain d'un plus bas depuis juin 1999, sous les 16 dollars.

A New York, le cours de WTI américain pour livraison en juin valait 15,68 dollars le baril, en hausse de 13,79%.

Les cours de l'or noir n'en demeurent pas moins à leurs niveaux les plus bas depuis des années, sous l'effet d'un effondrement de la demande provoqué par le plongeon de l'activité économique dû aux restrictions décidées sur toute la planète pour combattre la pandémie de Covid-19.

Pour soutenir les cours, une des options "consiste à alimenter les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, ce qui fait craindre pour l'approvisionnement en brut", a estimé Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank.

"C'est ce que fait Donald Trump en ce moment", a-t-elle ajouté.
Mercredi, le président américain a affirmé sur Twitter "avoir donné l'ordre à l'US Navy d'abattre et de détruire toute embarcation iranienne qui harcèlerait nos navires en mer".

Le Golfe est une artère majeure pour l'exportation du brut vers les marchés mondiaux, et tout regain de tension a immanquablement un impact haussier sur les cours de l'or noir.
Les investisseurs analysent ce tweet "comme une menace sur la production et les exportations" de cette région du globe riche en pétrole, confirme Bjornar Tonhaugen, de Rystad Energy.

"La tempête n'est pas terminée" pour les prix du brut, prévient de son côté Carlo Alberto De Casa, analyste d'ActivTrades.

"A l'approche de la prochaine échéance de contrat (dans quelques jours pour le Brent et dans un mois pour le WTI, ndlr), il est tout à fait possible que les prix redeviennent négatifs tant les réservoirs sont pleins", a-t-il complété.

Mercredi, l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA) a fait état d'une hausse massive de 15 millions de barils des réserves américaines de brut la semaine dernière.

A Cushing dans l'Oklahoma, où sont stockés les barils servant de référence au WTI, les réserves approchent de leur maximum.(awp)






 
 

AGEFI



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