Le pétrole a atteint son plus bas niveau depuis un an

vendredi, 23.11.2018

Les prix du pétrole continuaient de baisser vendredi en cours d'échanges européens et atteignaient leur plus bas niveau en un an.

Les investisseurs s'inquiétaient d'une surabondance de pétrole sur le marché quelques semaines après la mise en place de nouvelles sanctions américaines contre l'Iran.(keystone)

Dans un marché craignant la surabondance et à deux semaines d'une réunion des pays producteurs qui attire déjà l'attention, le prix du pétrole atteint son plus bas niveau depuis un an.

Vers 11h00, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier valait 60,94 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en repli de 1,66 dollar par rapport à la clôture de jeudi. A 10h40, il est même descendu jusqu'à 60,29 dollars, son plus bas niveau depuis début novembre 2017.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance dévissait pour sa part de 2,39 dollars, à 52,24 dollars, après être tombé à 51,73 dollars dans la matinée, au plus bas aussi depuis plus d'un an.

Les investisseurs s'inquiétaient d'une surabondance de pétrole sur le marché quelques semaines après la mise en place de nouvelles sanctions américaines contre l'Iran marquées de plusieurs exemptions pour le commerce d'or noir.

"Des mouvements de plus de 1% sur le prix du pétrole quotidien sont devenus la norme en cette fin de semaine et la volatilité est élevée depuis début novembre. Cela montre à quel point le marché du pétrole est nerveux", expliquait Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group.

Mercredi, le président américain, Donald Trump, a remercié l'Arabie saoudite pour la baisse du prix du pétrole, au lendemain de son soutien sans faille affiché à Ryad plus d'un mois après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, critique du pouvoir. Après une forte montée des cours jusqu'à leur plus haut niveau en quatre ans en octobre, les prix sont en effet nettement retombés.

Les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis ont d'ailleurs augmenté plus fortement que prévu la semaine dernière, selon les derniers chiffres officiels américains publiés mercredi.

Les yeux se tournent toutefois déjà vers la prochaine réunion des pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), au sein de laquelle l'Arabie saoudite joue un rôle prépondérant. Réunis dans deux semaines à Vienne, les ministres de l'Opep échangeront aussi avec leurs partenaires non-membres du cartel, dont la Russie fait partie, à propos de leurs niveaux de production tant scrutés par les marchés.

"Le ministre de l'Energie saoudien al-Faleh a assuré hier que son pays n'a pas l'intention d'inonder le marché de pétrole", ont expliqué les analystes de Commerzbank. "Ceci laisse penser qu'on pourrait revenir sur la dernière hausse de production décidée par l'Opep par anticipation des sanctions américaines contre l'Iran", ont-ils ajouté.

Le 12 novembre, M. al-Faleh avait d'ailleurs déclaré qu'il faudrait réduire la production mondiale de pétrole d'un million de barils par jour afin d'équilibrer le marché. Mais les experts de Commerzbank se sont demandés si Ryad était complètement libre de ses mouvements, au moment où la position du régime saoudien fragilisée par le meurtre de Jamal Khashoggi dépend particulièrement de ses bonnes relations avec Washington.(awp)






 
 

AGEFI



...