Les prix des œufs de Pâques inchangés

vendredi, 12.04.2019

Les prix du cacao baissent. Depuis mars 2018, on observe une contraction de -10,8%.

Nitesh Shah*

Nitesh Shah

A la même période l’année passée, les prix du chocolat et des confiseries étaient globalement en hausse. Pas étonnant car les prix du cacao avaient atteint des sommets au premier trimestre 2018 (+35%). Depuis mars 2018, on observe une baisse de -10,8% des prix du cacao. Une baisse qui ne sera pourtant pas répercutée sur le prix des œufs de Pâques. 

Bien que le cacao soit un ingrédient clé, il n’est pas le seul à faire varier le prix d’un œuf en chocolat. Les ingrédients en tant que tel ne représentent pas la plus grande partie du coût de production de ce genre de confiseries. C’est au niveau de la commercialisation et de la distribution que se concentrent la plupart des frais.

L’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) prévoit une augmentation de 3,2% de la production en 2018/2019. Toutefois, les données définitives ne sont pas encore disponibles malgré que la saison de production soit quasi-terminée. Les volumes de broyages sont aussi en hausse, ce qui laissera le ratio stocks/broyage à peu près inchangé (37,6%). 

Selon l’ICCO, la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, est sur le point de dépasser son niveau record de production de cacao enregistré lors de la récolte de 2016/2017 (2,020 millions de tonnes). Pourtant, cet exploit n’a pas engendré de baisses significatives des prix du cacao. En février dernier, les attentes du marché quant à l’augmentation potentielle de la production ont été bridées par les inquiétudes au sujet de la hausse des températures et des craintes de survenance d’Harmattan (vents secs du désert) en Afrique de l’Ouest.

Le phénomène météorologique El Niño a toujours eu un impact positif sur les prix du cacao. Alors que nous sommes en pleine saison d’El Niño, la faiblesse actuelle du phénomène a permis à l’Afrique de l’Ouest (la plus grande région productrice de cacao) de ne pas être significativement impactée. La faiblesse du volume de récolte enregistrée à la mi-saison (mai) devrait contenir la volatilité des prix à un niveau plus faible qu’au cours des derniers mois.

* Directeur de recherche, WisdomTree






 
 

AGEFI



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