La Morning Note de Mirabaud Securities

lundi, 09.10.2017

Les principaux indices américains ont fini en ordre dispersé vendredi soir après la publication des chiffres de l’emploi américain. La Morning Note de Mirabaud Securities.

Les principaux indices américains ont fini en ordre dispersé vendredi soir après la publication des chiffres de l’emploi américain (n’hésitez pas à nous demander notre flash spécial) qui d’un côté a fait part de destruction d’emplois pour le mois de septembre 2017 (en grande partie à cause des récents ouragans) et d’un autre d’une importante progression des salaires.

Sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones a progressé de 1,6%, le S&P 500 de 1,2% et le Nasdaq de 1,45%.

La tendance a été (légèrement) freinée par la baisse du prix du baril de pétrole et d’une information indiquant que Pyongyang s'apprêtait à tester un missile à longue portée qui pourrait, selon le régime nord-coréen, atteindre les côtes américaines….

Pour revenir sur les chiffres de l’emploi de vendredi, après la publication de la progression des salaires horaires en septembre, les investisseurs parient maintenant à 80% sur la probabilité d’une hausse de taux en septembre.

La banque Goldman Sachs a suivi la tendance en remontant ses probabilités de 75% à … 80%.

Au niveau des secteurs, 3 des 11 sous-indices du S&P 500 ont fini en légère hausse (médias, consommation discrétionnaire et finance). Ce sont les secteurs des télécoms, de la consommation de base et de l’énergie qui ont le plus souffert.

Du côté des valeurs individuelles, l’ogre (Amazon) a encore fait trembler la cote. Après les livres, le secteur de la distribution et des transport, Amazon.com serait sur le point de faire son entrée sur le secteur des médicaments sur ordonnance. L’information de la chaine CNBC a fait chuter des valeurs telles que Walgreens Boots Alliance (-4,87%), CVS Health (-4,92%) et ESRX (-2.58%).

Costco a quant à lui plongé de 5,97%, accusant le recul le plus prononcé du S&P 500 suite à l'annonce par la chaîne de magasins d'entrepôt indiquant que ses marges avaient baissé en raison de dépenses pour fidéliser ses clients.

Enfin, Chevron a reculé de 1,31% à 117,03 dollars après l'annonce de la fermeture de ses sites de production de gaz naturel et de pétrole dans le golfe du Mexique alors que l'ouragan Nate est attendu durant le week-end.

Concernant les hausses, General Cable a progressé de 5,26% après des rumeurs signalant que le fabricant de câbles aurait reçu des offres de rachat de ses concurrents européens Prysmian, Nexans et NKT.

Au niveau des devises, l'euro repartait légèrement à la hausse face au dollar vendredi, les investisseurs prenant légèrement leurs bénéfices après le bond du billet vert propulsé par un rapport sur l'emploi aux États-Unis témoignant d'une hausse des salaires.

Avant cela, le dollar a brièvement accentué son rebond, pour atteindre de nouveaux plus haut depuis mi-août face à l'euro et depuis un mois face à la livre britannique qui souffrait sous le poids des incertitudes.

Le rendement des bons du Trésor à 10 ans montait à 2,367%, contre 2,347% la veille, et celui à 30 ans progressait à 2,901%, contre 2,888% la veille.

Enfin, les cours du pétrole ont terminé en nette baisse vendredi, le baril coté à New York repassant même sous le seuil des 50 dollars, alors qu'une nouvelle tempête (Nate), s'approchait des côtes américaines du Golfe du Mexique.

Statistiques américaines

Il y avait vendredi plusieurs statistiques économiques importantes, parmi celles-là nous avons relevé.

Progression des stocks, mais.-Quatrième mois consécutif de hausse des stocks de grossistes outre-Atlantique. Le Département du Commerce vient en effet de faire état d'une croissance de 0,9% desdits stocks en août. Cette augmentation fait suite à une précédente de 0,6% en juillet (chiffre non révisé).

Elle est cependant légèrement inférieure à la prévision moyenne des économistes, lesquels tablaient sur +1%.

Ralentissement des crédits à la consommation.-Si les crédits à la consommation aux Etats-Unis ont continué leur progression en août, c’est à un rythme un peu ralenti. En effet, l'encours des crédits à la consommation a augmenté de 13,1 milliards de dollars en août en rythme annualisé, soit une hausse de 4,2%, après avoir avancé de 5,7% en juillet. Le consensus s'attendait à une augmentation plus forte, à 16 milliards de dollars.

Contrairement au mois précédent, la hausse a été portée par celle des crédits dits renouvelables (principalement les cartes de crédit), qui ont fait un bond de 7%. Ils représentent désormais 999,7 milliards de dollars.

Le volume des crédits classiques non-renouvelables (crédits automobiles, prêts étudiants...) qui représentent plus des deux tiers des crédits à la consommation n'a augmenté que de 3,2% pour représenter 2.766,4 milliards de dollars.

Un simple graphique.-Pour revenir sur les chiffres de l’emploi américain de vendredi, nous vous proposons d’observer les variations par « types » d’emplois.

Et si d’autres pays connaissaient une scission ?

On parle beaucoup de la Catalogne et de sa volonté d’indépendance. Si la situation va continuer à faire couler de l’encre ces prochains mois, il ne faut pas oublier que d’autres régions du monde ont des velléités à voler de leurs propres ailes. Analyse et synthèse d’un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur.

Les faits.-Avant même le vote pour l’indépendance de la Catalogne, le président de l’association locale d’entrepreneurs Empresarios de Cataluña affirmait que la volonté de sécession avait déjà fait perdre aux entreprises catalanes 1 milliard d’euros. Rappelons que la région compte 7,5 millions d’habitants et représente un cinquième de l’économie espagnole, soit 1,1 trillion d’euros

La volonté d’indépendance de plusieurs régions commence à prendre de plus en plus d’ampleur et aura des conséquences économiques indéniables. Si ce phénomène n’est toujours pas intégré par les marchés financiers cela pourrait changer très rapidement, ce d’autant plus que la Catalogne n’est pas un cas isolé.

Le sud du Brésil : C’était ce week-end.-Aucun média n’en a parlé, mais le sud du Brésil, composé des régions de Rio Grande do Sul, Santa Catarina et Parana States a voté pour son indépendance ce week-end. Ces votations ont mobilisé près d’un million de personnes issues de 900 des 1'191 villes que compte cette région.

Si le résultat n’est pas encore connu c’est une véritable révolution pour ce pays qui ne fait plus du tout confiance en son gouvernement….

De par ses caractéristiques ethniques et climatiques, l’aspect de certains de ses paysages ainsi que la singularité de son passé au sein du Brésil, le Rio Grande do Sul est parfois qualifié d’Europe brésilienne.

Considéré comme plus développé que le reste du pays, l’état le plus méridional du Brésil est aussi vu, dans l’imaginaire collectif brésilien, comme une région quasi bucolique, où il fait bon vivre et où les relations sociales sont globalement plus apaisées....

La perception des inégalités au sein du Brésil et, en particulier, entre le Rio Grande do Sul et le reste du Brésil se nourrit largement du sentiment de la différence, de l’altérité. Il y a beaucoup de stéréotypes auxquels pensent beaucoup de Brésiliens lorsqu’on leur parle du Rio Grande do Sul.

Rappelons que l’écrasante majorité de la production industrielle brésilienne est concentrée dans la partie du Sudeste du Brésil.

La Lombardie et la Vénitie : Le 22 octobre 2017.-La Vénétie et la Lombardie (qui forment la Padanie) organiseront le 22 octobre prochain un référendum sur leur indépendance. Cette consultation – validée par le conseil constitutionnel italien – a été portée par la Ligue du Nord, parti identitaire local.

Comme la Catalogne (20% du PIB espagnol) les deux régions italiennes représentent un quart du PIB italien et versent chaque année 75 milliards d’euros à l’État (en impôts), ce qu’elles ne supportent plus (elles ne veulent plus payer pour les régions plus pauvres du Sud de l’Italie notamment).

Du résultat de cette consultation naitra ensuite (ou pas) la possibilité pour la Ligue du Nord et pour les organisateurs d’en tirer les fruits, en négociant directement avec le pouvoir central, et cela à quelques mois des élections législatives.

Les îles Féroé : Le 25 avril 2018.-Le gouvernement féroïen a annoncé la tenue d'un nouveau référendum qui se tiendra le 25 avril 2018. De même, la question de savoir si l’archipel devrait adhérer à des organisations supranationales telles que l’Union Européenne, sera soumise aux citoyens par référendum.

L’archipel, qui possède environ 50 000 habitants, est sous contrôle du Danemark depuis 1814 et Copenhague continue de gouverner des domaines tels que la défense, l’application de la loi, la monnaie et les affaires étrangères tandis que les Féroé contrôlent la plupart des politiques intérieures.

Bien qu’elles ne soient pas membres de l’UE, les îles Féroé ont signé un accord de libre-échange avec celle-ci ainsi qu’un accord sur les quotas de pêche. Les projets de réforme constitutionnelle sont en développement depuis des années.

Tous les indicateurs montrent qu’il y a de très fortes chances pour que la voie indépendantiste l’emporte.

L’Ecosse : L’automne 2018.-La conséquence inattendue du Brexit est que l’Écosse veut, du coup, quitter la Grande Bretagne et prévoit d'organiser un nouveau référendum dès l’automne prochaine. Si l’Ecosse a voté en juin 2016 à 62% pour rester dans l’Union le mouvement indépendantiste pense que cette fois-ci ce sera différent. Ce d’autant plus que de récents sondages montrent seulement une très légère avance pour rester au sein du Royaume Uni. L'Écosse représente 8% de l'économie britannique mais, les deux économies sont très liées. Les deux pays sont unis depuis 1707, soit depuis plus de 300 ans.

Le pays basque : En 2018 ?.-De l’activisme basque, on retient surtout les actions de l’ETA. Mais le mouvement nationaliste du Pays basque, à cheval entre la France et l’Espagne, a une longue histoire qui s’appuie sur la singularité de la culture basque et en particulier sa langue.

La communauté autonome du pays basque a depuis 1980, son propre gouvernement et est autonome de l’Espagne fiscalement, ainsi qu’en matière d’enseignement et de police. Peio Etcheverry-Ainchart, représentant des partis indépendantistes basques Aberzaleen Batasuna, Euska Alkartasuna et Sortu, a profité du référendum écossais pour rappeler qu’il jugeait « constitutionnellement anormal que la France soit le seul état d’Europe occidentale à ne reconnaître d’autre identité nationale que l’identité française. »

La Communauté autonome basque fait partie des dix régions dont le niveau d’industrialisation et le niveau de richesse sont les plus élevés d’Europe, aux côtés de la Bavière, du Bade-Wurtemberg, de la Lombardie et de la Haute-Autriche.

La Corse : En 2019 ?.-La Corse a des arguments valables pour réclamer un statut particulier. Géographiquement à l’écart du « continent », l’île de beauté n’est française que depuis 1769. Longtemps sous domination italienne, la Corse n’a connu en tout et pour tout que quatorze années d’indépendance au 18ème siècle. Loin des actes violents qui ont émaillé la relation entre l’Etat français et la Corse, des élus militent aujourd’hui pour la Corse devienne autonome et ait son propre gouvernement, comme sa voisine la Sardaigne.

Les partis politiques nationalistes, dont Corsica Libera mené par Jean-Guy Talamoni, et ceux favorables à l’autonomie, comme Femu a Corsica, pèsent lourd dans la vie politique locale. Rappelons que si au début du siècle le nationalisme pesait 10 à 15% de l’électorat, aujourd’hui c’est près d’un Corse sur 3 qui vote nationaliste….

Conclusion.-Si aujourd’hui les marchés financiers n’intègrent pas du tout ces volontés de scissions, on ne peut nier que c’est un phénomène en forte progression qui va impliquer plusieurs pays ces prochains mois. Les conséquences économiques seront bien évidemment sans commune mesure. On imagine aussi que les agences de notation ne devraient pas rester de marbre et rapidement abaisser la note de certaines régions/pays. 

Les résultats du troisième trimestre

En tentant de trouver les facteurs qui pourraient faire corriger les indices, au-delà des usual suspects il y a le début de la publication des résultats d’entreprises du troisième trimestre 2017. En effet, si les investisseurs tablent sur une progression logique de la performance des sociétés cotées, une série de déceptions pourrait compromettre la progression des indices que nous connaissons actuellement. Analyse et synthèse.

Les faits.-Les entreprises américaines vont officiellement commencer à publier leurs résultats à partir du 11 octobre. Si d’habitude c’était Alcoa qui entamait le début du bal, c’est dorénavant sur BlackRock, Delta Airlines et Fastenal qu’il faudra compter, un jour avant certaines valeurs du secteur bancaire (notamment JP Morgan et Citigroup).

Quelles sont les attentes ?.-Selon la société Factset, le consensus s’attend à plusieurs évolutions importantes pour le résultat des entreprises américaines. Passage en revue.

Croissance des revenus

Pour le troisième trimestre 2017 les estimations de taux de croissance des revenus pour le S&P 500 sont de 4.2%. Huit secteurs devraient annoncer des croissances de revenu pour le trimestre avec en premier lieu le secteur de l’énergie

Révisions de revenus

Au 30 juin 2017, les estimations de croissance des revenus pour le troisième trimestre 2017 étaient de +7.5%.

Neuf secteurs ont aujourd’hui des attentes de croissance moins élevées comparée à cette date à cause des révisions à la baisse des estimations, en particulier au niveau du secteur de l’énergie.

Prévisions de revenus

Pour le troisième trimestre 2017, 76 entreprises du S&P 500 ont issu des prévisions négatives de revenus par actions (EPS) et 42 entreprises ont issu des prévisions positives.

Valorisation

En terme de valorisation, le ratio à 12 mois (forward 12-month) de prix par action (P/E) pour le S&P 500 est de 17.7. Ce ratio est au-dessus de sa moyenne à 5 ans (15.6) et au-dessus de sa moyenne à 10 ans (14.1).

Bilan provisoire

Pour le troisième trimestre 2017, sur les 16 sociétés qui ont déjà publié leurs résultats (malgré le fait que le coup d’envoi officiel est jeudi prochain), 13 ont reporté des surprises positives au niveau de leur EPS et 13 des surprises positives au niveau de leurs ventes.

Cette semaine

Cette semaine, les marchés seront marqués par la publication des résultats du troisième trimestre de Citigroup, JPMorgan, Bank of America et Wells Fargo et par les perspectives économiques mondiales du FMI.

Aujourd’hui nous suivrons avec attention l’évolution des réserves de changes de la banque nationale suisse (septembre).

Demain c’est la balance des comptes courants en Allemagne et en Grande-Bretagne (août) qu’il faudra suivre.

Mercredi nous nous intéresserons aux Minutes de la Fed et au rapport de l’emploi JOLTS aux Etats-Unis.

Jeudi ce sont les PPI au Japon (septembre) qui devraient faire évoluer le Yen. Nous surveillerons aussi l’évolution de l’inflation en France pour le mois de septembre et la production industrielle en zone euro (août). C’est aussi le début officiel de la publication des résultats d’entreprises aux Etats-Unis.

Enfin vendredi nous analyserons les chiffres des imports/exports en Chine (septembre) et les chiffres de l’inflation en Allemagne, en Italie et aux Etats-Unis (septembre).

Les indices européens devraient ouvrir en légère hausse, toujours pas préoccupés par les regains de tension en Catalogne et en Corée du Nord. Les investisseurs pourraient cependant commencer à s’interroger sur le manque de correction des marchés et sur le manque de volatilité.

Marchés asiatiques

Les indices asiatiques sont pour la plupart en hausse et les indices chinois rattrapent leur retard après une semaine de Golden Week. La tendance aurait cependant pu être un peu plus tendue puisque l’on a appris connaissance d’un ralentissement de la croissance des services en Chine en septembre, au plus bas de 21 mois. En détail, l'indice PMI des services s'établit à 50,6 en septembre sur une base ajustée des variations saisonnières, contre 52,7 en août. Le secteur des services a progressé à son rythme le plus faible depuis décembre 2015.


 

 
 

 
 

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