La Morning note de Mirabaud Securities

mardi, 08.08.2017

Les principaux indices américains ont fini en légère hausse hier dans un calme assez impressionnant (plus faible volume de l’année). Le Dow Jones a néanmoins inscrit un 9ème record consécutif (10ème séance de hausse sans interruption). La Morning note de Mirabaud Securities.

La tendance a été tirée par les valeurs technologiques et le secteur des biens de consommation. La baisse de la volatilité y est aussi pour beaucoup (VIX sous les 10)

 

 

Le S&P 500 a finalement réussi à clôturer au-dessus du niveau des 2'480 points après avoir navigué pendant 14 séances entre 2'470 et 2'478. Cela reste néanmoins la plus faible volatilité constatée sur l’indice depuis la création de celui-ci….

 

 

Au niveau des secteurs, porté par la progression de près de 1% du titre Wal-Mart Stores, l'indice regroupant les valeurs liées aux biens de consommation de base a gagné 0,72%, signant la meilleure performance sectorielle du jour. Juste derrière, grâce notamment à la hausse de 1,55% de l'action Apple - hausse la plus prononcée Dow Jones - on trouve le secteur technologique (+0,59%), dont la progression depuis le début de l'année dépasse désormais les 23%, soit la meilleure performance sur la période.

 

 

Au niveau des valeurs individuelles, notons le recul de 2,44% de l'action United Technologies, qui a pâti d'informations disant que le conglomérat industriel avait soumis une offre pour le rachat de l'équipementier aéronautique américain Rockwell Collins, qui a lui finit sur un bond de 6,78%. Du côté des hauses, notons Incyte +2,6%, Apple +1,5%, AMD +2,4%, Illumina et incyte +2,6%, Applied Materials +2,7%, Nvidia +3%, Tyson Food +5,7%.

 

 

Concernant les publications des résultats d’entreprises, les analystes anticipent que le bénéfice des sociétés qui font partie du S&P 500 ont augmenté en moyenne de 12% sur les trois mois à fin juin et ils voient une progression de 9,3% sur le trimestre en cours.


 

L’Or a réussi à rebondir sur sa moyenne mobile des 100 jours et a terminé sans réelle tendance.

 

 

Le rendement des bons du Trésor à 10 ans s'affichait à 2,254%, contre 2,262% vendredi soir et celui des bons à 30 ans à 2,835%, contre 2,842%.

 

Les cours du pétrole ont terminé en baisse de près de 0,4% hier soir sur le marché new-yorkais Nymex, sous le coup de l'annonce d'un rebond de la production du plus important champ pétrolier libyen, un élément qui vient raviver les craintes concernant le déséquilibre persistant entre l'offre et la demande.

 

 

Concernant les déclarations des membres de la réserve fédérale américaine (Fed), signalons que James Bullard, président de la Fed de Saint-Louis a indiqué que l’institution américaine pouvait laisser ses taux directeurs en l'état pour le moment parce que l'inflation n'augmenterait sans doute pas beaucoup plus en dépit d'un marché de l'emploi toujours plus dynamique. Le dollar s’est affaibli sur la déclaration puis s’est stabilisé.

 

 

Finalement, inquiétant de constater que selon un sondage publié par l’université d’Yale, 100% des institutionnels et 99% des investisseurs individuels s’attendent à ce que les indices soient plus élevés à la fin de l’année qu’aujourd’hui ….

 

 

 

Statistiques américaines

 

 

Il y avait hier une statistique économique importante, voici ce que nous avons relevé.

 

 

·        (Faible) hausse des crédits à la consommation

 

Selon les chiffres de la Fed, les crédits à la consommation aux Etats-Unis ont augmenté de 3,9% en juin. En détail, l'encours des crédits à la consommation s'est élevé à 3’855,8 milliards de dollars, marquant une hausse de 3,9%. Cela représente une progression de 12,4 milliards de dollars sur un mois alors que le consensus tablait plutôt sur 16,2 milliards.

 

 

La Fed a en outre légèrement révisé l'encours des crédits du mois de mai, à 3’843,4 milliards contre 3’842,6 milliards annoncé précédemment (+800 millions).

 

En juin, les crédits dits renouvelables (principalement les cartes de crédit) ont progressé de 4,9% à 1’021,7 milliards, moins vite que lors du mois précédent (+8,2%).

 

 

 

Enfin, les crédits classiques non-renouvelables (crédits automobiles, prêts étudiants...), qui représentent plus des deux tiers des crédits à la consommation, ont quant à eux avancé de 3,5% pour représenter 2’834,1 milliards de dollars.

 

 

Ces chiffres commencent à être extrêmement inquiétant car les prêts étudiants (1'450 milliards - dont nous vous parlons souvent) ainsi que les prêts automobiles (1'131 milliards) n’ont jamais été aussi élevés (record historique).

 

 

 

Les valeurs minières en forte hausse

 

 

Le secteur des ressources de base a poursuivi sa hausse en bourse hier et signé la meilleure performance du Stoxx 600 qui a fini quasiment stable.

 

 

Les groupes miniers comme BHP Billiton, Centamin, ArcelorMittal, Fresnillo et Anglo American ont fortement progressé soutenus par la hausse des cours des métaux dans un marché par ailleurs très calme.

 

 

L'indice sectoriel des ressources de base, porté par la hausse des cours mais également des réductions de coûts, la baisse du dollar et d’un nouvel espoir de mesures de relance budgétaire aux Etats-Unis, est maintenant passé devant l’Euro Stoxx 600 après avoir connu un début d’année très difficile (-5.5% en juin pour l’indice Stoxx 600 Basic Ressources).

 

 

Le prix du minerai de fer notamment a encore augmenté et monte maintenant de plus de 19% depuis les plus bas de juin 2017 après avoir progressé de près de 170% en 2016, soutenu notamment par des anticipations de mesures de relance en Chine. Que dire du lithium qui poursuit sa folle hausse.

 

 

Le cuivre quant à lui progresse aussi fortement depuis le début de l’année (+16%) et n’en finit plus de battre des records (annuels).

 

 

 

Il y a de nouveau un fort sentiment d'optimisme quant aux perspectives pour les métaux industriels en 2017 et en 2018.

 

 

La récente hausse des cours pétroliers dans la perspective d'une réduction de la production de l'Opep et des autres pays producteurs a également profité aux ressources de base.

 

 

Tout comme le fret…

 

 

Nous vous en parlons presque chaque semaine, mais le prix des transports maritimes est souvent un bon indicateur avancé de l’activité économique mondiale (tout comme les métaux dont nous venons de parler). Et les chiffres sont au rebond pour le fret sec !

 

 

Le Baltic Dry Index (minerais, charbon, métaux, céréales, etc.) a fini vendredi à 1’032 points, contre 933 points une semaine auparavant aidés par un resserrement de l'offre de navires dans le bassin Atlantique. C’est son plus haut niveau depuis mai 2017.

 

 

Le Baltic Panamax Index (céréales) emprunté par des navires de la catégorie «Panamax», a terminé en hausse vendredi à son plus haut de deux semaines.

 

 

Le Baltic Capesize Index 2014 (BCI 2014) a cependant terminé de son côté la semaine à 1’637 points, soit un plus haut de deux mois, contre 1’139 points une semaine auparavant.

 

 

C’est cependant du côté des frets pétroliers que cela se tend.

 

 

En effet, l'indice Baltic Dirty Tanker Index (pétrole brut et de fioul lourd), a fini vendredi à 556 points contre 544 la semaine précédente. L’indice a atteint lundi son plus bas niveau depuis plus d'un mois.

 

 

Finalement, le Baltic Clean Tanker Index (essence, gaz liquéfié, fioul de chauffage, etc.), a terminé quant à lui à 619 points vendredi, à son plus bas niveau depuis … 10 mois ( !), contre 640 points une semaine auparavant.

 

La confiance serait-elle de retour en Chine ?

 

 

Un bon baromètre pour vérifier la stabilité économique de la Chine est d’analyser les réserves de devises du pays. Après deux années de déclin, ces dernières ont de nouveaux progressé en juillet en s’affichant en hausse pour le sixième mois consécutif.

 

 

En détail, les réserves de change de la Chine ont augmenté de 23,9 milliards de dollars le mois dernier pour se hisser fin juillet à 3’081 milliards de dollars. Rappelons que les réserves de devises chinoises étaient tombées en janvier sous le seuil jugé critique de 3’000 milliards de dollars pour la première fois en six ans. Globalement ces réserves sont les plus importantes du monde.

 

 

 

 

La poursuite de la hausse est surtout à mettre sur le compte de trois facteurs importants :

 

 

·        La hausse du Yuan (après les craintes de dépréciation)

 

·        De meilleures perspectives économiques (après le rehaussement de la croissance par le FMI par exemple).

 

·        La baisse du dollar (qui mathématiquement fait progresser la valeur des actifs en devises étrangères (euro notamment))

 

 

Ces facteurs expliquent, entre autres, pourquoi la banque centrale chinoise (PBOC) n’a pas eu à intervenir sur le marché des changes le mois dernier.

 

 

Cependant selon les calculs de la banque américaines Goldman Sachs, les sorties de capitaux seraient « mystérieusement » en train de s’accélérer….

 

 

 

En fait, le pays n’aurait plus, toujours selon les calculs de la banque, connu un seul mois de rentrée de capitaux depuis mi-2015 (date de la dévaluation du Yuan)….

 

 

Les affaires se corseraient au niveau des dépenses des chinois à l’extérieur du pays. On apprend en effet qu’elles auraient progressé fortement au mois de juin (+47% en comparaison à 2016) pour atteindre 29 milliards de dollars….

 

 

 

Difficile donc d’interpréter les chiffres des réserves de devises….

 

Nous aurait-on (à nouveau) menti ?

 

 

C’est une histoire qui peut faire sourire mais qui pourrait potentiellement apporter (enfin) de la volatilité aux indices européens : Le gouvernement grec ne serait pas en mesure de donner le pouls de son économie !

 

 

À peine croyable, c’est pourtant l’information qui vient de filtrer dans les agences de presse.

 

Analyse d’une situation ubuesque.

 

Les faits.- L'Autorité grecque des statistiques (Elstat), a suspendu jusqu'à nouvel ordre la publication de ses premières estimations des évolutions trimestrielles du PIB, n’arrivant plus à calculer la croissance. Suite à cette décision, l'Autorité ne rendra pas publique comme prévu le 14 août sa première estimation pour le deuxième trimestre. Cette suspension de la publication des premières estimations, établies sous 45 jours après la fin du trimestre concerné, est en vigueur jusqu'à nouvel ordre.

 

 Tentative de justification.- Si un communiqué d’Eurostat devrait remplacer « momentanément » celui d’Elstat, l’institut grec de statistiques explique réagir aux fortes variations constatées au quatrième trimestre 2016 et au premier trimestre de 2017 entre les premières estimations puis les données provisoires et révisées. La prochaine projection ne devrait donc être que « provisoire ».

Pas assez de données ! .- L'Elstat ne disposerait pas de données suffisantes pour dévoiler la croissance de l'économie grecque dans un délai de 45 jours. Les données provisoires sont, elles, établies sous 60 jours.

 

Pour mémoire, pour le premier trimestre 2017, Elstat avait d'abord annoncé une contraction de 0,1% du PIB, avant de faire état d'une croissance de 0,4% par rapport au trimestre précédent.

 

 

 

Enfin, pour fin 2016, la chute du PIB avait d'abord été estimée à 0,4%, avant une révision à -1,2%...

 

 

Un parfum de reviens-y ?.- Il est de notoriété publique que les anciens dirigeants grecs ont maquillé leurs comptes publics pour entrer dans l'euro, en 2001. Puis sur les conseils d’une banque américaine ils ont dissimulé des emprunts via des opérations financières risquées, qui ont tourné au fiasco pour le petit État.

 

 

 

La Grèce est entré dans la zone euro le 1er janvier 2001 avec les félicitations du jury pour ses efforts en matière de comptes publics. Le pays avait vu chuter son déficit public de 10% en 1995 à 1,6% en 1999 ! La Grèce affichait ensuite des déficits exemplaires, de moins de 2% entre 2000 et 2004. Sauf que la réalité avait été quelque peu « dissimulée ».

 

 

À la fin de l'été 2004 suite à un audit sur les comptes publics, on apprit que les déficits publics grecs (en tenant compte de lourdes dépenses militaires et sociales qui avaient été « déplacées » dans la dette) avaient en fait atteint 4.1% en 2000, 3.7% en 2001 et 2002, 4.6% en 2003 et allaient vers 5.3% en 2004 !

 

 

 

A y voir de plus près, les observateurs constatèrent que la Grèce avait aussi modifié la réalité lors de sa période de recrutement dans la zone euro (les déficits s'étaient en fait enfoncés de 6.4% en 1997, 4.1% en 1998 et 3.4% en 1999). Ainsi, la Grèce n'avait jamais respecté les critères européens.

 

Sous la tutelle de ses créanciers, la Grèce avait alors dû réviser drastiquement (vraiment ?) ses méthodes statistiques.

 

 

Conclusion.- Il est bien trop tôt pour (à nouveau) crier à la félonie, cependant on peut s’attendre à avoir de nombreuses surprises concernant la croissance économique grecque ces prochains mois ….

 

 

Aujourd’hui

 

 

Aujourd’hui, après la balance commerciale chinoise qui vient d’être publiée c’est l’allemande qui sera à l’honneur (juillet). On n’oubliera cependant pas de relever la statistique préférée de Janet Yellen concernant l’emploi américain à 16h00 (Jolts).

 

 

Les indices européens devraient ouvrir sans tendance ce matin dans le sillage du calme régnant sur les indices américains et ceci malgré un 9ème record consécutif pour le Dow Jones.

 

 

Secteurs attendus en hausse à l’ouverture : Consommation de base, technologique

 

Secteurs attendus en baisse à l’ouverture : Energie

 

 


 

 
 

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