La Morning note de Mirabaud Securities

lundi, 04.09.2017

Les principaux indices américains ont fini de manière mitigée vendredi soir avant un long week-end de 3 jours (aujourd’hui étant férié aux Etats-Unis) après la publication de chiffres de l‘emploi largement en-dessous des attentes. La Morning note de Mirabaud Securities.

Rappelons (n’hésitez pas à nous demander notre Flash Spécial) que selon les chiffres du département du Travail, les créations d'emplois ont légèrement baissé aux Etats-Unis en août à 156.000 et le taux de chômage a augmenté à 4,4%.

Le salaire horaire moyen quant à lui est monté à 26,39 dollars contre 26,36 dollars en juillet, soit une hausse de seulement 0,1%.

Sur la semaine, le Nasdaq a connu sa meilleure performance depuis décembre 2016 (+2.75%), le S&P 500 sa meilleure semaine depuis 4 mois (+1.5%) et l’Or sa meilleure semaine depuis avril 2016 (+2.6%).

Au niveau des secteurs, alors que le cyclone Harvey s'éloignait, le secteur de l'énergie et des matériaux de construction ont été privilégiés tandis que les utilities -plus défensives- ont subi des prises de bénéfices.

A noter également la bonne tenue du secteur automobile.

Au niveau des valeurs individuelles, la séance était aussi marquée par l'arrivée sur le New York Stock Exchange de l'action DowDupont après la finalisation de la fusion annoncée en décembre 2015 entre les groupes Dow Chemical et DuPont. Sous le symbole DWDP, elle a pris 0,50%.

Lululemon Athletica est monté de 7,37% après des résultats trimestriels meilleurs que prévu. Le groupe a également relevé ses prévisions annuelles.

Palo Alto Networks profitait aussi de résultats trimestriels dépassant les attentes (+11,28%).

Les constructeurs automobiles Ford et GM qui diffusaient leurs chiffres sur les ventes de voitures en août aux Etats-Unis, ont pris respectivement 2,54% et 2,49%.

GM a vendu 275’552 voitures, soit beaucoup plus que ce à quoi s'attendaient les analystes du site spécialisé Edmunds.com (261’183). Ford a subi une érosion de 2,1% de ses ventes à 209’897 voitures, toutefois au-dessus des attentes (208’231 unités).

Sur le marché des changes, le dollar a finalement progressé face à un panier de devises, après une première réaction à la baisse, les investisseurs estimant là aussi que le rapport sur l'emploi était suffisamment correct pour permettre une nouvelle hausse des taux de la Fed cette année.

Les cours du pétrole ont fini sur une note mitigée à New York et l'essence a reculé pour la première fois depuis la tempête Harvey, grâce à la reprise de certaines raffineries sur la côte américaine du Golfe du Mexique.

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans s'est affiché à 2,140% contre 2,117% la veille et celui des bons à 30 ans à 2,753% contre 2,726% la veille.

Statistiques américaines

 

Il y avait vendredi plusieurs statistiques économiques importantes, parmi ceux-là nous avons relevé.

Emploi, précision.-Si nous avons eu l’occasion de d’analyser les chiffres de l’emploi américain nous tenions cependant à y apporter quelques précisions concernant l’évolution des secteurs lors du mois d’août 2017.

 

 

 

Une confiance pas réellement retrouvée ?.-Le moral des ménages américains s'est amélioré en août par rapport au mois de juillet, les consommateurs restant optimistes par rapport à leurs conditions financières personnelles, mais cette confiance n'est finalement pas aussi forte que ce qui avait été initialement estimé par l'Université du Michigan. Les résultats définitifs de l'enquête mensuelle établissant son indice de confiance a atteint 96,8 le mois dernier contre 93,4 en juillet. Le sous-indice mesurant le jugement des ménages sur leur situation actuelle s'est finalement établi à 110,9 (111,0 en première estimation) en août contre 113,4 le mois précédent. Celui des anticipations des consommateurs a progressé à 87,7 (89,0 en première estimation) contre 80,5 en juillet.

 

Les flux

 

 

Selon la très intéressante étude hebdomadaire de la banque America Merrill Lynch, les fonds d'investissement collectifs en actions européennes ont subi leurs plus importants rachats hebdomadaires en six mois sur la semaine au 30 août mais ceux dédiés aux actions américaines ont enregistré leurs premières entrées nettes en onze semaines.

Les trois grandes classes d'actifs - actions, obligations et métaux précieux - ont enregistré des souscriptions nettes sur la période même si les flux se sont plus dirigés sur l'obligataire (+8,1 milliards de dollars et une vingt-quatrième semaine consécutive d'entrées nettes) que sur les actions (+1,7 milliard de dollars et une collecte nette sur 11 des douze dernières semaines).

Les fonds investis en métaux précieux, principalement l'or, ont enregistré une troisième semaine consécutive d'entrées nettes (+300 millions de dollars) dans un contexte de regain des tensions géopolitiques. Les actifs émergents ont continué à bénéficier de la faveur des investisseurs avec des entrées nettes de 1,3 milliard de dollars pour ceux dédiés à la dette, avec une collecte nette sur 30 des 31 dernières semaines et des souscriptions de 2,3 milliards de dollars sur les actions, le montant le plus élevé en six semaines.

Les fonds spécialisés sur les actions européennes ont subi des rachats à hauteur de 1,4 milliard de dollars tandis que ceux dédiés aux actions japonaises ont bénéficié d'une septième semaine consécutive d'entrées nettes, quoique pour un très faible montant (100 millions de dollars).

Enfin, les fonds en actions américaines ont interrompu leur plus longue phase de décollecte en 13 ans et une hémorragie qui leur avait vu perdre 30 milliards de dollars entre la fin juin et le 23 août. Ils ont bénéficié d'entrées nettes à hauteur de 300 millions de dollars sur la période.

 

SPECIAL CHINE

La nouvelle route de la soie

La Chine est aujourd’hui à la croisée des chemins. La récente embellie de la conjoncture se paie au prix fort d'une aggravation des risques financiers et d'un endettement accru. Faut-il continuer à investir (et donc s’endetter) ou parier sur la consommation domestique qui peine à décoller. Choix cornélien pour un pays qui se verrait bien supplanter les Etats-Unis en tant que première économie mondiale.

 

 

La réponse se trouve peut-être dans la nouvelle mouture d’un projet pharaonique : La nouvelle route de la soie. Analyse et synthèse.

Un modèle économique qui tente de se réinventer.-En 2015 nous écrivions que la Chine avait perdu son modèle de croissance. Avec la forte hausse du coût du travail, la Chine ne pouvait plus utiliser son modèle traditionnel de croissance : produire et exporter des biens de prix faible fabriqués avec une main d’œuvre bon marché. On observait alors un important freinage de la production industrielle et le recul des exportations alors que l’industrie et les exportations étaient jusqu’en 2010 le moteur de la croissance chinoise. Le relais de la croissance par la construction était aussi en train de disparaître, avec l’excès de construction déjà réalisé. La production de ciment par exemple avait reculé en Chine de presque 10% en un an. Il restait à la Chine à devenir une économie de services ce qui était une transformation difficile à réaliser et coûteuse en croissance.

Aujourd’hui, avec notamment la nouvelle route de la soie, Pékin prend le choix de jouer sur tous les tableaux : Développement de l’économie de services et investissement dans de nouvelles infrastructures….

Les faits.-La Chine a décidé de ressusciter l’antique Route de la soie, un immense réseau de voies commerciales qui permettait jadis à l’empire du Milieu de commercer avec l’Europe via l’Asie centrale. Grâce à l’OBOR (« One Belt, One Road »), 1'000 milliards de dollars d’investissements déjà promis dans des projets autoroutiers, énergétiques, ferroviaires et portuaires plusieurs trillions encore à investir, la Chine cherche à tisser des relations privilégiées avec l’Eurasie, l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient ainsi que l’Asie du Sud et du Sud-Est. Le projet est titanesque. Il englobe 68 pays représentant 4,4 milliards d’habitants et 40 % du PIB mondial. Parmi les projets géants de cette nouvelle Route de la soie une ligne ferroviaire reliant Londres à l’est de la Chine et une route maritime connectant l’Asie du Sud-Est à l’Afrique du Nord. Un premier sommet sur la nouvelle route de la soie a pris part fin mai à Pékin et a été signé par 30 pays. 29 chef d’Etat et de gouvernements y ont pris part. La Chine a annoncé à l’issu du sommet que 270 accords de coopération avaient été signé.

 

L’influence grandissante de la Chine.-On le comprend bien, si ce projet sans commune mesure englobe plusieurs pays, il va surtout permettre à la Chine de faire progresser son influence grandissante et d’étendre son pouvoir à l’Est de l’Europe. L’Inde et le Japon l’ont d’ailleurs très vite compris puisque les deux pays ont décidé de construire leur propre grande muraille en réponse à l’OBOR. Rappelons que ces deux pays déjà liés par une coopération importante s’embarquent dans des projets de construction d’infrastructure en Afrique, en Iran, au Sri Lanka et en Asie du Sud-Est dans le but de contrebalancer l’influence chinoise grandissante en Asie selon les propres dires du premier ministre Narendra Modi.

Une volonté d’utiliser ses devises.-Les objectifs géopolitiques offrent également un débouché à une autre conséquence du développement économique chinois: la constitution d’immenses réserves de devises. Certains pensent qu’il n’est pas intéressant d’un point de vue stratégique ou économique de conserver ces réserves. Les responsables politiques chinois auraient donc cherché un moyen productif de les utiliser en servant des intérêts géopolitiques plus larges. Les investir dans l’OBOR serait une manière de faire bon usage de cette charge monétaire croissante tout en renforçant la place de la Chine comme acteur majeur sur la scène internationale.

Un pari risqué mais gagnant.-Économiquement, le projet de la nouvelle route de la soie peut réussir car la croissance mondiale est tirée par la demande des pays en voie de développement à forte démographie à laquelle peut justement répondre cette politique d’infrastructures de la Chine. Il est cependant risqué car il va déboucher sur une hausse sans commune mesure de l’endettement chinois.

 

 

D’où viendra le financement ?.-Selon les analystes du CSS (ETH Zurich), le financement de l’OBOR devrait se faire de plusieurs manières.

·Un fonds de la route de la soie (environ 40 milliards de dollars) spécifiquement créé pour financer les projets de l’OBOR et adoubé par diverses institutions nationales chinoises (à l’aide des réserves de devises constituées).

 

·Prêts de banques stratégiques chinoises (la Banque chinoise de développement, la Banque chinoise d’import-export (prêt de 80 milliards de dollars en 2015), la Banque chinoise de développement agricole.

 

·La Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) (environ 100 milliards de dollars). Créée comme une banque multilatérale de développement (BMD) complémentaire parallèle à la Banque mondiale, en particulier pour le financement de projets d’infrastructure en Asie. Constitué de 37 membres régionaux et 20 non régionaux dont la Suisse, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni. La Chine apportera 30 milliards de dollars le reste provenant des autres membres.

 

·La Nouvelle banque de développement des BRICS (environ 100 milliards de dollars) créée pour financer des projets d’infrastructure dans les pays en développement. Chaque État membre (5) a souscrit une part égale de 50 milliards.

·Investissements des gouvernements et des banques des provinces chinoises

 

Les appels à la prudence sont restés vains.-C’est tout d’abord l’agence de notation Moody’s qui a tiré la sonnette d’alarme en mai dernier en dégradant la note du géant asiatique de A3 à A1 avec une perspective stable.

En cause : la solidité financière de la Chine devrait quelque peu s'éroder au cours des années qui viennent, le volume total de la dette continuant à grossir tandis que le potentiel de croissance ralentirait.

Selon l’agence, les réformes prévues par le régime communiste pour combattre les risques financiers pourraient ralentir mais pas empêcher une augmentation de la dette du pays….

 

 

 

 

Le Fond Monétaire International (FMI) quant à lui vient de recommander à Pékin d'engager des réformes dès à présent, afin d'éviter un recours futur à des ajustements brutaux. L’institution dirigée par Christine Lagarde a averti que l'embellie de la conjoncture en Chine n'était obtenue qu'au prix d'un endettement accru et d'une aggravation des risques financiers à moyen terme, une trajectoire dangereuse.

Le FMI, exhortant Pékin à accélérer le rééquilibrage de son économie vers un modèle de croissance plus durable. Selon le Fond, la dette totale, hors secteur financier, pourrait dépasser 290% du PIB d'ici 2022 contre environ 235% en 2016.

Enfin, le rapport du FMI recommande à Pékin de cesser de mettre l'accent sur des objectifs de croissance quantitatifs et irrévocables mais surtout d'accélérer ses réformes pour renforcer le rôle des forces de marché.

Et la Suisse alors ?!.-Seul pays d’Europe continentale à avoir conclu un accord de libre-échange (ALE) avec la Chine, la Suisse occupe une position stratégique importante dans le dialogue entre l’UE et la Chine à propos du développement de l’OBOR.

Pékin espère que l’exemple de l’ALE entre la Chine et la Suisse conduira à long terme à un accord similaire avec l’Union Européenne (UE). En outre, la Suisse s’établit rapidement sur la scène internationale comme une grande « plateforme du renminbi (RMB) à l’étranger ».

Elle pourrait ainsi jouer un rôle facilitateur majeur pour les transactions économiques en Yen associées à l’OBOR entre la Chine et les autres pays d’Europe. Par conséquent, la Suisse constitue un pont à la fois symbolique et financier entre la Chine et l’UE et est donc bien placée pour influer sur certains aspects de l’OBOR en Europe.

Conclusion

La nouvelle route de la soie aura des implications multiples : Economiques bien évidemment, politiques, géopolitiques et financières (au niveau de l’accroissement de la dette chinoise).

Ce que l’on retient cependant c’est que la Chine est proactive en pariant tant sur la consommation domestique que sur des projets d’infrastructures pharaoniques (quel que soit le risque d’endettement). Le pari est risqué, mais tout compte fait gagnant….

Le 19ème Congrès du parti communiste

En octobre prochain, le 19ème Congrès du Parti Communiste Chinois marquera la fin du premier mandat de Xi Jinping à la tête du régime. Si la presse occidentale n’en parle pas du tout c’est cependant un évènement historique et extrêmement important pour l’avenir politique et surtout économique de la Chine. Tout changement à la tête du régime pourrait amputer les projets pharaoniques en cours (voir point 4). Analyse et synthèse

 

 

 

 

Les faits.-Le mois prochain se déroulera le 19ème congrès du parti communiste à Pekin. Cinq des sept membres du Politburo devront y être réélus. Il y a cinq ans, le congrès précédent avait vu la réélection de Xi Jinping et la mise en chantier d’un plan de réforme ambitieux. Ce congrès sera sans nul doute l’occasion pour le parti de se prononcer sur les prévisions de croissance et la politique de réforme.

L’histoire.-Le premier congrès du parti communiste chinois (PCC) en juillet 1921 est connu pour être le véritable début d’une nouvelle ère qui permit à la Chine de se relever de l’occupation et des humiliations que lui avaient imposées les puissances étrangères depuis la première guerre de l’Opium en 1840.

Le dernier congrès (le 18ème donc) s’était donné pour objectif de poursuivre le processus d’institutionnalisation du Parti engagé depuis l’époque de Deng Xiaoping.

Xi Jinping a préparé le terrain.-En octobre 2016, le Parti communiste chinois (PCC) a accordé à son secrétaire général, le président Xi Jinping un « rôle central » (ce qui veut dire la suprématie du leader) lors de la réunion du parti à Pékin. Le dirigeant a acquis le même statut que certains de ses prédécesseurs comme Mao Zedong (1943-1976) ou Deng Xiaoping (1978-1992). Notons que Hu Jintao (2002-2012) n’avait, lui, pas obtenu ce titre.

Si le titre de « rôle central » accordé par les 350 officiels du parti a une portée symbolique, cette annonce pourrait signifier que Xi Jinping voudrait rester au-delà de 2022, date de fin de son mandat de président. Ceci mettrait à mal le principe d’organisation politique collégiale du Parti depuis la mort de Mao en 1976. Rappelons que Deng Xiaoping, successeur de Mao, avait obtenu que la fonction de numéro un du Parti et de l’Etat soit limitée à deux mandats de cinq ans et que la direction devienne collégiale et non plus concentrée entre les mains d’un seul homme. Cela serait donc une rupture totale depuis 40 ans.


Chasse à la corruption.-Depuis son arrivée au pouvoir en 2013, le leader chinois à fait de la chasse à la corruption une véritable « marque de fabrique ». Si officiellement c’est pour « démocratiser » le gouvernement et arrêter des pratiques « culturelles » (on songe notamment aux nombreux cadeaux offerts tout au long de l’année aux instances politiques pour décrocher des contrats), on comprend bien que le but est d’éliminer les principaux concurrents au sein du PCC, renforçant ainsi sa mainmise sur les organes clés du pouvoir en Chine. Selon la communication officielle, plus d’un million de représentants du PCC auraient fait l’objet d’enquête pour corruption depuis que Xi Jinping est arrivé au pouvoir en 2013. 42 officiels auraient été condamnés par les instances du parti. On imagine que ces chiffres sont sous-estimés.

Dernier évènement en date, l’agence Chine nouvelle a annoncé, le 24juillet, l’ouverture d’une enquête pour « grave violation de la discipline » à l’encontre de Sun Zhengcai, signant la chute du secrétaire du Parti communiste de Chongqing, énorme métropole en pleine expansion mais aussi d’où sortent souvent les nouveaux politiciens à fortes ambitions. M. Sun (53 ans) comptait parmi les 25 membres du puissant politburo, dont il devrait être exclu. Après avoir été nommé ministre de l’agriculture (2006) puis avoir pris la tête de la province du Jilin (2009), dans l’extrême nord-est du pays, il avait été promu en 2012 dans ce centre urbain considéré comme un poste-clé de l’ouest chinois. Chongqing. Sans surprise, c’est un protégé de Xi Jinping qui a pris sa place.

Les enjeux

Les enjeux sont multiples comme on a pu le voir mais cependant plusieurs points cruciaux devraient en ressortir. Tout d’abord, Xi Jinping devra rivaliser avec ses concurrents pour placer ses alliés aux postes stratégiques dans les instances de direction. Il sera donc intéressant de connaitre la composition du prochain bureau politique (dont onze des actuels 25 membres doivent partir à la retraite) et de son comité permanent (cinq des membres en dehors de Xi Jinping, 63 ans et de son premier ministre Li Keqiang sont appelés à prendre leur retraite).

Ensuite il devra tenter d’assoir son pouvoir pour pouvoir rester au-delà de 2022. Le PCC devra entériner des décisions qui ont déjà été prises d’une manière ou d’une autre au cours de réunions tout à fait informelles. Il faut également empêcher la fracture sociale : les dynasties en Chine s’effondrent systématiquement quand il y a une perte de solidarité à l’intérieur du pays. Or, à l’heure actuelle, la solidarité est en train de disparaître à l’intérieur du pays. Il y a une petite classe qui est riche, voire même très riche, et tout le reste du pays ne bénéficie pas du tout des richesses de la même manière. Il y a bien une classe intermédiaire mais elle est trop peu importante.

La question.-C’est la question essentielle du 19e congrès : est-ce qu’un successeur se distinguera ce prochain mois comme ce fut le cas dix ans plus tôt lorsque Xi Jinping fut nommé à la vice-présidence et promis ainsi à la tête de l’Etat et du Parti….

Conclusion.-Il est faux de minimiser les enjeux du 19ème Congrès du parti communiste chinois. En effet, les questions sont multiples et l’avenir économique du pays pour les 5 prochaines années (au moins) va réellement se jouer dans le mois prochain. À surveiller de très près donc.

Cette semaine

Aujourd’hui, nous surveillerons avec attention l’inflation (PPI de juillet) en zone euro. Rappelons que les marchés américains seront fermés.

Demain nous analyserons les PMI des services au Japon et en zone euro, les ventes au détail en zone euro (juillet) la réunion de la banque centrale australienne, la croissance suisse (2ème trimestre) et finalement les commandes d’usines aux Etats-Unis (juillet).

Mercredi c’est la croissance en Australie (2ème trimestre) et les ISM (août) aux Etats-Unis qui devraient faire bouger les indices.

Jeudi, c’est bien évidemment la réunion de la BCE qui tiendra en haleine les investisseurs ainsi que la croissance en zone euro (2ème trimestre).

Enfin, vendredi, nous surveillerons les chiffres des importations et des exportations en Chine et en Allemagne, la production industrielle en Grande-Bretagne et les crédits à la consommation aux Etats-Unis.

Les indices européens devraient ouvrir en baisse ce matin après l’essai nucléaire nord-coréen du week-end et de nouvelles menaces américaines à l’encontre de Pyongyang. Les volumes devraient cependant être faibles (NY fermé).


 

 
 

 
 

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