Microfinance: des sources de rendement alternatives

mardi, 17.07.2018

Les placements dans ce domaine ont à la fois un impact social et une attractivité financière.

David Keel*

Ces dernières années, la microfinance s’est établie comme une catégorie de placements autonome. L’association de rendements non corrélés usuels sur le marché et d’un impact social positif important interpelle aussi bien les amateurs d’investissements à impact social que les investisseurs traditionnels, ces derniers ajoutant de plus en plus souvent des placements en microfinance à leurs portefeuilles au titre de la diversification. 

Part du capital privé en augmentation

Même si le marché global de la microfinance reste dominé par les banques de développement et les organisations internationales, la part du capital privé à cette catégorie de placements augmente régulièrement. Les banques de développement reconnaissent le fait que le marché est suffisamment mûr pour le capital privé et se consacrent à d’autres activités de finance-ment moins établies et donc plus fortement dépendantes des capitaux publics. 

Des investisseurs institutionnels tels que des banques, des fonds de pension ou des assurances comptent parmi le groupe d’investisseurs dans la microfinance connaissant la croissance la plus rapide. Ceci résulte d’une part de l’entrée sur le marché de nouveaux investisseurs institutionnels, et d’autre part du développement des investissements d’autres acteurs.

Trois critères

La microfinance présente en particulier trois critères qui interpellent ce groupe: des qualités de diversification intéressantes, des rendements corrigés du risque attractifs et un impact social mesurable.

Dans des marchés financiers efficients et liquides, les ajustements de prix sont immédiats et globaux. Il en résulte une corrélation croissante entre de nombreux actifs à risque qui baissent précisément en situation de crise. Il n’est donc pas étonnant que les investisseurs recherchent des sources de rende-ment alternatives non corrélées. Les placements microfinanciers évoluent largement de manière in-dépendante des catégories de placement traditionnelles comme les actions et les obligations globales. Au cours des vingt dernières années, les stratégies de microfinance largement diversifiées ont été globalement épargnées par les effets négatifs des liquidations globales sur les marchés (bulle techno-logique, crise financière globale, eurocrise).

Outre ses qualités de diversification, la catégorie de placements a convaincu par le passé grâce à une faible volatilité, des taux de défauts très bas (en moyenne moins de 1%) ainsi que des rendements annuels nets supérieurs à 4% en dollars. Les durées de crédit courtes protègent par ailleurs des risques d’évolution des taux.

A cela s’ajoute un impact positif qui interpelle en particulier les investisseurs soucieux non seulement d’obtenir des rendements financiers mais également de lutter contre la pauvreté et de contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable des Nations Unies.

Des risques bien présents

Comme tous les placements permettant d’obtenir une prime par rapport au marché monétaire, les investissements dans la microfinance ne sont pas exempts de risques. La prise en compte des risques financiers, par exemple les risques de crédit et de liquidités n’est pas seule déterminante pour le succès des placements. L’appréciation correcte des risques politiques et réglementaires dans les pays émergents et en développement l’est tout autant.Ces derniers sont particulièrement importants dans les pays émergents. Des fonds de placements spécialisés gérés de manière professionnelle par un gestionnaire d’actifs chevronné disposant d’une présence locale et de connaissances correspondantes du marché sont donc conseillés pour les placements en microfinance.

*Head Business Development BlueOrchard Finance Ltd






 
 

AGEFI




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