La City de Londres reste confiante à l'orée des négociations sur le Brexit

dimanche, 09.04.2017

Les perspectives pour le secteur financier de Londres se sont améliorées depuis le lancement officiel des discussions sur le Brexit, estime un haut responsable de la City.

Mark Boleat, président du comité politique de la City of London Corporation.

Mark Boleat, président du comité politique de la City of London Corporation, organisme qui défend le coeur historique et financier de la capitale britannique, reconnaît dans le même temps que des déplacements d'activités et d'emplois vers le continent sont à prévoir.

Un mois avant de quitter son poste, il reste toutefois confiant dans la capacité de la City et ses 700.000 employés à rester un centre financier international de premier rang, lors d'une rencontre en fin de semaine dans ce quartier central de la capitale.

Question: qu'est-ce qui a changé pour la City depuis l'activation fin mars de l'Article 50 ouvrant les discussions sur le Brexit ?

Rien n'a vraiment changé simplement parce que c'était attendu. Mais, dans l'ensemble, je pense que les choses semblent plutôt s'améliorer. La lettre de la Première ministre comporte une série d'exigences très raisonnables. Le ton est le bon et la première réponse de l'Europe a été très encourageante.

Nous espérons que les négociations vont se dérouler vite et bien, avec des accords rapides sur les termes de la sortie et sur les droits des ressortissants européens, ce qui donnera le temps de négocier une nouvelle relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

Si tout se passe bien, il y aura le moins de problèmes possibles pour les entreprises et les consommateurs de ce pays et en Europe.

Je ne vois pas de manque de confiance. Les rues de Londres sont remplies. Les bureaux sont remplis. Les restaurants sont remplis. Donc Londres va très bien.

Où en sont les banques dans leurs plans pour répondre au Brexit ?

les banques ont, pour certaines, des plans de secours depuis avant le référendum sur le Brexit. Elles savaient qu'il y avait une possibilité que le Royaume-Uni ne soit pas dans le marché unique, ce qui a désormais été confirmé.

La plupart d'entre elles auront besoin d'une restructuration, peut-être en cessant certaines activités, dans certains cas en développant des activités ailleurs dans l'Union européenne. Elles s'y mettent et le font.

Je ne pense pas que des groupes vont annoncer en grande pompe ce qu'ils sont en train de faire et dire que cela va entraîner des pertes d'emplois. Il va y avoir quelques personnes qui vont bouger, parfois plus, cela dépend de ce qui se passe.

Je n'ai aucun doute sur le fait que Londres va rester le plus grand centre financier international en Europe quoi qu'il arrive dans les prochaines années.

Le marché d'assurance Lloyd's of London vient d'annoncer qu'il allait créer une filiale à Bruxelles, pensez-vous que Paris puisse aussi profiter du Brexit ?

Le Lloyd's est une organisation unique. Ce n'est pas une entreprise, c'est un marché. Ils ont longuement réfléchi. Ils ont choisi Bruxelles. Ce n'est une grande surprise pour personne. Mais c'est seulement pour une partie de leur activité. Cela s'appelle Lloyd's of London. Ce ne sera pas le Lloyd's de Bruxelles.

Paris a une occasion de récupérer des activités. Paris devrait vraiment être un centre financier majeur. Il l'était il y a 20 ou 30 ans. C'est l'endroit où JPMorgan et Morgan Stanley ont ouvert leur premier bureau européen.

Si Paris veut attirer plus d'activités, il doit se montrer plus accueillant avec les entreprises. Dans le cas de la banque HSBC, ils ont déjà une forte implantation dans la ville donc cela fait sens qu'ils viennent là. (awp)


 

 
 



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