Les chiffres présentés plaident pour le repositionnement que réalise Novartis

mercredi, 30.01.2019

Les perspectives pour la nouvelle structure du groupe pharma axée sur les médicaments sont systématiquement supérieures à celles correspondant au positionnement actuel.

Christian Affolter

Vas Narasimhan, CEO de Novartis

Le chiffre d’affaires 2018 de Novartis a dépassé la barre des 50 milliards de dollars (51,9 milliards) avec une hausse de 5% à cours de change constants. Les chiffres concernant les résultats sont néanmoins restés légèrement inférieurs aux estimations. La pression exercée par les génériques s’est révélée un peu plus importante qu’anticipé. Le groupe a également dû procéder à des ajustements de valeur à hauteur de 587 millions, notamment pour des médicaments qui n’ont pas pu réaliser le potentiel de revenus escompté (d’autres ont en revanche dépassé les estimations initiales). Finalement, les acquisitions effectuées l’année dernière, notamment celles d’AAA et d’Endocyte, complétées par AveXis, ont elles aussi eu un impact. Ces transactions et les restructurations ont diminué le résultat opérationnel de 5%. En revanche, le gain net de 5,7 milliards de la cession de la participation dans la coentreprise avec GSK dans les produits en automédication a fait bondir le bénéfice net de 64% à 12,6 milliards. Ces deux éléments exceptionnels péjorent ainsi la lisibilité des résultats.

Une large gamme de blockbusters actuels et à venir

Au niveau purement opérationnel, Novartis a réalisé des progrès importants en 2018, aussi en vue de sa transformation vers un groupe axé sur les médicaments. La hausse de l’Ebit core de 8%, et donc supérieure à celle du chiffre d’affaires, à 13,82 milliards, en atteste.
Alors que Diovan, et ensuite Gleevec avaient chacun représenté une part substantielle des ventes de Novartis dans la partie médicaments innovants, le portefeuille actuel montre une répartition plus large des revenus. «Quatre médicaments additionnels (Entresto, Promacta/Revolade, Tafinlar + Mekinist et Jakavi) ont atteint 1 milliard de ventes chacun (sont donc devenus des blockbusters, ndlr), et nous avons lancé trois blockbusters potentiels supplémentaires (Lutathera acquis d’AAA, Aimovig et Kymriah)», note le communiqué. Au cours des deux prochaines années, Novartis entend lancer jusqu’à dix autres blockbusters potentiels. Le groupe a compté en 2018 seize blockbusters. Cela le rend aussi moins sensible à d’éventuels remplacements de médicaments brevetés par des versions génériques.

Gilenya ne devrait pas être concurrencé par des génériques en 2019

Concernant l’actuel leader Gilenya, qui a généré 3,3 milliards, le groupe note que ses prévisions 2019 ne tiennent pas compte de ce scénario. Certains analystes estiment pourtant que celui-ci pourrait impacter les prévisions pour l’exercice en cours de 2%. Les explications données notamment par le CEO Vas Narasimhan ont souligné que Novartis ne s’attend vraiment pas à une concurrence de génériques pour Gilenya en 2019. Avec cependant la réserve de mettre à jour les prévisions en fonction de l’évolution de la situation. «A l’avenir, nous prévoyons une croissance durable de notre chiffre d’affaires et de notre bénéfice nets soutenue par la force de nos différents produits commercialisés et à une série prometteuse de dix blockbusters potentiels qui seront lancés d’ici à 2020», a résumé le CEO. Il a aussi insisté sur l’importance de la qualité du processus de lancement de nouveaux produits, un domaine où Novartis a beaucoup d’expérience. Mais le groupe a aussi du potentiel d’amélioration dans ce domaine. L’intelligence artificielle doit améliorer l’efficacité des forces de vente en optimisant leurs visites.
Du côté de Sandoz, le groupe a déjà vendu l’année dernière à Aurobindo les entités (américaines) qui ont aligné des déficits. La hausse de 24% des biosimilaires est révélateur de leur importance croissante. Néanmoins, la pression sur les prix, notamment aux Etats-Unis, a fait diminuer les ventes de 3%, malgré la croissance des volumes.

Spin-off d'Alcon probablement en avril par un IPO

Finalement, Alcon a été positionné de manière à pouvoir entrer en Bourse avec succès en tant que société séparée. Ses marges de 17,9% ne se trouvent certes pas au niveau des deux autres entités, mais représentent un progrès significatif. Lors de cette transaction, pressentie pour le mois d’avril sous réserve d’approbation par les actionnaires de Novartis ainsi que des régulateurs et des marchés actions, ces derniers devraient recevoir une action Alcon pour cinq titres Novartis.

Croissance plus forte avec la nouvelle structure

Les prévisions 2019 de Novartis, dont la prudence a été critiquée, mettent néanmoins en évidence que la nouvelle structure offre un potentiel nettement supérieur à l’actuelle. Sans changement, le chiffre d’affaires du groupe devrait croître à un taux à un chiffre «entre le bas et le milieu de la fourchette» à taux de change constants. La nouvelle structure laisse espérer une augmentation à un taux à un chiffre «dans le milieu de la fourchette». Sandoz aurait été attendu en recul sans la cession, tandis qu’il devrait dorénavant générer un volume quasi identique à 2018. Ces repositionnements n’ont cependant aucun impact sur Innovative Medicines. Finalement, du point de vue du résultat opérationnel, Novartis pourra viser une amélioration supérieure à 5% avec la nouvelle structure, tandis qu’avec le positionnement actuel, il devrait se situer aux alentours de 5%. Très négative en début de séance, l’action Novartis a regagné du terrain en cours de journée.






 
 

AGEFI



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