Coronavirus: le Salon de l'auto de Genève 2020 est annulé

vendredi, 28.02.2020

Le Conseil d'Etat de Genève a décidé vendredi matin d'annuler la 90e édition du Geneva International Motor Show. La décision fait suite aux recommandations de l'OFSP et du médecin cantonal genevois. Le Salon de l'auto devait débuter la semaine prochaine.

Matteo Ianni

Le coronavirus aura eu raison du Geneva International Motor Show (GIMS).

Le coronavirus aura eu raison du Geneva International Motor Show (GIMS). Première manifestation publique de Suisse avec 600.000 visiteurs l’an dernier, le Salon de l’auto de Genève devait ouvrir ses portes aux visiteurs le 5 mars.

Hélas pour eux, les organisateurs ont décidé vendredi matin de l’annulation de la 90e édition du GIMS. De manière plus précise, ce sont l'Office fédéral de la santé publique et le médecin cantonal genevois qui ont pris la décision.

"Nous regrettons cette situation, mais la santé de tous, acteurs et visiteurs, est notre priorité absolue ainsi que celle des exposants. Il s'agit d'un cas de force majeure et d'un coup très dur pour les exposants qui ont massivement investi dans leur présence à Genève", commente le président du Salon Maurice Turrettini, cité dans un communiqué.

De manière générale en Suisse, toutes les manifestations de plus de 1000 personnes sont interdites dès à présent et jusqu'au 15 mars au moins en Suisse, en raison du coronavirus.

Pour Palexo, ces dernières heures ont été intensives. Le sort de la manifestation se retrouvait entre les mains de la Berne fédérale et Genève. Comme nous l’avait précisé le porte-parole du Département de la santé, Laurent Paoliello, des discussions ont eu lieu durant la journée de jeudi entre l'Office fédéral de la santé publique et le médecin cantonal genevois Jacques-André Romand.

Le cheminement était simple: l’OFSP, en concertation avec le Conseil fédéral, donnait ses recommandations et c’est ensuite Jacques-André Romand et le Conseil d'Etat de Genève qui devaient trancher. C’est désormais chose faite.

On relèvera que cette annonce extraordinaire vient contredire le communiqué de presse envoyé mercredi soir par les organisateurs qui stipulait que «dans l'état actuel des choses, rien n'empêche l'ouverture du GIMS comme prévu. L'événement aura donc bien lieu.»

Un risque d’une édition «difficile»

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Ils avaient par exemple décidé d’installer des appareils de désinfection dans toutes les halles. Ils se voulaient attentifs aux cuisines et se tenaient prêts à rappeler à tous les exposants les règles d'hygiène nécessaires.

Mais la situation a évolué rapidement ces derniers jours. Le premier cas de coronavirus en Suisse, annoncé mardi au Tessin, puis le premier cas confirmé à Genève ce jeudi, sans oublier  la situation du nord de l’Italie, berceau de plusieurs fabricants automobiles, auront eu raison finalement de la manifestation genevoise à l’aura internationale. 

Il faut dire qu’on se dirigeait tout droit vers une édition difficile, voire catastrophique pour les plus pessimistes. Autrefois incontournable, cette édition du GIMS allait être boudée par plusieurs grands constructeurs automobiles. On parle ici des membres du groupe PSA Peugeot, Citroën et Opel, Ford, Jaguar-Land Rover, Lamborghini, Mini, Mitsubishi, Nissan, Subaru et Volvo. 
>> Retrouvez ici notre dossier consacré à l'épidémie du coronavirus

Côté affluence, le Salon de l’auto était déjà malade. L’an dernier ce sont «seulement» 602.000 visiteurs qui ont envahi les halles de Palexpo. Soit un score inférieur de 9% par rapport à 2018 et moins de 13% par rapport à 2017. De manière générale, l’évènement table entre 650.000 et 700.000 visiteurs. Avec la psychose du coronavirus, la manifestation aurait atteint des records négatifs indéniables.

La grande question est désormais celle du coût de cette annulation pour Palexpo et pour la Fondation qui gère le Salon. En cas d’annulation du Salon de l’auto de son propre chef, les pertes pourraient se chiffrer «en centaines de millions de francs» pour la fondation organisatrice, avançait la RTS. Alors que si une telle annulation était ordonnée par les autorités sanitaires, les pertes seraient partagées entre les partenaires. On parle ici d’un montant qui se situe entre 5 et 15 millions de francs «seulement» à charge de la manifestation, d’après ce qui nous a été reporté.

Les conséquences financières seront "importantes" et devront être évaluées dans les semaines à venir, précise le communiqué du Salon. Les billets seront remboursés.

Coup du sort, Olivier Rihs n’aura donc jamais dirigé d’édition. Entré en fonction en juillet dernier, le désormais ex-directeur général du GIMS quittera ses fonctions le 30 avril pour rejoindre Tamedia.






 
 

AGEFI



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