Les niveaux d’instructions en matière de finance

mardi, 25.06.2019

Marie Owens Thomsen*

En 2018, les cours de «business et management» arrivent troisième en popularité à l’université, l’ économie et l’économétrie se classent cinquième, selon un classement de TopUniversities. L’ingénierie et la technologie sont en tête du classement, et les sciences informatiques se classent deuxième. On peut alors difficilement penser que l’économie n’intéresse pas le plus grand nombre.

Pourtant, la popularité de ces matières à l’université ne reflètent malheureusement pas le niveau de compréhension des populations. Le S&P a étudié la question de l’instruction financière dans le monde («Financial Literacy Around the World», 2015) et attribue des notes par pays en pourcentage. Les 140 pays inclus dans l’étude obtiennent des taux d’instruction financière allant de 13% à 71%. Dans l’ensemble, 33% de la population mondiale est considérée comme «financièrement instruite». 3,5 milliards d’adultes dans le monde manqueraient ainsi d’une connaissance des concepts financiers de base. 

Première priorité: une vie sociale pleine

Les niveaux d’instruction sont généralement plus élevés dans les pays plus riches. En Europe, 52% de la population possède de bonnes bases dans la matière, mais la fourchette va de 22% en Roumanie à 71% au Danemark, en Norvège, et en Suède. La Suisse se situe à 57%. Par contre, dans la majorité des pays émergents (le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, et l’Afrique du sud), seul 28% de la population possède un niveau de base en finance. 

En termes d’âge, dans les pays matures, ce sont les personnes les plus âgées qui ont les connaissances les plus faibles, suivies par les jeunes. La tranche d’âge entre 36 et 50 est la plus performante, à 63% en moyenne. Dans les pays émergents, ce sont les jeunes qui ont les connaissances les plus pointues, à 32%, par rapport aux personnes plus âgées (65 ans ou plus) pour qui le pourcentage se limite à 17%. 

Il est évident que ces chiffres devraient progresser dans tous les pays. Un sondage réalisé par Money Advice Service en Angleterre en 2018 révèle que les jeunes Anglais de 16 à 25 ans ont comme première priorité une vie sociale pleine, mais que la bonne gestion de leurs finances est la deuxième priorité, devançant l’importance d’une bonne formation, un travail épanouissant, l’achat d’une maison, ou les voyages. Les jeunes affirment ne pas savoir comment trouver des informations sur cette thématique, et 85% n’ont pas reçu d’enseignement sur ces questions à l’école. Les sujets prioritaires pour les jeunes, sur lesquels ils auraient souhaité recevoir une formation, sont l’utilisation du crédit, comment investir, et comment établir un budget. Il semblerait alors que ce n’est pas par manque de curiosité ou d’intérêt que l’instruction financière peine, mais que l’accès à l’information est le nœud du problème. Ainsi, un premier pas important devrait être d’inclure le sujet dans les programmes obligatoires d’enseignement des écoles.

Un facteur encore plus fondamental est le rôle que peuvent jouer les parents dans l’instruction financière. Une majorité des jeunes ne se sentent pas à l’aise de parler d’argent – chose qui pourrait peut-être se faire plus souvent et plus facilement en famille. En outre, les jeunes ont tendance à répéter le comportement de leurs parents dans la matière. Ainsi, apporter un soutien aux adultes devrait se répercuter sur les générations suivantes. Il y a semble-t-il un long chemin à faire.

*Indosuez Wealth Management






 
 

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