Réorienter sa culture d’entreprise pour fidéliser les Millennials

lundi, 09.12.2019

Les Millennials sont devenus la plus grande génération dans le monde du travail actuellement.

Dina Elikan*

Ils ne sont donc plus le futur des entreprises, mais forment désormais le présent.

Cette génération serait la plus pessimiste en ce qui concerne la réalité économique, sociale et politique. Les répondants au rapport de l’agence de conseil Deloitte expriment un manque de confiance dans les institutions sociales traditionnelles, notamment les médias de masse et sont pessimistes sur les progrès sociaux. D’ailleurs, seulement 37% d’entre eux pensent que les chefs d’entreprises actuels ont un impact positif sur le monde. D’après ce même rapport, ce serait une génération particulièrement désillusionnée et insatisfaite de la situation actuelle. 

Cette génération a pour préoccupation le changement climatique mais également les inégalités de toutes sortes. Puisqu’ils n’ont pas confiance dans les institutions existantes, ils font parfois le choix de s’en éloigner. Par exemple, la moitié d’entre eux seraient d’accord de se lancer en freelance ou de travailler à contrats court terme. Ils n’ont donc pas peur de s’éloigner d’industries traditionnelles ou de quitter leurs emplois. 

Il y a donc une opportunité incroyable pour ces entreprises qui ont compris qu’en ne parlant pas que de profits mais également de bénéfices sociaux et environnementaux, elles peuvent à la fois attirer de nouveaux talents mais également avoir un impact positif sur la perception de la marque de façon plus globale. C’est le cas notamment de Patagonia, une entreprise qui s’engage à créer des habits durables et qui soutient de nombreuses initiatives environnementales tout en restant transparent sur les processus de production. En moins de 50 ans, cette entreprise a atteint un chiffre d’affaire de 750 millions. 

C’est pourquoi avec le Pr. Yves Pigneur à HEC Lausanne, nous avons proposé un outil aidant les organisations à développer une communication de leur marque se basant sur trois éléments: la vision, la culture et l’image. Celui-ci permet de communiquer un message cohérent à toutes les parties prenantes. 

A gauche, on commence par remplir l’élément de la «vision» celle-ci doit refléter la stratégie de l’organisation. Puis «l’image» est l’expression de ce que l’organisation souhaite transmettre et comment elle souhaite être perçue. Puis, la «culture» est la partie interne qui exprime les différentes valeurs auxquelles l’organisation adhère. Ensuite on étudie le «medium» avec lequel ces éléments sont communiqués, s’ils peuvent être influencés en bien ou en mal par des éléments externes (le «noise») et finalement à quels destinataires ils sont adressés. Cela permet d’aligner les trois éléments fondamentaux de l’identité et permet d’envisager une vision au-delà du pur profit. 

A l’aide de cette perspective les dirigeants d’organisation peuvent désormais se focaliser sur une vision qui va au-delà de la pérennité financière et qui permet également de communiquer sur ce but à long-terme. Trouver du sens dans ce que l’on fait n’est pas quelque chose de magique. Mais avec cette bonne approche chaque entreprise peut faire l’effort de le chercher et de le créer. Il n’y a donc plus de raison de faire fuir les Millennials!

*HEC Lausanne






 
 

AGEFI




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