Ces causes qui mobilisent les Millennials

lundi, 09.12.2019

Les Millennials (ou génération Y) sont toujours plus sur le devant de la scène, on les prend souvent en exemple pour parler des nouvelles tendances, que ce soit en matière politique ou économique.

Julie Wynne*

On se rend compte qu’il y a eu un grand changement de paradigme et que cette nouvelle génération et la génération Z qui la suit entraînent des changements sociétaux rapides. La volonté d’une transformation sociétale positive leur est capitale et se manifeste sous plusieurs formes, notamment à travers la philanthropie.

Priorités des Millennials

Quand on demande à plusieurs Millennials quelles sont les causes qui leur tiennent à cœur, les mêmes thèmes reviennent assez souvent: protection de l’environnement et pollution plastique, crise migratoire, l’accès à l’éducation et l’égalité des genres. Selon le Deloitte Global Millennial Survey 2019, 40% des répondants se sentent personnellement concernés par la protection de l’environnement qui est, de loin, leur préoccupation phare en 2019. Dans ce contexte d’inquiétude face au changement climatique, de nombreux Millennials suisses exigent des entreprises qu’elles aient un impact plus durable. 43% des répondants ont ainsi noué ou renforcé une relation avec une entreprise parce qu’ils considèrent que les produits ou services qu’elle propose ont un impact positif sur l’environnement ou la société. Cet engagement des Millennials pour l’environnement se manifeste de manière importante à travers les grèves et marches pour le climat pour inciter les responsables politiques à prendre leurs responsabilités et à agir pour sauver la planète du réchauffement climatique. Elle se transcrit aussi par une implication marquée de ces jeunes dans des ONG de type activiste comme par exemple Greenpeace ou Sea Shepherd.

Soutien non-financier

Les Millennials se rendent aussi compte que bien qu’un soutien financier à des organisations à but non lucratif soit utile, il est important de ne pas oublier que la philanthropie n’a pas seulement une partie financière mais inclut aussi tout le soutien non-financier à travers la mise à profit de son temps (bénévolat), expertise (travail pro bono), influence, réseau, pour avoir un impact sociétal positif. Selon Tomás Navarro Blakemore, avocat chez FRORIEP «il est primordial qu’il y ait une plus grande conscience du fait que les jeunes peuvent d’une manière ou d’autre et de façon très simple se placer comme des acteurs actifs-philanthropes. Il ne s’agit pas d’assimiler la philanthropie uniquement avec les grandes fondations telles que Gates mais réaliser que tout geste compte et donc tout le monde peut s’investir comme philanthrope». Giving Women, un cercle de femmes actives en philanthropie, a depuis le début décidé de mettre un focus fort sur ce soutien non-financier et réalise à quel point l’accompagnement stratégique ou technique a une plus-value incommensurable pour les organisations et leur permet d’accroître l’impact de leurs actions. Les femmes comme les Millennials sont particulièrement intéressées par un engagement personnel en temps et expertise pour les causes qui leur tiennent à cœur et se limitent rarement à un simple don.

Une approche holistique

Une implication en philanthropie n’est pas suffisante: de plus en plus de Millennials, souhaitent avoir une approche holistique. Ils souhaitent promouvoir leurs valeurs et avoir un impact sociétal positif à travers l’ensemble de nos actions, que ce soit leurs dons, leurs investissements ou leur travail. Ils s’intéressent ainsi beaucoup à une consommation responsable, notamment à travers la mode éthique, la nourriture bio ou encore le commerce équitable.Les Millennials sont ainsi très attentifs à distinguer les messages purement marketing des entreprises ou organisations d’une vraie action concrète de celles-ci et réclament de plus en plus transparence, mesure d’impact et engagement complet «walk the talk». Credit Suisse l’a bien compris, elle qui inclut dans ses 5 Supertrends globales les «Valeurs des Millennials» et leur offre un thème d’investissement ciblé autour notamment du développement durable, de l’énergie propre, des entreprises sociales et impact investing ainsi qu’une transparence totale sur les scores ESG des entreprises analysées. 

La satisfaction de donner et apprendre

Donner apporte aussi infiniment à titre personnel et prolonge le besoin de sens des Millennials. L’engagement philanthropique apporte ainsi beaucoup de satisfaction aux Millennials. Pour Céline Olesen, Business Development Manager chez Climeworks, il lui offre une ouverture d’esprit sur des thématiques qui lui tiennent à cœur. «Je m’informe, réfléchis et rencontre des gens actifs dans le domaine. Cela me nourrit intellectuellement et me permet de projeter une vision future positive.» Il apporte également un sens de responsabilité et «c’est une manière de dire merci aux opportunités que j’ai moi-même reçues tout au long de mon parcours de formation et professionnel», selon Tomás Navarro Blakemore. 

Si les Millennials sentent un besoin de contribuer en reconnaissance de leur chance dans la vie, les sciences affectives donnent aussi une clé pour comprendre l’envie de donner, les émotions constituant un élément clé dans l’explication de nos comportement pro-sociaux. La nouvelle chaire en philanthropie comportementale lancée en début d’année à l’Université de Genève nous offrira probablement bientôt d’autres clés sur la manière de comprendre les motivations à la base de la philanthropie et comment la promouvoir auprès des jeunes.

*Associée, FRORIEP






 
 

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