200.000 hospitalisations évitées grâce aux mesures de confinement en Italie

lundi, 27.04.2020

Les mesures de confinement mises en place en Italie en raison de la pandémie de Covid-19 ont permis d'éviter l'hospitalisation d'au moins 200.000 personnes, selon une étude à laquelle un professeur de l'EPFL a participé.

SG

Ce graphique indique le nombre d’hospitalisations attendu selon différents scénarios. Le scénario de référence correspond à la propagation de l'épidémie avec toutes les mesures restrictives mises en place. Le scénario A avec celles de février uniquement et le scénario B sans aucune mesure. / M. Gatto et al., PNAS, 2020

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les restrictions à la mobilité et aux interactions humaines décidées par le gouvernement italien ont permis d’éviter l'hospitalisation d'au moins 200.000 personnes. Ces mesures ont également fait progressivement diminuer le taux de transmission de 45%. 

Tels sont les résultats d’une étude publiée récemment dans la revue PNAS et signée par le professeur Andrea Rinaldo, responsable du Laboratoire d'écohydrologie de l’EPFL et des scientifiques venant de l’Ecole polytechnique de Milan, de l’Université de Ca' Foscari de Venise, de l'Université de Zurich et de l'Université de Padoue. 

«Nos résultats démontrent que les mesures drastiques prises par le gouvernement italien ont eu un effet décisif et ont permis d’éviter l'effondrement de l'infrastructure médicale du pays», affirment les auteurs.

Pour réaliser cette étude, les scientifiques ont créé une modélisation du développement du Covid-19 en Italie. Leur modèle prend en compte le nombre de personnes hospitalisées à cause du coronavirus et le nombre de décès signalés entre le début de l’épidémie et la date arbitraire du 25 mars. S’ajoute à cela, leur répartition géographique parmi les 107 provinces italiennes. Ce paramètre est l’élément important et novateur de cette étude.

Le modèle intègre un facteur de mobilité donné par les déplacements des individus. Cette donnée a été obtenue en utilisant les recensements de l'Institut national de statistiques pour estimer la mobilité avant l'épidémie et une étude indépendante qui a exploité la géolocalisation des téléphones portables. La carte de l’épidémie qui en résulte a ensuite été comparée avec le développement réel de la pandémie. Les chercheurs ont alors étudié les effets des premières mesures mises en place.

Grâce à leur modélisation, les chercheurs ont également estimé que 600.000 personnes ont été infectées par le coronavirus en Italie, sans forcément avoir présenté de symptômes. Le décompte officiel des infections confirmées est de 74.386. Les personnes infectées mais ne présentant pas de symptômes sont apparues comme un vecteur important de l’épidémie.

En conséquence, les chercheurs affirment la nécessité de procéder à des campagnes de dépistages massives pour identifier et isoler les individus infectieux pré-symptomatiques. Ils suggèrent également que l'amélioration du contact-tracing et des restrictions ciblées géographiquement pourraient permettre d'arrêter la propagation du coronavirus tout en limitant les perturbations sociales et économiques.

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AGEFI



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