Credit Suisse perçoit des premiers signes de rebond économique

lundi, 15.06.2020

Les ménages devraient dépenser dans l'immédiat 5,5 milliards de francs non utilisés pendant le confinement tandis que les dépenses publiques sont attendues en "nette progression", selon Credit Suisse.

Certains indicateurs conjoncturels, comme le très suivi indice des directeurs d'achat (PMI), ont marqué un net rebond en mai. (Keystone)

Les économistes de Credit Suisse perçoivent des "premiers signes" de reprise économique, après l'effondrement conjoncturel dû aux mesures de lutte contre la pandémie de coronavirus. Le retour à la normale devrait cependant se faire progressivement.

Certains indicateurs conjoncturels, comme le très suivi indice des directeurs d'achat (PMI), ont marqué un net rebond en mai. Le PMI a progressé autant dans le secteur industriel que dans les services, avait indiqué début juin Credit Suisse.

Dans l'immédiat, les ménages devraient dépenser 5,5 milliards de francs non utilisés pendant le confinement tandis que les dépenses publiques sont attendues en "nette progression", a indiqué lundi la banque aux deux voiles dans un communiqué. Le taux d'épargne dit "volontaire" a quant à lui augmenté de 13% à 22%.

La suite s'annonce cependant plus ardue et les spécialistes de la banque zurichoise s'attendent à ce que la conjoncture helvétique ne retrouve que fin 2021 son niveau d'avant-crise. "Nous n'allons pas renouer rapidement avec les niveaux du début d'année", a estimé l'économiste en chef de Credit Suisse, Oliver Adler, lors d'une conférence de presse.

Credit Suisse a dans la foulée raboté ses prévisions de produit intérieur brut (PIB) pour cette année à -4%, contre -3,5% dans les précédentes estimations. Le rebond de +3,5% attendu en 2021 reste inchangé.

En 2020, la consommation privée (-2,1%), les investissements dans la construction (-2,5%) et les biens d'équipement (-4%), ainsi que les exportations (-6,5%) vont pâtir des mesures sanitaires.

Légère hausse du chômage

Malgré le déconfinement progressif, la demande en biens d'investissement et montres va demeurer faible, tandis que le commerce de détail va souffrir des mesures de distanciation sociale dans les magasins.

Les dépenses des ménages devraient également être freinées par le ralentissement sur le marché de l'emploi, Credit Suisse s'attendant en 2020 à un taux de chômage de 3,5% et en 2021 à 3,8%. La décélération de l'immigration risque également de peser sur la consommation.

"Nous n'allons pas retrouver les niveaux" de l'année dernière, où le taux de chômage avait plafonné à 2,3%, surtout dans les secteurs comme le tourisme dont le modèle d'affaires a été durablement affecté, a estimé Claude Maurer, responsable de l'analyse macroéconomique suisse auprès de la banque.

Ce dernier ne table pourtant pas sur une envolée des faillites ou du taux de sans-emploi grâce aux mesures de chômage partiel, "de bonnes conditions préalables pour un redémarrage de l'économie", a ajouté M. Maurer.

Les différences sectorielles risquent cependant d'être marquées. Alors que l'industrie des machines et de l'électrotechnique (MEM) commence à se stabiliser et la branche pharmaceutique reste solide, l'horlogerie fait face à une situation plus difficile. (awp)






 
 

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