Vers une légère remontée des taux d’intérêt à long terme

lundi, 03.02.2020

Les marchés obligataires n’offrent que peu d’opportunités à l’exception de la dette émergente.

Daniel Varela*

Daniel Varela

Alors que la consommation des ménages res­te solide dans la plupart des pays, ce n’est pas le cas de l’activité manufacturière qui est en berne un peu partout. 

Des signes avant-coureurs pointent néanmoins sur un début de rebond industriel. 

Le commerce international devrait également se redresser à la faveur de la trêve commerciale décidée par les Etats-Unis et la Chine. 

Les tensions géopolitiques n’ont pas disparu pour autant et il faudra surveiller de nouvelles escarmouches au Moyen-Orient.

Seule une flambée des cours du pétrole est de nature à faire dérailler la réaccélération économique qui se profile cette année. On surveillera également le comportement de l’inflation au moment où une certaine complaisance semble s’installer auprès des investisseurs. Notre scénario de ce début d’année table sur un léger réveil des prix sur fond d’accélération des salaires et de rebond des cours pour certaines matières premières. Dans les portefeuilles, nous recommandons d’ailleurs une position dans les métaux industriels qui devraient profiter de la reprise économique et de l’augmentation des dépenses en infrastructures. 

Nous tablons sur une légère remontée des taux d’intérêt à long terme. Dans ce contexte, les marchés obligataires n’offrent que peu d’opportunités à l’exception de la dette émergente et plus spécialement celle libellée en monnaies locales. Celles-ci devraient en effet s’apprécier contre le dollar US que nous réduisons dans la plupart de nos grilles d’investissement. Le billet vert tend en effet à se déprécier lorsque la croissance accélère moins vite aux Etats-Unis qu’ailleurs dans le monde. Cette reprise économique sera en effet portée avant tout par les marchés émergents et plus particulièrement par l’Asie.

Accent mis sur les actions asiatiques

Nous renforçons d’ailleurs les actions asiatiques dans les portefeuilles aux dépens de la Bourse japonaise alors que l’économie nippone reste plombée par la hausse de la TVA de cet automne. De manière plus générale, nous restons constructifs sur les actions qui conservent de meilleures perspectives de progression que les autres classes d’actifs. En ce qui concerne les portefeuilles libellés en franc suisse, nous réduisons le poids de l’euro par le biais de couvertures de change.

La BNS, très critiquée pour sa politique de taux négatifs, semble désormais tolérer une appréciation du franc tant que les perspectives de l’économie helvétique restent solides. Nous réduisons également la part allouée aux fonds immobiliers suisses. La forte augmentation de l’endettement hypothécaire des ménages nous laisse entrevoir un certain tassement des prix immobiliers après de nombreuses années de hausse ininterrompue.

* Chief Investment Officer, Banque Piguet Galland






 
 

AGEFI




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