S’adapter aux rendements en voie de raréfaction

jeudi, 03.10.2019

Les marchés obligataires continuent de déjouer toutes les attentes.

Daniel Varela*

Daniel Varela

Les marchés obligataires continuent de déjouer toutes les attentes, alors que la remontée tant attendue des rendements ne cesse de s’éloigner. Durant l’été, les taux longs ont plongé à des niveaux records en Europe comme au Japon. Cette descente tient en particulier aux tensions géopolitiques et à l’escalade de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, qui plombent les perspectives économiques mondiales.
Ce contexte a d’ores et déjà provoqué un net virage des politiques monétaires. La grande majorité des banques centrales, dont les deux plus importantes, ont ainsi amorcé une phase de stimulation conjoncturelle. La Fed a commencé à abaisser ses taux directeurs, tandis que la BCE a dû se résoudre à refaire tourner la planche à billets. L’action des banques centrales a abouti à un résultat qui semblait inimaginable il y a peu: près de 16.000 milliards de dollars d’emprunts se traitent actuellement à des rendements négatifs, un phénomène d’une ampleur inédite.
En Suisse, la situation est aussi exceptionnelle puisque plus de 90% des emprunts cotés en franc s’échange sur la base d’un rendement inférieur à zéro. Pourtant, si l’inflation reste généralement sous contrôle à l’échelle mondiale, le risque de déflation n’est clairement pas à l’ordre du jour. Face à des obligations souveraines – européennes notamment – qui ne compensent pas l’inflation actuelle et future, nous privilégions celles qui génèrent encore un rendement positif. C’est le cas du marché américain, où notre préférence va aux bons du Trésor indexés sur l’inflation. En cas d’accélération surprise de l’inflation en fin de cycle économique, ces titres devraient d’ailleurs nettement sur! performer les obligations traditionnelles dans un contexte de tension sur les taux.
Les obligations d’entreprises continuent aussi selon nous d’offrir un potentiel de surperformance, les craintes de récession nous semblant exagérées. Nous renforçons par conséquent notre positionnement sur ce segment en investissant dans des obligations à haut rendement américaines de très courte duration, via un fonds spécialisé. Enfin, la dette de marchés émergents offre aussi un supplément de rendement intéressant tant sur les titres libellés en monnaies fortes que ceux émis dans les monnaies locales de ces pays. Une plus grande sélectivité est néanmoins de mise sur des investissements qui peuvent présenter une plus grande volatilité.

* Chief Investment Officer, Banque Piguet Galland






 
 

AGEFI




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