La pandémie torpille les investissements étrangers directs

mardi, 16.06.2020

Les investissements directs étrangers, qui avaient été de 1540 milliards de dollars en 2019, vont chuter sous le seuil des 1000 milliards de dollars cette année, selon une étude publiée par l'ONU.

Les investissements directs étrangers devraient encore subir un recul de l'ordre de 5 à 10% l'an prochain. (Keystone)

Les flux mondiaux d'investissements étrangers directs (IED) devraient chuter de 40% cette année en raison de la pandémie de Covid-19, selon une étude publiée mardi par l'ONU, qui ne prévoit pas de reprise avant 2022.

Selon la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), les investissements directs étrangers, qui avaient été de 1540 milliards de dollars en 2019, vont chuter sous le seuil des 1000 milliards de dollars en 2020, une première depuis 2005.

Ils devraient encore subir un recul de l'ordre de 5 à 10% l'an prochain, avant de se reprendre en 2022.

Les IED désignent les investissements par lesquels une entreprise résidente dans un pays acquiert un intérêt durable dans une entité résidente dans un autre pays. Cette notion d'intérêt durable permet de distinguer les IED des flux purement financiers et plus fluctuants.

"L'économie mondiale est dans une situation plus grave que lors de la crise financière de 2008", a déclaré le secrétaire général de la Cnuced, Mukhisa Kituyi, en visioconférence de presse.

"La pandémie représente un choc de l'offre, de la demande et des politiques pour les IDE", a-t-il ajouté.

Le haut responsable a expliqué que la pandémie de Covid-19 allait durement frapper les économies des pays en développement, en raison des perturbations qu'elle a créées dans les principaux secteurs productifs et industriels, de la baisse des recettes du tourisme et des envois de fonds des travailleurs migrants, et d'une contraction du commerce mondial.

"Le choc sera encore aggravé par l'impact sur la sécurité alimentaire car la production des principaux produits alimentaires est concentrée dans quelques grands pays où la pandémie s'étend", a-t-il déclaré, sans préciser lesquels.

En Asie, la pandémie devrait précipiter une chute des bénéfices habituellement réinvestis par les filiales étrangères dans la région, selon la Cnuced, pour qui la crise a montré l'importance de la Chine et des autres économies asiatiques en tant que centres de production mondiaux.

"Comme nous l'avons vu dans le passé, l'investissement international a joué un rôle de premier plan dans la reprise après les crises financières mondiales", a déclaré aux journalistes James Zhan, directeur du département Investissement et entreprises à la Cnuced.

Il a ajouté que la reprise pourrait créer des opportunités pour les pays à revenu intermédiaire à mesure que les chaînes de valeur se régionalisent.

Selon la Cnuced, les flux mondiaux d'IDE ont augmenté de 3% en 2019, après avoir enregistré des baisses importantes en 2017 et 2018. Cette hausse s'explique principalement par une augmentation des flux vers les économies développées. (awp)

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