La macroéconomie cédera le pas à la microéconomie cette année

mardi, 07.01.2020

Les indicateurs avancés relatifs au commerce international devraient poursuivre leur amélioration lors des prochains mois.

Julien Morizot*

Julien Morizot.

Les facteurs monétaires qui ont façonné l’année 2019 sur les marchés devraient être nettement moins influents en 2020, cédant la place à une approche bottom-up dans la sélection de valeurs.

Recul de la prégnance des facteurs macro...

Dans la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, une accalmie devrait être observée en 2020, les indicateurs avancés relatifs au commerce international devraient logiquement poursuivre leur amélioration lors des prochains mois. Donald Trump sait en effet qu’il lui sera compliqué d’être réélu si l’escalade des tensions commerciales avec la Chine ampute le pouvoir d’achats des consommateurs américains.
De son côté, la Chine doit veiller à ce que le vent de contestation qui souffle sur Hong Kong ne se propage pas au reste du pays, avec, en toile de fond, une situation économique plus difficile pour la population.
Du côté des banques centrales, le marché du travail restant robuste aux Etats-Unis, la Fed a explicitement indiqué qu’elle allait temporiser pour éviter que ne se développe une inflation excessive des actifs financiers. La BCE, la BoJ et la BoE devraient adopter la même attitude, sachant qu’un consensus peine à être trouvé au sein de leurs conseils respectifs pour engager de nouvelles actions.
L’environnement d’investissement laissant moins de place aux facteurs macro-monétaires, les fronts de la guerre commerciale se stabilisant, conjoncture mondiale et banques centrales obligent, les approches bottom up devraient retrouver leurs lettres de noblesse pour générer de la performance boursière en 2020

...au profit d’une approche bottom-up

Un scénario idéal d’allocation de portefeuille privilégiera pour la partie actions les investissements fondés principalement sur une sélection de sociétés dont les fondamentaux ne sont guère voire pas sensibles aux facteurs macro-économiques.
En effet, et faute de tels éléments entrainant le marché, la dispersion des rendements devrait augmenter nécessitant une plus grande sélectivité dans les portefeuilles.
Il faudra privilégier des valeurs capables de créer de la valeur sur la base de leurs forces intrinsèques ou celles de leur secteur, qui s’apprécient aussi bien de manière structurelle que conjoncturelle. Parmi ces valeurs dans un environnement européen figurent par exemple Airbus, Danone, ou encore Unicredit. Leur point commun? Leur valorisation est attractive aussi bien en termes de multiple que de résultats et leur perspective sont avérées.
La sous-performance des actions «value» en 2019 démontre en effet une nouvelle fois que seules des perspectives démontrées de croissances des rendements permet à une action de s’apprécier dans la durée. L’analyse financière sera essentielle cette année.
Alors que la performance des stocks pickers a pu être pénalisée dans un marché directionnel déterminé par les taux, cette dernière donnera tout son potentiel dans le contexte de 2020, où primera le potentiel intrinsèque des entreprises.

* Head of Sales, Suisse, Monaco et Amérique latine, Exane Investment Solutions






 
 

AGEFI




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