Les incontournables infrastructures

lundi, 29.04.2019

Maria Sala*

Maria Sala, responsable de la clientèle institutionnelle, Blackrock.

Dans un environnement de ralentissement de la normalisation des taux d’intérêt et de la croissance, les investissements en infrastructures affichent une bonne santé décorrelée de l’évolution des marchés.

Même si une récession n’est pas imminente, le changement de la conjoncture macroéconomique lié aux incertitudes sur les différends commerciaux et sur la politique monétaire, aux tensions géopolitiques, aux inquiétudes de fin de cycle, au resserrement des conditions financières, génèrent des anticipations de moindre croissance. Lesquelles contribuent à renforcer l’attractivité des actifs réels auprès des investisseurs institutionnels – immobilier et infrastructures. Ces derniers n’ont cessé d’attirer plus de flux de capitaux ces dernières années, si bien que les investissements disponibles (+5% en 2018) dépassent les opportunités d’investissement, créant les conditions d’un marché hautement concurrentiel.

Les infrastructures sont devenues une classe d’actif particulièrement attractive pour les investisseurs à long terme, institutionnels notamment, pour le potentiel de diversification, financière, sectorielle et géographique, qu’elle présente. Alors que les exigences accrues en matière de dépenses d'infrastructures, liées aux pressions réglementaires et budgétaires qui limitent leur financement par les banques et les gouvernements, les investisseurs institutionnels trouvent une opportunité de revenus stables et à long terme adossé à des actifs réels générant des flux prévisibles de rendement, des primes souvent plus intéressantes que celle d’autres dettes privées et d’entreprises pour un rating (investment grade) comparable, une position de risque qui s'améliore avec le temps, le tout intégrant des considérations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) dans la souscription et le suivi des investissements.

Le secteur tient ses promesses

Concrètement, cette attractivité se traduit par une levée de fonds record pour la deuxième année record consécutive avec plus de 85 milliards de dollars. Quelque 54 % des investisseurs institutionnels du monde entier, soit 230 d’entre eux représentant 7 trillion de dollars d’actifs, auraient l’intention d’accroître leur allocation en actifs réels en 2019. Les volumes mondiaux d'infrastructure ont rebondi de 20 % en 2018 par rapport aux cinq années précédentes. La croissance dans les infrastructures a été généralisée à l’ensemble des secteurs et des régions: +20 % en Europe (vs. 3 % pour l’immobilier), +14 % aux Etats-Unis (vs 4 % pour l’immobilier), +15 % en Asie et Pacifique (vs. 7% pour l’immobilier) et + 40 % en Amérique latine (vs. -28 % pour l’immobilier).

La raison de ce succès est la performance qu’affichent les fonds, dettes et actions. A titre d’exemple, le rendement des fonds privés en infrastructures a été multiplié par 4 entre janvier 2004 et septembre 2018. Une forte utilisation des actifs, associée à des barrières à l’entrée élevées, devrait permettre de maintenir des marges et des flux de rendement sains. Les secteurs économiquement sensibles tels que les transports et l’énergie devraient continuer à bénéficier d'une grande utilité, soutenant une nouvelle croissance des revenus.

La transition énergétique globale — l’abandon du charbon et du nucléaire au profit des énergies renouvelables et le gaz naturel – constitue un secteur clé d’investissement en infrastructures, en Europe notamment. Soutenues par les évolutions politiques et technologiques ainsi que par les mécanismes de plus en plus concurrentiels, basés sur des enchères, pour la vente d’électricité qui ont entraîné une diminution des prix, des opportunités attrayantes continuent de se développer. Les saisir, un must.

* Responsable de la clientèle institutionnelle, Blackrock






 
 

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